‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 7 sur 134 · ARC DE TRIOMPHE DE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

ARC DE TRIOMPHE DE CONSTANTIN

la Divinité et la grandeur de son génie, vengé, à la tête de son armée, dans une guerre juste, la république des attaques du tyran et de toute sa faction.

Sous la grande voûte on admire deux grands et superbes basreliefs ; l'un de Trajan combattant contre les Daces qui implorent sa clémence ; on y lit cet épigraphe :

LIDERATORI. URBIS.

«1 Au Libérateur de Rome. >»

L'autre représente le même empereur, recevant la couronne des mains de la Victoire, avec l'inscription suivante :

FLND.\TORI. QIIETIS.

<( Au Fondateur de la paix. »

Ces inscriptions d'une noble simplicité annoncent la fin des sanglantes persécutions contre l'Église.

Les deux faces principales offrent aussi deux magnifiques basreliefs : ceux du côté méridional représentent le siège de Vérone et la bataille contre Maxence près du pont Milvius, les deux autres des vases et des sacrifices. Dans deux médaillons sont sculptés les chars du soleil etde la lune, représentant l'Orient et l'Occident. L'ensemble se compose de trois arcades, ornées de huitcolonnes de jaune antique de l'ordre corinthien : elles soutiennent un entablement qui est tout en marbre ; les dix-huit bas-reliefs (*) qui décorent ce monument , ontété enlevés aux arcs de Trajan et de Marc-Aurèle. Le savant cardinal Baronius, expliquant dans ses annales la raison pour laquelle le sénat, gardien de ces monuments, ordonna de les mutiler, dit cnlre-

(*) Voyez noie (', Explication de quelques mois archéologiques.

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autres choses : <■■ la divine Providence a voulu que les trophées des persécuteurs eux-mêmes fournissent les matériaux d'un édifice destiné à perpétuer de génération en génération }e triomphe éclatant du christianisme et la substitution miraculeuse de Rome à Rome dans l'empire éternel du monde. (*) » Les autres bas-reliefs plus petits sont du temps de Constantin, comme il est permis d'en juger par le style grossier qui déjà se ressent de la décadence des arts. La frise de l'arc, et les cadres qui entourent les bas-reliefs ronds, étaient autrefois revêtus de porphyre ; il en reste encore quelques traces. Par l'élévation successive du sol de Rome moderne, une partie de cet arc avait été enterrée ; l'immortel Pie VII le fît entièrement déblayer en 1804 et entourer de murs que Léon XII ordonna de démolir, de sorte que maintenant le monument se présente dans la première magnificence.

Ces lieux rappellent un souvenir non moins célèbre dans l'histoire de l'Église; près de Ponte-Molle, dans l'année 774, Charlemagne fut reçu par les Romains comme un libérateur et un souverain bienaimé. Le sénat et le clergé, précédés des bannières du peuple et des écoles, avançaient à sa rencontre sur la rive droite du Tibre ; aussitôt que parut le glorieux vainqueur des Lombards, on entendit s'élever les acclamations du peuple, qui saluait sa bienvenue ; on le conduisit en triomphe dans la ville éternelle. Le voyage de Charlemagne avait pour but d'accroître le domaine de Saint-Pierre et de poser les premiers fondements du second empire d'Occident ; et c'est à cette époque qu'on doit fixer le commencement de la puissance temporelle des Papes.

Non content de confirmer les donations que Pépin, son père, avait déjà faites aux Papes, Charlemagne donna au souverain pontife les marques les plus touchantes de son respect, et il fit dresser, par son chapelain Esthérius, l'acte d'une donation beaucoup plus ample, par laquelle il assurait pour toujours au Saint-Siège l'exarchat de

(*) lîaroiiius, Annal, ad aiu». 5Ii, lomo 111, pa}^. 01.

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