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LE SAIM SIÈGE, LES SCIENCES ET LES BEAUX-ARTS

(les et aux immenses travaux rlu polyglotte Thésée Ambrogio (*) (|ui, à l'Age de quinze ans^entendait parfaitement le grec et le latin

Il composa uno grammaire i)Our servir à Tétude du chaldéen, du syriaque et de l'arménien.

Pagnini, (**) religieux de l'ordre de saint Dominique, du couvent de Fiésole, fit une version latine de la liihle d'apiès le texte hébreu. Après vingt ans detr;i\iiil il la présenta à Léon X qui la fit imprimer à ses propres frais. Quelque temps après ce savant philologue publia le Psautier qiua\ accompagna de commentaires rabbiniques.

C'était sous ce même pontificat que Bervald, bibliothécaire du Vatican, s'occupait à publ ier les annales de Tacite que l'on avaitdécouvertes en Westphalie et (fuc Léon X avait acquises pour la somme de cinq cents ducats d'or.

Pierius Valerianus Bolzani, né à Bellune. fut chassé de sa i)atrie par les impériaux, en 1 486, et se réfugia à Rome auprès de son oncle paternel, Urbain Bolzani, de l'ordre de saint François, qui avait été précepteur de Léon X. Comme Bolzani faisait de rapides progrès dans les études, le Pape lui donna des témoignages non ('(juivoques de son estime. Il le choisit pour diriger les études d'Alexandre et d'IIippolyte de xMédicis. Ce fut sous linspiration du même pontife que Bolzani conçut son grand ouvrage sur les hiéroglyphes. En saisissant l'idée ou le symbole qu'ils renferment, il parvint le premier à expliquer les énigmes gravées depuis des centaines d'années sur les obélisques égyptiens.

Le même auteur nous a laissé des ouvrages envers et en prose et entre autres un traité de infelicitate litleratorum ; des commentaires sur Virgile, quelques poésies latines et les antiquités de Belluno

{*) (le savant descciidail de la famille des comtes d'Alboiièse. 1! éiudia les belles lettres à Milan et le droit à Tuniversité de l'avie. Durant le temps qu'il fut chanoine de la IJasilique de Saint-Jean-de-Lalraii, il se perfectionna dans plusieurs langues mortes et vivantes. Léon \ lui conféra la chaire du chaldéen à runiversité de Bologne.

(**) Il naquit à Lucques en 1470.

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Enfin tous les hommes qui se virent revêtus par Léon X de la pourpre romaine étaient des savants distingués.

Les successeurs de ce grand pontife, animés d'un même esprit, se firent un de\ oir de marcher sur ses traces.

Adrien VI (*), aussi hahile administrateur que savant Pape, sacrifia une grande partie de ses revenus à l'instruction supérieure. Il convoqua, autour du trône pontifical, tous les hommes de cœur et de talent sincèrement dévoués à la cause catholique.

La plupart des artistes, qui avaient fleuri sous Léon X, trouvèrent à la cour de Clément VII (**) un accueil cordial et empressé. Haphaél n'était plus: mais il avait laissé derrière lui de jeunes et brillants disciples qui aspiraientà l'honneur de marcher sur ses traces. Alors a|)parurent Jules Pippi. Perino del Vegat, Jean d'Udine. Les célèbres architectes Balthazar Peruzzi, Tribolo et Michel-Ange Montorsoli furent noblement encouragés par ce Pape. Mais les troubles qui commençaient alors à agiter toute lltalie. empêchèrent Clément VII de donner une iminilsion plus forte aux beaux-arts. Les artistes souffrirent cruellement, connue 1'^ reste de la population, des calamités publiques.

Paul III (***). dès sona\ènein('nl au trône. nomma Latino (iio\i'nale surintendant des antiquités romaines pour soigner et préserver de toute injure les débris de lantiquité. Ce fut sous ce règne que Michel-Ange accomplit i)lusieurs des travaux sur les(iuels se fonde sa célébrité.

(*) Adririi Floiciil IJoeyciis, iiaquil à l Irorlil, l-ii I î:»!> ; il n'otTiii».! la chaire (If .saint l'icnc (pic pt>mlanl lui an, lniil mois cl six jours. .Vvanl son (''U'clioii il ('-lail pi(Tc|»!ciir ilc rarcliiiliic Charles, pelil-lils de Maximilieii I, tloyeii del église de sain! Pierre, docleiir et eliaiieelier de iiiniversil('' de Luiivaiii. (le l'ut là (pi'il eoni|)osa son savaiil oiiMa;,'e de rehus tlieuloi/icis. l'endaiit son r("';;ne il lunda à t.oiivain (in nia^niticpie colh'^e, (pii exislc encore adjoiinllHii cl (|iii porte son nom.

(**)De ilorcnce. nomme cii |:^J."), il oceii|ia le Saint Si(''j;e prés de II ans.

('••)Komain,clu en Ijrji.lluctupa le tronc pontifical pendant 1!» ans.

i,i: s\iM snUii:, i,i;s science^ et us ueai x auts M\

Ce mf'-me i)()ii(ir('ii]t|)ioii\ii la célèbre compagnie de Jésus instituée par saint Ignac(.' de Loyola. Combien cet ordre savant et pieux n'a-t-il pas donné à l'Eglise de saints et dhommes illusties tant par leur vaste savoir que par leurs émincntes vertus !

En 1556, sous le règne de Paul IV (*), saint Ignace avait déjà fondé plus de cent collèges, sans compter les maisons professes. Il avait (les établissements dans tous lespavsde rEurope,mèmeàConstantinople, à Jérusalem, en Chypre, en Ethiopie, au Congo et au Brésil.

Enfin, au centre de Home, s'élevait, sous ses yeux, un collège magnifique qui devait servir de type et de modèle à tous les collèges de la chrétienté. Contre les usages adoptés jusqu'alors, l'enseignement des langues vivantes s'y mêla à celui des littératures anciennes, car Ignace a\ait compris que, pour a\oir une action sur les hommes, il faut être bien moins un homme du passé qu'un homme du présent et de l'avenir. Il voulut que l'étude des sciences naturelles et mathématiques permit aux jeunes gens de s'unir constamment aux progrès scientifiques de la société. Il mit tous ses soins à activer l'intelligence et s'attacha surtout à former le cœur à la [)iété et à l'esprit de recueillement.

Sous le règne de Pie IV (''*), le Vatican fut envelopjié comme d'une atmosphère de science et de vertu. Quels noms que Seripando, Sirlet, Commendone, tous nommés cardinaux par ce pontife! Seripando était savant théologien, orateur disert et abondant. Sirlet parlait le latin, le grec et l'hébreu avec autant de facilité que sa langue maternelle. Sa mémoire était si vaste qu'on pouvait lecourir h elle en toute occasion, sans crainte de la trouver jamais en défaut. Quant au cardinal Connnendone, sa renommée ('tait européenne. Il n était pas une cour de prime où il neùt rempli de

(*) De Naplcs, flioisi ni loôii, il ;;ou\i'ni;i l'K^lisc qualro ans.

(**) De Milan, iiommi' vu lol)î),il ^uii veina ll'.f^lise peiidanl près <le (i

■IIIS.

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difficiles missions, oîi 1 on n'eut admiré sa présence d esprit et sa forte éloquence.

Dans ces temps la nmsique sacrée avait fini par se perdre dans toute espècede combinaisons harmoniques, aussi singulières que savantes et qui au lieu d'élever les âmes au sentiment religieux, les distrayaient et les troublaient jusque dans le recueillement de la méditation.

Pie IV, voulant remédier à ce mal encouragea les nobles talents de Palestrina pour réformer ces abus. Le sentiment vraiment reli- 2;ieux, les flots de poésie qui inondaient l'àme de ce grand artiste, se répandirent en mélodies touchantes. Chaque parole du texte était fidèlement interprêtée par une musique douce et onctueuse qui préparait tous les auditeurs à un sentiment de piété.

Grégoire XIII (*) homme de travail, profond jurisconsulte et l'un des canonistes les plus distingués du concile de Trente, a\ ait soixante-dix ans, lorsqu'il arriva au rang suprême et alors il étudiait encore comme un jeune homme, car, disait-il, c'est surtout à un Pape qu'il importe de beaucoup savoir.

Les sommes qu'il consacra à propager l'instruction et à secourir les étudiants sans fortune, s'élevèrent à 10,800,000 francs.

Ce grand Pape donna son nom au calendrier si célèbre par les sages réformes qu'il y introduisit. Le Vatican dut à ce même pontife sa galerie de cartes géographiques, dont plusieurs furent dessinées par le savant dominicain Ignace Danti. l'un des plus grands mathématiciens de .son siècle.

Sixte V (**),qui succéda à Grégoire XUI, avait une de ces volontés puissantes (|ui doublent les forces de l'homme. Les nombreux travaux entrepris par ce grand Pape attestent qu'il ne reculait jamais devant un obstacle, s'il s'agissait de constructions utiles, del'em-

{*) De H<»lo;;iic, élu en i;)7:2, tiiil le Saint Sié;;e prè.s de IT» ans. (**) Né à Grolla-IHare y{\niis la .Marche (rAtic<'>ne,,clii»isi en l.»S'.>,il or iipa Ir linn<' ponlilical pendant plus de einq ans.

LE SAINT SI1':GI:. les sciences et les llEALX-AUrs 423

bellissement de Rome, ou de protéger les beaux-arts. Le palais du Quirinal, commencé par son prédécesseur, fut continué sur de plus vastes proportions, et Sixte V fit transporter par le célèbre Fontana, des thermes de Constantin, devant la porte du palais, ces deux coursiers tenus par de colossales statues d'athlètes, œuvre grandiose de l'art antique, que la tradition attribue à Phidias et h Praxitèle.

Un immense vaisseau fut consacré à la bibliothèque Vaticane : la façade latérale de la Basilique du Sauveur présenta ses deux étages d'élégants arceaux et un bAtiment particulier fut édifié pour recevoir quelques uns des précieux débris de l'antique et vénérable palais patriarcal.

Ce pontife actif et zélé hâtait de tous ses efforts lachèvement de la coupole de saint Pierre, parce que ce devait être le triomphe de l'art, sous les auspices du catholicisme. Le fameux obélisque du temple du Soleil, queCaligula fit apporter d'Egypte, s'élevait, sous ses ordres, devant la Basilique de saint Pierre. Le Moïse gigantesque de la Fontaine de Termini vit bientôt des torrents d'une eau pure s'élancer du rocher que frappait sa baguette. Ces torrents inondèrent non seulement le Quirinal, mais le Pincias.l'Esquilin et jusqu'au Capitole. Cette magnifique fontaine, qui excite encore l'admiration des architectes, fut noblement chantée dans les stances du Tasse.

Clément VIII {*) éleva les savants de son siècle aux pkis hautes dignités. Il fit entrer dans le Sacré Collège Bellarmin. théologien distingué et une des plus grandes gloires de la compagnie de Jésus, ainsi que Baronius. célèbre historien, prêtre de la congrégation de saint Philippe de TS'éri. (*") En même temps il combla le Tasse des marques d'estime les plus flatteuses .

{*) De Florence. Il gouverna le Saint Siège pendant 15 ans, un mois et trois jours.

(**) Il naquit à Florence on V.^\V^.

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Paul y (*) exigea que dans tous les monastères, il y eût des professeurs des langues latine, grecque, hébraïque et arabe, et il autorisa la fondation d'ordres religieux spécialement ^'oués il l'éducation de la jeunesse. La plupart des grands pointics de l'école bolonaise s'établirent à Rome sous son pontificat et reçurent de ce Pape le même accueil empressé et les mêmes encouragements que s'ils fussent venus aux jours des Médicis et des Farnèse. Paul V prenait plaisir h voir travailler Guido Reni et lui donna une pension. Dans les œuvres de cet artiste, on remarque un pinceau léger et coulant, une touche gracieuse et spirituelle, un dessin correct, des carnations si fraîches, qu'on croit y voir circuler le sang. Ses têtes surtout sont admirables. Guerchin peignit dès l'âge de huit ans et tira de son génie les premiers princijies de son art = il se perfectionna ensuite à lécole des Carrache. Doux, sincère, poli, charitable, pieux, il fut un modèle pour les chrétiens comme pour les peintres. La force du coloris et la correction du dessin ont jilacé Guerchin au premier rang des peintres de son époque. Dominitiuin fuyait le monde, car partout la supériorité de son taknit avait éveillé de ces haines d'artistes qui ne pardonnent pas. Seul dans sa retiaite, il travaillait, nuit et jour, avec une défiance de lui-même qui lui valut les plus glorieux triomphes. Lorscju'on sétonnait du temps qu'il consacrait à ses ouvrages, il répondait : <; .l'ai un nuiitre difficile à contenter, c'est moi même. » Le célèbre Poussin disait du Dominiquin, « qu'il ne connai.ssail |)()int d'autre peintre que lui jxjur les expression.s. > Le même artiste reizardail la Transfiguration do Haj)ha('l, la Doscenlc de cwi.r de l);uiiel de N'olterre et le saint Jérônie ù\\ Domiiiitpiin, connue les trois chel's-dœuN re de peinture à Home. Cet illustre maître excellait surtout danslart d'ex|)rimer les différentes passions. Si.'S attitudes sont bien choisies . ses têtes sont dune siniplieile et dune \ariele ii(hnii;d)livs Son pin-

(*) l.h' la iiiaisuii lîoif^lirsc de Uoiiic, tlii m KiU.i, il ^iiiivcriia ré|.;lisr pondanl (|iiui/<> ans.

i.i: SAINT sii:(;e, les sciences et les ijeai\-a»ts i^'i

(•euu ne manquait pas de noblesse ; mais il n'avait pas assez de légèreté. Quand aux Carrache (*), ils présentèrent le singulier phénomène d'une tendre amitié que venaient troubler, à rli;u|iie instant d arnères jalousies. Ils ne pouvaient ni être séparés I un de laulre, ni vivre ensemble. Annibal, le plus illustre, savait donner à ses ouvrages cette noblesse, cette force, cette vigueur de coloris qu'il avait appris dans l'école du Titien, du Corrége et de Raphaél et qui le rendirent si célèbre. Son frère Augustin partagea son espi it entre les arts et les belles-lettres, éclairant les uns par les autres. Les tableaux qui restent de lui .sont d une touche libre et s|)irituelle. Ses figures sont belles et nobles, mais ses tètes sont moins fières que celles d'Annibal, son frère.

Quoique le règne de Grégoire XV(**) ne fut que de deux années, il ne donna pas moins aux arts et aux sciences une impulsion nouvelle et inattendue. Ce Pape, profondément versé dans létude du droit, avait acquis la réputation bien méritée d'homme habile. Il institua une savante congrégation dite de la Propagande, dont le but éminemment charitable était de propager la religion catholique dans tout l'univers et particulièrement chez les peuples non civilisés. Il n'est pas de ville dans le monde qui possède une institution semblable, vivant symbole de cette énergie de la charité qui affronte toutes les difficultés de la science, tous les dangeis de la vie, jiouiporter plus loin la bonne nouvelle de l'Evangile.

En 1 627 le Pape Urbain VIII (***) fonda pour la Propagande un collège devenu depuis si fameux. Dans cet établissement on enseignée! on parle plus de quarante langues. Le même Pape y établit une célèbre imprimerie, riche en caractères orientaux et qui pioduit encore

(*) Au;;ustiii naquit à l>olojiiio on JSjT et mourut à l;innceu KJOI. Annibal vil aussi le jour à Bologne en latiOol mourut vu KiU).

(**) Boluiiais,élu en l(ji2l,iltint le Saint-Siège deu\ ;ni.s el riii(| muis.

(***) Harheriiii de Florenec, mourut le i2 juillcl Kiîî; il uoiiveiii.i ie Sainl-Siége |)eu(l.iiil '21 aii.set 7 jours.

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aujourd hui des ouvrages remarquables, tant sous le rapport des sciences que sous celui de la belle exécution typographique. La bibliothèque de cet établissement possède deux mille cent manuscrits en langues étrangères. (*)

Ce Pape aimait et cultivait les lettres avec ardeur; la connaissance qu'il avait acquise dans la langue grecque était si profonde, qu'on l'appelait Z'aèej7/é' attique. Il possédait également Ihébreu et écrivait, dans l'idiome d'Horace, des odes et des hymnes où l'on retrouve, sinon Timagination toujours féconde du poète latin, du moins quelquefois sa correction et son élégance. Il appela à Rome et accueillit avec bonheur les savants les plus distingues de l'Europe. Ce fut le maronite Abraham Ecchellensis qui traduisit de l'arabe les coniques d'Apollonius ; ce fut Luc Holstenius. le plus infatigable et peutêtre le plus judicieux commentateur du dix-septième siècle et le célèbre Léon Allacci de Chio, que ce pontife chargea daller ù Hei- (lelbtMg recueillir la magnifique bibliothèque Palatine dont le duc .Vfaximilien de Bavière avait fait don au Saint Siège. Nous mentionnerons aussi Pierre Bei-rettini, né à Cortone, en 1009, un des peintres et des architectes les plus célèbres d'une époque ou les arts avaient déjà perdu de leur splendeur. Charles Maratte enfant encore, extrayait le jus des plantes pour dessiner des figures sur les murs de la maison paternelle. Envoyé à Rome, en 1636, à lécole d'André Sacchi, ses progrès furent marquants et rapides. Tandis ipje le maître peignait, à grands traits, saint Romuuld et ses disciples, l'enfant traçait sur la toile une nativité qu'on admire encore à saint Jo.seph. Il est encore d'autres noms que nous devons citer, tels que ceux du chevalier d'Arpino; de Martin Lunghi, l'architecte des palais Horghè.se et Altemps ; d'Ononus et de .Martin

(*) Les clôvos (le la Prnptviandc so (Icsliiipiil Ions ;i .■iiiiiniiri'r la pandc de Dieu ilaiis leur |ta>s. I,oiir rdsliime se compose d'un rliappaii romain et duiic soiilatio m»ire avpc lioiiloiis cl cciiilurc rouge*, l/cludc dos sciences sacrées et profanes. enseii;nées par «les maiircs lial)iles, orcii[i(' Ions leurs moments.

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Lunghi-le-jeune, les auteurs de saint Charles al corso et de Poniaruncio, le peintre d'Ananie et Saphire.Tous ces artistes furent noblement encouragés par ce savant pontife.

Mais au-dessus de ces noms, qui aujourd'hui encore ne sont pas sans retentissement dans la capitale chrétienne, s'élève un autre nom, plus grand, plus illustre, celui du chevalier Bernini. (*) Cet artiste donna, dès son enfance, des signes d'un si puissant génie, que l'Italie crut avoir trouvé un autre Michel-Ange. Bernini atteignit à la plus haute faveur sous Urbain VIII : <; Vous (Mes heureux, sans doute, lui disait ce Pape, de voir Mafîeo Barberini souverain pontife ; mais Maffeo s'estime plus heureux encore de ce que Bernini vit sous son règne. » Rome compte parmi ses chefs-d'œuvre les ouvrages de ce grand maître. Les principanx sont ■• la fontaine de la place Navonne et l'extase de sainte Thérèse, ouvrages supérieurs pour l'expression ; le maître-autel, le tabernacle, la chaire de saint Pierre et la colonnade qui environne la place de cette église. Versailles admirera toujours le buste de Louis XIV, oii le caractère de ce grand prince est aussi bien marqué que les traits de son visage ; la statue équestre de Marcus Curtius mérite d'être comparée aux plus beaux ouvrages de l'antiquité.

Alexandre VII (**) joignit à une rare piété cet amour des belles lettres qui était comme le caractère distinctif des érudits de la renaissance. Le Vatican devint sous son règne le centre de tout ce que Rome avait de plus distingué et de plus pieux. Nous y remarquons le célèbre cardinal Pallavicini (***), homme d'un génie pénétrant,né pour les grandes choses, qui a^ait préféré aux grandeurs du monde une petite cellule au Gesn et dont lesprit, heureusement

(•) Naquit à Napels en 11598.

(**) De Sienne, choisi on IGliS, il oiTU|)a le irAiie poiilifical pendant douze ans.

(***) Il vil le jour à l\onic en 1607. On a encore tic lui un Irailo estime du stflc et du dialogue, en italien.

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doué, traçait à grands traits l'histoire du Concile de Trente ; le cardinal Bona (*) qui joignait à une profonde érudition, à une connaissance vaste de l'antiquité sacrée et ecclésiastique, une piété tendre et éclairée ; le père Hilarion Rancanti, l'un des soutiens de la Propagande , qui enseigna l'arabe, le syriaque et traduisit la Bible pour les peuplades de l'Orient et Natale Bondinino poète élégant et secrétaire des Brefs.

Ce pontife forma le projet de fonder un collège composé des hommes les plus savants de la chrétienté ; ce devait être comme un foyer de lumière dont les rayons auraient éclairé le monde. Malheureusement les préoccupations de son règne ne lui laissèrent pas le loisir de mettre à exécution cette magnifique pensée. Il consacra du moins tous ses soins à 1 agrandissement de l'université delà Sapienza. quW dota d'une riche bibliothèque et d un jardin botanicpie.

Au dix-huitième siècle se présente d'abord Clément XI (**), homme de piété et de science, aimant les lettres et les arts. Rome lui doit les belles mosaïques de l'école de Cristofori, de.-^ manufactures de tapisseries de haute lisse qui rivalisèrent avec celles de la Flandre et la fondation de l'académie ecclésiastique près de la Minerve. Ce Pape enrichit le Vatican des manusci'its oriciUam d'Abraham Ecchellensis et de ceux de Pietro délia Valle. qui comprennent des ouvrages cophtes, éthiopiens et arabes. Son successeur Clément XII (***), marcha dans la même voie. De nouvelles richesses littéraires furent recueillies en Orient par les deux .savants Asseinamii. Kn même temps, un musée de monument.'^ antiques s'établit auCapitoleet son premier fonds se composa de lu riche collection Albani, payée 66.000 écus par le Pape.

(*) ^c à .Momiovi en KiOi), A'niir Liiiiillc iioliic «•! .iiK-iciiiic. S«"^ ouvrafçt'S ascrliqiu'.s sont Irt-s osliiin'-s.

(**) De la ville (rUrldn, ciioisi on I7(K>, il (mtiiim le lioiir poiililifai pciKlanl plii.<; (ie vin^l ans.

(*♦*) \)v l-'lorcncc, iioiiiiik- en I73(»,il ;;omm'||i.i ll',.;lisr pciiil.iiil linil aii.s.

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