EXTÉRIEUR DE LA SAINTE MAISON
de sa Mère et de saint Joseph, adoré par les bergers qui viennent se prosterner à ses pieds et loué par les anges, qui célèbrent dans les cieux la gloire rendue au Très-Haut et la paix apportée aux hommes de bonne volonté. C'est encore à Sansovino que les arts doivent cet admirable travail. L'adoration des Mages sur l'autre porte fut commencée par Sansovino, continuée par Raphaél de Montc- Lupo et terminée par Jérôme Lombardo. Les sibylles do Cumes et d'Erytrée sont dues au ciseau du chevalier Délia Porta : les prophètes Malachie, David et Zacharie furent sculptés par Jérôme Lombardo. Le David est surtout remarquable.
Simon Mosca de Florence travailla les festons et les trois plu.-^ beaux anges qui se trouvent sur les portes : les cinq autres sont de Tribalo, de Raphaël de Monte-Lupo et de San-Gallo. Les armes qui s'y trouvent avec la tiare et les clefs sont de la famille de Médici.>^ de Florence d'où sortirent les illustres pontifes Léon X et Clément VIL
La partie orientale se fait remarquer par le chef-d'œuvre du célèbre Délia Porta, exécuté en 1571 sous Pie V ; il représente le prophète Moïse et la sibylle de Samos. Au milieu on voit la moi-t de la sainte Vierge. On ne connaît paslartiste qui le premier a mis la main à cet ouvrage ; il fut achevé par Dominique Lamia, architecte et sculpteur de Bologne. Les diverses translations de la sainte chapelle sont attribuées par Yasari à Nicolas Tribolo. sculpteur Florentin. (*) Le prophète Balaam est dû au ciseau d'un religieux nommé Aurelius, frère de Jérôme Lombardo.
Au-dessous de deux bas-reliefs on lit linscription suivante. qut> nous avons copié textuellement sur les lieux :
CHRISTIANE IIOSPES, Ql I PIET.VTIS VOTIV.E CAISA HIC AltVENISTl. SA- (RAM LAIRETANAM DOMIM VIDES DIVINIS MYSTERIIS ET MlRACl LORIM Cl.ORIA TOTO ORRE TEHRARIM VENERABILEM. IIIC SANCTISSIMA DE! C.ENI-
(*)Vila (li Andréa Sansovino pari. III.
TRIX MARIA IN I ACEM EDITA ; HIC AB ANGELO SALI TATA ; IIIC .ÏTERNUM DEI VERBLM CARO FACTIM EST . HANC ANGEI.I PRIMUM È PAl.ESTINA IN IL- LYRILM ADVEXÈRE AD TERSACTIM OPPIDIM AN. SAI.LTIS M. CC. LXXXXI MCOLAO IV SLMMO PONTIFK.E : TRIENMO POST. IMTiO PONTIFICATIS 150- MFACII VIII IN PICENIM TRANSLATA, PROPÈ RECINETL'M LRBEM. IN IIUL'S COLLIS NEMORE EADEM ANGELORIM OPERA COLLOCATA EST, UBI, LOCO INTRA ANNl SPATIUM TER COMMITATO, lÙC POSTREMÔ SEDEM DIVINITLS FINIT ANNO ABIIINC CCC. EX EO TEMPORE TAM STl'PEND.E REI NOVITATE VICINIS POPLLIS IN ADMIRATIONE COMMOTIS, TIM DEINCEPS MMUCl I.ORIM FAMA LONGÉ LATÈglE PROPAGATA. SANCTA H.EC DOMIS MAGNAM APl'D OMNES GENTES VENERATIONEM IIADIIT, CLJIS PARIETES NULLIS FLNDA- MENTIS SLBNIXI, POST TOT S/ECULORUM .ÏTATES INTEGRI STABILESQUE PERMANENT. CLEMENS PAPA VII ILLAM MARMOREO ORNATf r.IRClMQLAQUE CONVESTIVIT, AN. M. D. XXV. CLEMENS VIII PONT. MAX. BREVEM ADMI- RAND.E TRANSLATIONIS HISTORIAM IN IIOC LAPIDE INSCRIRI JLSSIT, AN.NO M. D. XCV. ANTONIIS MARIA GALU S S. R. E. PRESR. CARD. ET EPISCOPUS AIXIMI. SANCT.E DOMIS PROTECTOR, FACIENDl M CIRAVIT. Tl' HIC, HOS- PES. REGINAM ANGELORL'M ET GRATIARl M RELIGIOSÈ VENERARE, l'T EJl'S MERITIS ET PRECIBVS DL'LCISSIMO FILIO. VIT.t: AICTORE, ET PECCATORl M VENIAM. ET CORPORIS SALITEM. ET .ETERNA GAIDIA CONSEQIVRIS.
tt Pèlerin chrétien, qui venez ici par dévotion, vous voyez devant vous la sainte Maison de Lorette, célèbre dans fout l'univers par les di\ins niystcres qui s'y sont opérés et i)ar la .gloire de ses miracles. C'est ici que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, a vu le jour : c'est ici qu'elle à été saluée par l'ange ; cCvSt ici que le Verbe éternel de Dieu s'est fait chair. Cette sainte Maison fut tran.s. portée par les anges de la Palestine en Dalmafie dans la ville de Ter.sato l'an du salut 1291, sous le ])ontifiral de Nicolas IV ; trois ans après, au commencement du règne de B(»nifacc VIII, après avoir été transférée au mont Picène, |)rès de la ville de Hc'canati. elle fut déposée j>ar les anges dans un bois près de celte colline ; elle a\ait changée trois fois de place dans l'espace <\ ime .iniiee el
F.XTKRIKl M DK I. A SAIME MAISON. 22o
tnliii elle se fixa définitivement en ce lieu. Depuis ce tem[)S elle est devenue jjartoul célèbre et par cette translation extraordinaire qui excita ladmiration de tout le monde et par les nombreux miracles qui sy opèrent. Ses murs qui nont point de fondements subsistent depuis plusieurs siècles dans une parfaite intégrité. En 1525 le pape Clément VII la fit revêtir entièrement de marbre. Clément VIII a commandé de graver sur cette pierre une courte notice de cette admirable translation, lan lo9o. Antoine Marie Gallo, cardinal prêtre de la sainte Eglise Romaine et évêque d'Osimo, protecteur de la sainte Maison, a pris soin de faire exécuter cet ordre. Vénérez ici. pieux pèlerin, la Reine des anges et la Mère des grâces, afin que. par ses mérites et par ses prières, vous obteniez de son aimable Fils, auteur de la vie, le pardon de vos péchés, la santé du corps et les joies de léternité. i>
Le côté septentrional fut dessiné et exécuté par les artistes les plus fameux du seizième siècle : Rramante dUrbino et André Consucci de Monte-Sansovino. On y admire le prophète Isaïc, sculpté sous Pie V par Thomas, frère du chevalier Délia Porta. Au-dessus de cette statue on voit la sybille delHellespont qui. selon toute probabilité, appartient à ce dernier. La grande et belle sculpture, que Ion admire au-dessus de la première porte, représente la Nativité de la sainte Vierge, reçue dans le monde par les sept vertus qui devaient la distinguer : l'Innocence, la Fidélité, lObéissance. IHumilité, la Modestie, la Charité et lAmour de la retraite. Ce chefd'œuvre fut commencé par Sansovino et achevé par Baccio Bandinelli (*) et Raphaël de Monte-Lupo. Les anges au-dessus de la porte sont de Simon Cioli. Le prophète David qui attire les yeux de tous les connaisseurs, est dAurelio Lombardo. La sibylle de Phrygie au-dessus de ce prophète fut sculpté par Thomas Délia Porta. Le Mariage de la sainte Vierge, placé sur la seconde porte, commencé par Sansovino et achevé par Raphaël de Monte-Lupo. se
(*) Vasari. loino IV, pari. 111. Vi(a di Baccio Baiulinolli.
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distingue par un groupe ajouté par Nicolas Triboldo : la figure de l'homme qui rompt une branche desséchée, est sublime. Les anges sur la seconde porte sont dûs au ciseau de Simon Mosca et de Cioti. Les quatre portes en bronze furent coulées par Jérôme Lombarde, sous le pontificat de saint Pie V. Les deux, qui sont au septentrion, représentent : lune Jésus-Christ au jardin des Olives ; l'autre la Flagellation du Sauveur. Celles qui se trouvent au midi, montrent l'Adoration des Mages et Jésus enseignant dans le temple. Devant les portes dentrée de la Cosa Santa, sont placées deux sentinelles le sabre à la main, afin de faire déposer les armes à ceux qui entrent dans la sainte chapelle. Au-dessus de la porte qui se trouve à la partie septentrionale, on lit cette sentence prononcée par Clément YII, l'an 1 525 :
IMHANTES CIM ARMIS SLNT EXCGMMINICATI.
L'extérieur de la sainte Maison, vrai musée d'architecture et de sculpture, formé par le brillant génie des plus grands maîtres, dont plusieurs ont ici travaillé gratuitement et pour le seul honneur de la sainte Vierge, a coûté cinquante mille écus romains, sans compter la dépense des matériaux et la paye des manœuvres, qui s'éleva à douze mille écus.
Le \rà\é en marbre, qui entoure le sanctuaire, est use i)ar li's genoux des pèlerins. Cette dévotion (pioiquelle ait été souvent l'objet de la critique, explique la foi admirable des populations qui remplissent toujours la Basilique. " Je n'ai point partagé, dit Valéry, (*) l'indignation i)hilusophiciue de quelques voyageurs, ù l;i vue de ce pavé de marbre, usé par les genoux des pèlerins ; la prière, quelque soit son expression et sa forme, me touche et m'attire et le .sillon, (ju'ello a tracé autour de la Casa Santa, m'inspire un profond r('S|)('ct . ■<
{*) Voyages cm ilalit-, pjig. ôoT.