‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 115 sur 134 · LA SAINTE MAISON A TKHSATO 4S · texte numérisé non relu

LA SAINTE MAISON A TKHSATO 4S

TurscUin ditù ce sujet : «i Ce religieux frémissement est imj»rinie dans le cœur de tous ceux qui mettent le pied dans cette Maison sainte. » Canisius assure que là les hommes les plus criminels sont transformés en enfants de Dieu, de façon que les hérétiques en sortent catholiques et que les loups y deviennent agneaux, «i Oui, dit Jean Boniface dans la f/e de la sainte Vierge, les hommes perdus sont changés dans ce sanctuaire ; les hérétiques y abjurent leur impiété ; les vindicatifs leur haine et leur colère. » Marien Auguste, dans ses Trophées de Marie, cité comme les autres auteurs par le père Honoré, ajoute : « Je ne pense pas qu'il y ait jamais eu, ou qu'il puisse y avoir de scélérats si pervers que la vue de limage de Marie à Lorcttc ne touche et n'amène à quelque sentiment de piété. 1' (*)

Le père Ignace Hyacinthe Amat de Graveson, dans sa dissertation de la Maison de Lorette, qui se trouve dans son traité des vertus et des mystères de Jésus-Christ (**), affirme que cette histoire de la translation est confirmée dans tous les livres, approuvée par une tradition constante et par les décrets des Souverains Pontifes, célèbre par une grande affluence de peuples qui y accourent (le toutes parts et plus clairement prouvée que le jour même par la sainteté du lieu et la multitude des miracles (***).

Le père François Quaresme, de Lodi, théologien distingué et jadis commissaire apostolique des saints lieux, atteste dans son histoire théologique et éclaircissement moral sur la Terre Sainte, [Elucid.TerrœSandœt. 2.lth.7.cap. 1 et. seq.) (****) quede son temps on avait coutume de visiter à Nazareth la demeure dans laquelle la bienheureuse Vierge, après avoir entendu 1 heureuse nouvelle, conçut le Sauveur du monde. Il demande ensuite comnienl on peut

(*) Bened. XIV. De feslisB. M. V. pari. II. ii. û\\). (**) Ecrite en latin et iinprinioo à Koino en nui. (***) Bened. \1V. de feslis B. M. V. part. II. (**♦*) Imprimée à Anvers en 1639.

dire que Ton honore en Italie cette sainte Maison qui ne saurait être à la fois en deux endroits différents, en Orient et en Occident, en Palestine et sur le territoire d'Ancône. à Nazareth et à Lorette. difficulté que le même auteur s'efforce lui-même de résoudre. {*) Il y aurait bien des choses à répondre à cette objection. Mais la meilleure selon nous est celle de François Alcarotus, chanoine de Novarre, dans son itinéraire de la Terre-Sainte, (lib. 2 cap. 19), savoir que la demeure sacrée de Marie fut réellement transportée par un miracle de Nazareth en Dalmatie et ensuite à Lorette ; mais que les fidèles de Palestine ont depuis bâti une église de la bienheureuse Vierge, sous le nom de l'Annonciation^ dans l'enceinte du lieu où se trouvait la sainte Maison, et que c'est là cette Maison sainte que l'on dit exister encore aujourd hui ù Nazareth.

Outre ces preuves citées par Benoit XIV où la question est savamment traitée par les témoignages si clairs et si concluants de tant d'écrivains graves et respectables, qu'on se rappelle aussi que les Souverains Pontifes, Innocent XII et Benoit XIII ont autorisé une fête qui se célèbre le 1 0 décembre sous le titre de translation île la Maison de la sainte Vierge. Cette fête est obligatoire pour les Etats Pontificaux et tout le royaume d'Espagne. Dans la troisième leçon du second nocturne on lit les paroles suivantes '■ « La Maison natale de la Vierge, consacrée par les mystères divins, arrachée par le ministère des anges à la puissance des infidèles, fut transportée d'abord en Dalmatie et ensuite dans un champ nomnn'^ Lorette, dans la province d'Ancône sous le pontificat de Célostin V. C'est dans cette même Maison, que le Vei'be s'est fait chair et a habité parmi nous, comme le prouvent les décrets des Souverains Pontifes, la vénération la plus célèbre de tout l'univers, la splendeur des miracles qui s'y opèrent continuellement et l'abondanco dos grAces célestes qui s'y distribuent. C'est pour ces motifs et afin d'exciter do

(*) Quarcsmius, lom. 2, Klucidal lorr.T ,s,infl.T lil). 7 cip. I ol se quenl.

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plus en plus la ferveur des fidèles envers le culte de cette tendre Mère, qu'Innocont XII, en 1691 , a ordonné que la translation de la sainte Maison, déjà vénérée dans toute la province d'Ancône, par une solennité anniversaire, serait en outre célébrée par une messe et un office propres. » (*)

Avant que le Saint Siège donna cet office, l'histoire de cette prodigieu.se translation fut discutée devant la savante Congrégation des saints Rits avec la plus minutieuse exactitude, et après avoir entendu et discuté les objections des plus sévères critiques. (**) C'estsur des preuves évidentes et authentiques que ce tribunal forme son jugement ; aucune preuve, qui n'est solidement appuyée, n'estadmise parla Congrégation des Rits. Cette pratique si sage repose sur l'importance de la matière et sur le préjudice que porterait à la religion même un jugement indiscret (***).

Clément IX, souverain pontife, en 1667, prescrit, après un sévère examen de la Congrégation des Rits, par un décret solennel de consigne rdans le martyrologe romain (****) au 1 0 décembre, Ihistoire du grand prodige de Lorette par ces mots remarquables •■

« A Lorette, dans le territoire d'Ancône, la translation de la sainte Maison de Marie, mère de Dieu, dans laquelle le Verbe s'est fait chair. »

Pour de plus amples preuves Benoit XIV cite les constitutions de plusieurs Souverains Pontifes, entre autres de Paul II en date de l'année 1471, de Jules II en 1507, de Léon X en 1519, de Paul III en 1 535, de Paul IV en 1 565 et de Sixte V, dans lesquelles ils ont unanimement déclaré que la Maison de Lorette est la même que celle dans laquelle s'est opéré le mystère de notre Rédemption. Ce savant Pape ajoute que ces pontifes attestent que les miracles qui

(*) Brev. roni.

(**) Bcncd. XIV, de feslis B. M. V. part 11.

(**♦) Géranib, voyage de la Trappe à Rome, page lil.

(****) Le martyrologe romain.

s'y opèrent continuellement depuis les temps les plus reculés, ne laissent aucun doute sur la vérité de cette histoire (*).

Après les preuves si claires et si concluantes de tant decrivains graves et respectables, après des décisions solennelles des Souverains Pontifes qui ont attesté le miracle de Lorette, les catholiques ont employé, dans tous les temps, leurs talents à la gloire de la sainte Vierge ; plus de cent cinquante écrivains de toutes les nations, de toutes les classes, ont constaté dans leurs écrits cette prodigieuse translation. Parmi les modernes nous nous contenterons de citer quelques témoignages.

En première ligne parait le savant père Salzano, de l'ordre des frères-prêcheurs, professeur d'histoire et maître des théologiens à l'université royale des études à Naples. Il parle en ce sens : « Les chroniques de ces temps.loin d'être démenties sont plutôt conflrmées par les anciens mémoires et par une tradition constante, qui racontent, qu'en la même année (1291) cette petite demeure, dans laquelle se trouvait notre divine Mère, lorsque l'archange Gabriel lui annonçait qu'elle deviendrait la mère d'un Dieu, fut portée miraculeusement par les anges, d'abord en Dalmatie et puis en 1294 dans cette partie de l'Italie qu'on appelle Piccne, sur une propriété d'une pieuse dame nommée Laureta. C'est là la sainte Maison de Lorette, laquelle a été jusqu'à nos jours comme elle est encore le digne objet de notre culte et de notre dévotion (**) . »

M. Rohrbacher, historien du premier ordre donne, dans son histoire universelle, les détails suivants. « La nouvelle soudaine et terrible que la Terre-Sainte était perdue pour les chrétiens, après la prise de Ptolémaïde en 1291, répandait une profonde tristesse dans les Ames pieuses, tristesse qui n'y est point encore cITacée. Car si .Icsus-Christ a pleuré sur .léru.salcm, un vrai chnHion peut-il être insensible? . Miiis dans le même temps une autre nouvelle, si-

(*) Bcncd. XIV (le fcsli.s II. M. V. pari. II. (*♦) Corso (li sloria Kccl. Napoli 18i(J.

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