PRISONS
plus rarement qu'ailleurs appliquée à Venise. Ces prisons sont aujourd'hui inhabitées. (*)
Les prisons souterraines, appelées les puits, formaient jadis i)lusieurs étages dont deux subsistent encore. Nous avons i)arcouru ces sombres cachots. La plupart sont encore garnis de planches que l'on y avait mises pour préserver les détenus de l'humidité. On y trouve encore des lits de bois. Ces cachots ne sont point sous le canal comme on l'a bien souvent prétendu et par conséquent on n a jamais navigué sur la tète des coupables.
A la lueur de deux torches, nous vîmes sur les murs noircis plusieurs écritures que les prisonniers traçaient pendant le peu de temps qu'on leur accordait de la lumière. Bien qu'elles manifestent, avec une libre énergie, les dispositions personnelles de leurs auteurs, il n'en est aucune qui exprime des plaintes. La résignation, la prudence, le courage, la défiance des hommes, telles sont les qualités que se recommandaient les uns aux autres les habitants de ces sombres demeures. Voici quelques unes des inscriptions que nous avons pu recueillir :
1)1 cm Ml FIUO «L'.VRDAMI IDDIO !
E 1)1 cm NON Ml FIDO Ml GLAUDERO 10.
<' Que Dieu me préserve de ceux auxquels je me confie ! je saurai » me garder de ceux dont je me méfie. »
VIVA LA SANTA ClllESA C, A. H.
<i Vive la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. »
VI VA ANDREA TARDIVELI.O, ORAFO Dl PADIA. RI ON
COMPAGNO ! VIVA I.OREN/O : NON POSSO TORNAR
INDIETRO, MA SPERO
(*) Valéry, Voyages en Italie, liv. \\.
Hi8 SOUVENIRS DITALIE.
« Vive André Tardivello, orfèvre de Padoue, bon compagnon ! <! Vive Laurent ! Je ne puis retourner en arrière, mais j'espère. »
NO.N Tl FmAR D ALCLNO : PENSA E TACl,
SE FIGIR VI 01 de' SPIO.M iNSIDlE E LACCI ;
IL PENTIRTl. IL PENTIRTI, NON Tl GIOVA !