‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 25 sur 134 · FOLIGNO · texte numérisé non relu

FOLIGNO

Il giai'dino d'Iluli.i.

Foligno est une ville d'environ 7,000 habitants, très bien bâtie dans une \â\\ée riante, nommée Spoletana, du nom de Spolette. Le Clitumnus, qui l'an'ose, entretient la fertilité dans ses gras pâturages. Le Tupinoet la Maroggia coulent dans ses environs. Elle est située à cent milles de Rome.

Les rues de Foligno sont droites et plusieurs de ses édifices se distinguent par leur élégance. Cette ville, située sur un terrain uni, offre l'aspect d'une ville de Belgique.

Foligno se trouve sur l'emplacement qu'occupait jadis l'antique ville fondée par les habitants de Forum Flaminii) après que les Lombards l'eurent détruite de fond en comble au huitième siècle. Du temps de Silius Italicus, elle n'était pas encore entourée do murs, comme on peut s'en convaincre par le vers suivant de ce poète :

Parvoque jacens sine mœnibus ar\ o Fulginio.

«1 Foligno, ville sans murs, est située dans une pLiim' de peu d'étendue. >'

CATIIKDHAI.K. 93

Plus tard elle de\ int une place très forte. Après avoir été agrandie par les Lombards au sixième siècle, elle fut presque entièrement détruite par les troupes de Pérouse, Tan 1281^ pendant les guerres des Guelfes et des Gibelins. Martin IV lança contre les habitants de Pérouse une bulle d'excommunication, quH ne révoqua que lorsque les murs furent relevés de leurs ruines. Depuis ce temps Foligno fut toujours une ville très florissante.

Dans la suite les Terzi, citoyens puissants, s'en emparèrent mais ils ne s y maintinrent qu'en s'abreuvant dans le sang des familles les plus distinguées, qu'ils parvinrent à éteindre. Plus tard les habitants rentrèrent sous l'obéissance du Saint-Siège, lorsque le dernier rejeton de cette famille de tyrans eut expié ses crimes par la mort que lui fit donner le cardinal Vitelleschi, légat a latere, qui s'était emparé de la ville en 1 439.

Foligno n'a que deux portes ; l'une est superbe par son architecture et rappelle aux habitants la vaillance de leurs ancêtres, qui au même endroit repoussèrent les Lombards.

Au bas de quelques actes qui résument divers conciles, on trouve les signatures de plusieurs prélats qui eurent dans cette ville leur siège épiscopal. L'évêque Fortunat, qui assista au concile de Rome convoquée par le Pape Symmaque l'an 500, y est mentionné ainsi que Florus, qui se trouva au sixième concile général, (*) tenu sous le pontificat de saint. Agathon l'an 680. Le cardinal Jean de Médicis, qui fut depuis Pape sous le nom de Pie IV, avait été évéque de cette ville. Ce fut ce même Pape qui prononça la clôture du concile de Trente, en 1 563.

La magnifique cathédrale de Foligno est construite d'après un beau plan. Le portail est orné d'une riche sculpture en stuc et le maîtreautel, soutenu par un baldaquin ravissant, à l'instar de celui de saint Pierre à Rome. Autrefois on v admirait une belle statue de

Troisième de Conslanlinople.

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saint Félix évéque de Foligno, qui était d'argent massif. Ce saint pasteur y fut envoyé par le Pape saint Victor lan 192, et mérita, après onze années d'apostolat, la palme du martyre. Ses reliques furent transportées à Metz en 369, par lévéque Théodoric, sous le règne de l'empereur Othon

On célébrait dans cette église les pieuses pratiques du mois de Marie ; tout le monde sait que c'est au sein même de l'Italie qu'a germé 1 heureuse et féconde pensée de consacrer plus spécialement à la Reine des anges, chacun des jours du plus beau des mois. Autour de sa belle statue brûlaient des cierges chargés d'ornements et de présents que la main des fidèles y avait appendus. Mille fleurs se trouvaient dans ce sanctuaire et y répandaient un délicieux parfum. La Vierge était éblouissante de pierres précieuses. Oh ! que tout cela était beau ! je me demandais alors quelle devait être la gloire de notre Mère dans les cieux , lorsque sur la terre l'homme, faible reflet de la puissance du Créateur, peut tirer de son impuissance même tant de moyens d'honorer Marie !

Devant l'image sainte, je voyais prosternée la foule des fidèles épanchant leurs âmes et venant prier pour les diverses nécessités delà vie. Un vieillard, dont les vêtements en lambeaux annonçaient assez l'infortune, s'était agenouillé à l'écart. Il implorait la bonté de la Mère des pauvres et l'engageait à soulager sa misère. Une mère y conduisait son enfant encore à l'âge de l'innocence, demandant à la Vierge des Vierges de préserver ce cœur pur du soufïle de l'iniquité. Un laboureur, se reposant après le travail, venait apporter son offrande, dans l'espoir de recueillir une heureuse moisson. Plus loin un jeune homme malade sollicitait sa guérison par une fervente prière. Cétait ainsi que toutes ces suppliques montaient jusqu'au trône de Marie, commo un suave parfum.

Maintenant, o Vierge sainte, mêlant ma voix à celle de tant dkmos pieuses, permettez que je vous fasse connaître aussi les secours

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