LA SAINTE MAISON A TERSATO
lencieuse et calme, vint réjouir les âmes pieuses et les réjouit encore, la sainte Maison de Nazareth, oii la Vierge Marie conçut le Verbe fait chair, a été transportée par les anges en Dalmatie et de là dans la marche d'Ancône près de Récanati, à Lorette où elle est encore.
C'était dans l'année 1291 ; les saints lieux de la Palestine étant envahis, l'église magnifique, que l'impératrice Hélène avait élevée à Nazareth, venait de tomber sous le marteau destructeur; la sainte Maison qu'elle renfermait allait bientôt peut-être avoir le même sort, lorsque Dieu ordonna à ses anges de la transporter sur les terres heureuses de la fidèle Dalmatie. On était au 10 du mois de mai, à la seconde veille de la nuit ; le sanctuaire do Nazareth avait été déposé sur les rivages de l'Adriatique, entre Tersato et Fiume, dans un lieu appelé vulgairement Rauniza par les habitants du pays. (*) ..
M. le professeur Rohrbacher donne ainsi la dernière preuve : <t la sainte Maison n'est pas construite, corn me quelques-uns l'ont pensé, en briques cuites au feu, mais elle est composée de pierres vives et travaillées, légères, rougeàtres, poreuses et imprégnées d'une certaine odeur d'antiquité. La sainte Maison de Lorette est bâtie avec des matériaux inconnus en Italie et communs à Nazareth ; tous les objets qu'elle renferme ont un caractère évident d'antiquité et d'orientalisme qui ne permet pas d'en fixer l'origine en Occident ; les dimensions de son étendue se rapportent avec une entière exactitude aux fondements restés à Nazareth ; elle subsiste d une manière miraculeuse en demeurant debout au milieu des ruines des constructions les plus solides, quoique posée sans fondements et sans aplomb, sur la terre nue ; toujours elle a conservé une entière inviolabilité, sans que jamais on ait pu impunément en ravir la moindre partie. Donc la Maison de Lorette n'est pas un bâtiment ordinaire; donc elle est une enceinte protégée par la maintoute-puis-
(*) Rohrbacher. hist. uiiiv. (oiiic XIX page 3â8.
santé de Dieu : donc elle n'est pas primitivement élevée sur les terres d'Italie, mais y a été transportée d'au-delà des mers ; donc telle est vraiment la Chambre dont les bases sont restées comme témoins en Galilée, c'est-à-dire la Chambre de Marie, la Chambre où s'est accompli le plus auguste de nos mystères.
L'Orient, en perdant le sanctuaire de la vierge Marie, parut devenir de plus en plus stérile en sainteté ; on n'y trouve plus ni saints personnages, ni saintes entreprises ; tandis qu'en Occident malgré toutes les misères humaines et touies les révolutions politiques,toujours il s'y produit des personnes et des œuvres saintes (*).»
(*) M. Rohrbacher. hist. univ tome XIX, page 328.