I.K SAINT SIÈGE, LES SCIENCES ET LES BEAI X-AIITS il
veilleusement les peines de I àme qu on la surnommé le Tibuile chaste et chrétien, c'est-à-dire le vrai poète du sentiment. La paraphrase qu'il fit de trente psaumes, offre de très beaux vers et une latinité pure. A la suite de ces grands littérateurs paraissent encore Zaccharie Ferreri \^), qui en trois jours composa mille hexamètres d'une grande beauté ; Postumo qui dut à la beauté de ses vers la liberté de retourner dans sa patrie ; Colocci. dont les élégies pleines de grAces sont dignes de Catulle même et Berni (**). le poète à saillies, lliomme d esprit par excellence qui sut faire rire sans exciter le moindre sentiment désordonné. Ses vers sont estimés par la pureté et la richesse de la diction.
Mais il était donné au Tasse de résumer en lui la gloire de son siècle; ce poète, qui, à lui seul, dans un seul, mais immortel, ouvrage, représente la physionomie, le caractère du peuple italien de cette époque. Il naquit le 1 1 mars 1544 à Sorrento, dans le royaume de Naples d'une famille ancienne et illustre ; il eut le sort du génie : on l'a calomnié, persécuté et ses talents furent longtemps méconnus.
Cependant son poème, la Jérusalem délivrée lui mérita la troisième place au rang des poètes épiques. Renaud de Montauban, poème héroïque qu'il donna d'abord au public, révélait déjà le chantre de notre Godefroid, mais cette œuvre ne mettait pas encore le poète au ni\eau de l'Arioste. Il composa aussi r^mî>nto,charmante pastorale qui l'emporte de beaucoup sur celle de Guarini.
Le Tasse mourut à Rome, le jour même où il devait être couronné solennellement au Capitole par le Pape Clément VIII. La couronne de laurier fut placée sur son tombeau.
Le génie de la peinture s'était aussi fixé dans cette belle contrée où tous les arts recevaient alors une si heureuse révolution. En
(*) Léon X le nomma d'aliordà rôvcché de Guardia, dans le royaume de ^aples el l'envoya plus lard en qualité de nonce aposloliquc en .•Vllemagne.
(**) Il naquit à Lamporicchio en Toscane, d'une famille noble, où il mourut en 1S543.
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effet ritalie osa secouer les lois des anciennes écoles, éviter leurs défauts sous les Michel-Ange Buonarotti (*) et les Raphaël (**). Ces deux hommes étaient appelés à opérer une forte réaction Buonarotti, ce génie puissant qui savait selever et se maintenir à sa hauteur dans des sphères différentes, imprimait un sceau d'immortalité à chaque œuvre qui sortait de ses mains. Il fut peintre inspiré, grand architecte, sculpteur admirable, poète divin. Son brillant génie éleva dans les airs le fameux: panthéon d'Agrippa.
Du sublime pinceau de Raphaël ne jaillirent que d innombrables chefs-d'œuvre ; plusieurs sont d'une exécution inimitable. Rien ne lui manquait : invention puissante dans la généralité et dans les détails, jeu savant de l'ombre et de la lumière, expression admirable, variété dans les figures, carnation moelleuse, groupes pleins d harmonie : il s'est tout approprié. Enfin c'est un de ces génies que Dieu n'envoie sur la terre que pour illustrer les plus grands siècles.
Autour de Raphaël on peut grouper d'autres noms encore, mais leur éclat s'éclipse devant le sien.
Jules Romain ("*) lélève bien-aimé du maître sublime, e.vceila dans les peintures des batailles; on ne saurait trop admirer sa puissante imagination ; mais lorsqu'il s'aventure à traiter des sujets bibliques, on ne trouve pas dans ses compositions cette ineffable pudeur que Raphaël réussissait si bien à exprimer. Au lieu daller
(*) .Michel-Ange vil le jour au château de Caprèsp. près iVArezzo. le 6 mars 1474 cl iiKturul le 17 lévrier i:U)i. H descendail de rillustre maison des comtes de Canossi . A peine âgé de l<S ans, il srul|)la le comhal (Jllercule, quon voit sur la piazza recclua à Florence et qui offre «les détails adinirahies. Iians la cathédrale de cette ville on admire une descente de ciuij, dernier ouvra|:e de ce grand mailre ; quoique inachevé, ce lable.iu est digne de lui.
(**) Kaphaël Sanzio naquit à Urhino Tan 1 i.S.". Il eut |>our mailre le l'crugin, qu"M ne larda pas à surpasser. La Trnns(i<iHuition. qu'on admire au musée du Vatican, est généralement regardée conmie son plus hcau chef-d'oiivre. Il mourut à Kome en l!'»-J(),le jourdu vendredi iaiiil, qui avait été celui de sa naissance.
(*••) Né à Rome en 1 iîh2,il mourut à Manloue en KiiG.