‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 5 sur 134 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

Jeiuli^ 7 mai.

Salve saneta parens. pia respire vota precantis. Laureli ut sospes possit adiré doniuni.

A huit heures du matin nous quittâmes la capitale du monde chrétien, après que j'eusse pour la dernière fois célébré le saint sacrifice de la messe sur le tombeau des apôtres saint Pierre et saint Paul ; nous eûmes de la peine à sortir de cette étonnante Basilique, merveille de l'univers, glorieuse métropole et centre de toute la chrétienté. Mais l'heure du départ s'approchant, il fallut se résoudre à s'arracher de ces lieux.

Des amis étaient venus pour nous serrer la main et nous souhaiter un heureux voyage ; la séparation ne se fit pas sans une vive émotion ; Rome n'est point une ville dont on s'éloigne avec indifférence. Le voyageur, qui a étudié l'histoire, les beaux-arts et les sciences, qui a approfondi la religion, qui sait réfléchir et surtout sentir, ne saurait la quitter sans regret. Nous nous souviendrons toujours avec bonheur du séjour que nous fîmes dans cette ville,

18 SOrVE.MRS DITALIE.

OÙ 1 on vit entouré des beautés et des merveilles de notre sainte religion.

Quelques moments après nous saluâmes la belle Piazza d'Espagne, l'église de Santa Maria del Popolo, et nous nous trouvâmes hors des murs de la ville éternelle, de cette Rome, qui s'élèv^e avec tant de majesté au milieu d'un vaste amas de ruines du paganisme et de tous ces grands monuments, que la religion chrétienne a inspirés.

Bientôt nous eûmes gagné la belle porte du peuple, qui fut magnifiquement décorée par Bernini, il y après de deux siècles, pour recevoir Christine de Suède. Cette reine, descendue volontairement du trône des Gustave, avait, en déposant sa couronne sur l'autel de Notre Dame de Lorette^ excité l'enthousiasme des Romains. On lui fit une réception triomphale et, quelques années après, Christine abjura ses erreurs dans la vaste Basilique de saint Pierre, où l'on voit encore son mausolée ! (*)

Nous traversâmes le Ponte-Molle, jeté sur le Tibre et situé à deux milles de la ville ; il s'appelait anciennement Pons Jîlmilius, parce qu'on croit communément qu'iEmilius Scaurus, censeur, le construisit l'an 645 de la fondation de Rome (**). Mais un fait positif, c'est que ce pont existait au moins un siècle avant Scaurus, puisque Tite-Live déclare qu'il était construit depuis la moitié du sixième siècle de Rome, et que toute la population romaine y accourut à la rencontre des envoyés, apportant la nouvelle de la victoire rem-

(*) Elle mourut à Rome l'an 1G80.

(**) Au moyen-âse le mot yEmilius fut corrompu en Milvio. Cx pont fuldélruil presque entièrement lors de la fameuse lialaillc que (Constantin livra contre .Maxence, à l'endroit dit Sa\a-l\iibra, à î) milles de Rome. Maxence, en fuyant, se noya dans le fleuve. Le pont a quatre grandes arches et trois petites. Dans le siècle dernier, le cardinal Alvare Cienfuegos y lit élever du cùté de la ville, la slatue de saint Jean Népomucène, sculpture de (lornaccliini ; pins tard l*ie VII y lit |)l<irer celle de rininiaciiire (loriceplion de la Sainte Vierge el dn col»'" opposeles statues rcprésentani le Sauveur et saint Jean Ra|>liste. Ces (Icux dernières, ouvrages de Maclii, l'iorcnlin, sont très-eslimécs.

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