ÉGLISE DES AL'GUSTFNS
D'autres prétendent que lempereur de Constantinople Emmanuel Comnène envoya aux habitants d'Ancône un superbe drapeau en reconnaissance de ce qu'ils navaient pas^oulu violer le droit d hospitalité lorsque 1 empereur d Occident Frédér ic exigea qu ils lui livrassent les ambassadeurs que le prince grec y avait envoyés.
Le Pape Eugène IV loua aussi leur fidélité dans une lettre qu'il leur écrivit sous la date du 1 1 septembre 1 443. Ils avaient repoussé vigoureusement une armée do François Sforza, préférant rester fidèles sujets du Saint Siège que de sedérober à son obéissance en se soumettant à l'autorité du conquérant. On lit aussi ces mots sur une des portes d'Ancône :
FmES ET IMO LIBERTATEM .VNCOMT.VNAM CONFICIINT MCCCCXVI.
Au bas de la médaille on voit un homme assis à cheval ; il est tout armé et tient un glaive levé ; cet homme se trouve aussi dans les armes de la ville. (*)
Les monuments religieux d'Ancône se distinguent par l'élégance de leur construction et par les chefs-d'œuvre de peinture et de sculpture qu'ils renferment.
L'église des révérends pères Augustins, autrefois d'une construction gothique, a été entièrement restaurée à 1 intérieur par le grand "Vanvitelli : autour de la porte principale on admire des ornements en marbre et des statues en bas-relief, dont 1 ensemble et les détails trahissent le génie et le ciseau d'un grand maître. L'intérieur est plein de majesté ; le rnaitre-autel est sculpté en bois et a coûté 6,000 couronnes. Les figures que l'on y distingue sont parfaitement bien exécutées. Parmi les tableaux les plus renommés on admire surtout : la sainte Vierge couronnant saint Nicolas de Tolentin, chef-d'œuvre d'André Lelio ; saint François d'Assise en extase, de Roncalli ; la tète du saint ne manque pas d expression : saint Nico-
(*) Ronarii \iimisina!,i l'iintidciiin. loine I pajie iil.
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las en prière et délivrant les âmes du puigatoire, peint par Gor\i, toile pleine d'effet.
L'église de saint Dominique, refaite en 1788, possède un beau tableau de Peruzzini d'Ancùne : la sainte Vierge au milieu des nuages montrant à saint Raymond le portrait de saint Dominique. Les têtes sont supérieurement bien peintes, mais le reste est assez insignifiant ; il y existe aussi un Christ en croix qu'on attribue au Titien. Cette église renferme plusieurs mausolées ; les plus remarquables sont celui de Manille Merula qui vint chercher un asile à Ancône, après avoir été dépouillé do ses biens par les Turcs et y mourut vers l'an 1 400 ; celui de Philippe Merula son père et d'Euphrosine Tarchaniote son épouse.
On ne trouve plus dans ce temple le tombeau de l'illustre Florentin Renaud des Albizzi, l'éloquent et acharné rival de Côme de Médicis, réfugié à Ancône les seize dernières années de sa vie, et qui, après avoir longtemps imi)loré le secours de l'étranger, fit ensuite un pèlerinage au saint Sépulcre. Cet homme célèbre n'avait ici d'autre épitaphe que son nom et l'année de sa mort, 1 452. (*)
Sur la place très-régulière qui conduit à ce temple est une statue de Clément XII de la maison des Corsini, bienfaiteur de la ville. Cette statue peut être ressemblante, mais la sculpture est plus que médiocre.
Saint Fiançois in alto ou délie scale possède trois peintures d(? grand prix : la sainte Vierge du Titien, commandée en 1520 i>ar Aloïse Gozzi de Raguse, est célèbre par sa noblesse d'expression . l'yVnnonciation de Guerchin et un Christ en croix de Philippe Hcllini.
On ni! (louNc plus à \ Annonzidld le fainciix tableau du Titien ; In Fuite en lùjypte ; ce cli'^f-danix re fut mmkIu en ISOO à un anglais pour subM'iiir au\ besoins de l'hôpital attenant à cette ('gli.se. On n'en xoit plus iuijdiu'tl liui (|u tiiie copie ;isse/. f.uble. Il est à regreltei' (pi on se .soit ainsi pii\(' d ini si grand trésor ri (piuu riail
(*) Vak'ij, voyai^fs fil llalii-, liv. .\ll cli. \l.