MONTE-MARIO
Parvenus au sommet de Monte-Mario nous découvrîmes, non sans éprouver un sensible plaisir, le Tibre et les sept colline^s avec tous leurs dômes et l(;urs édifices, au-dessus desquels s'élève avec majesté, comme pour dominer toutes ces merveilles, la croix de la basilique de Saint-Pierre. Nous saluâmes avec respect cette croix et nous ne pûmes détacher nos regards de ce signe imposant, signe de folie pour les juifs, signe de gloire pour les chrétiens ! dominés par les sentiments qu'il nous inspirait, nous lui dimes : au revoir !
Pendant le trajet, qui fut assez long, nos cœurs furent subjugués par des émotions douces et profondes et nous continuâmes silencieusement notre course.
A partir de Monte-Mario, la route est sombre et triste, on se croit au milieu d'un désert et rien n'annonce au voyageur le voisinage des beautés de Rome. La campagne immense, que l'on découvre, est cependant dans plusieurs localités d'une fécondité admirable ; mais elle pourrait produire beaucoup plus encore, même en dépit de Yaère cattiva, si on allouait les terrains par parties à des fermiers intelligents, qui pussent les cultiver avec soin. Le grand mal est aujourd'hui qu'ils appartiennent presqu'exclusivement à des seigneurs, qui emploient des intendants, qui eux-mêmes ont leurs représentants subalternes dans la culture des champs, ce qui fait que l'agriculture ne reçoit pas une grande impulsion et les bras mal employés où indolents, 2oin des yeux du maître, augmentent énormément les frais.
Au temps de la moisson, de pauvres gens descendent des montagnes de la Sabine et des Abruzzes pour faire la récolte de la campagne de Rome ; on les rencontre alors dans ces vastes plaines par grandes troupes, r^angés sur une seule ligne et s'avançant lentement par mouvements réguliers au commandement des chefs. Pendant ces pénibles travaux, on n'entend que le bruit du fer qui tranche et de l'épi qui tombe ; leurs faux et leurs serpes brillent au soleil comme des armes. Le soir les airs retentissent des mélodieuses canzone des joyeux habitants de ces campagnes.
28 SOUVENIRS DITALIE.
Souvent, pour ces moissonneurs, le temps de la moisson est la cause de flè^"res intermittentes, par la transition du climat tempéré et de lair pur de leurs montagnes à celui d'une plaine brûlante, qui exhale parfois des miasmes très-nuisibles et qui produisent une mortalité quelquefois effrayante.
Ces vastes possessions ont dès longtemps banni des campagnes presque toute la population rustique. Dans la totalité de la contrée il n'y a pas un village, un hameau, nous disons même rarement une ferme: car la population champêtre ne vit que dans les bourgs et les villes, situés dans les montagnes.
A de grandes distances les unes des autres on voit dans la campagne des bâtiments qu'on appelle casale ; ils servent à l'exploitation des domaines; mais dans ces casale il n'y à ni familles, ni ménages, ils ne sont qu'un lieu d'asile ou les pâtres et les ouvriers dans la saison des travaux, se retirent le soir pour éviter l'humidité des nuits et manger les vivres qu'ils y apportent de la ville voisine. Il y a cependant plusieurs parties de ce territoire que l'on peut habiter sans de graves inconvénients. Sous d'autres points on a fait des travaux partiels d'assainissement, qui promettent d'heureux résultats.
Ici les bœufs sont de la plus haute taille et des plus belles formes; leurs cornes immenses donnent un aspect de fierté à leur attitude. Ces bœufs ont une souplesse et une toute autre démarcheque ceux des races du Nord ; aussi sont-ils chargés de tous les travaux et même du transport des marchandises, besogne dans laquelle ils surpassent les chevaux.
L'aere cattiva, cet air malsain, dont on parle généralement avec un sentiment d'effroi hors de la péninsule, règne principalement dans les mois de juillet, d'août et de septembre. C'est alors que le sirocco, ou vont du sud, se fait surtout sentir : ce 5/rocro appesantit la tête et jette tout le corps dans un malaise semblal)le à celui (le la fièvre. A Rome et dans tout le pays plat qui Icnvironne, l'intenipéric de l'air dure jusqu'au commencement d'octobre. Dans
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l'intervalle, l'air est constamment pesant et la terre n'est humectée qu'à la faveur d'abondantes rosées et d'orages assez rares. Pendant ce temps de sécheresse, sous un ciel très-serein, l'air de Rome est chargé d'exhalasions roussâtres et fétides en proportion du degré de chaleur, d'où résulte cette influence funeste à l'état sanitaire.
Les marais Pontins, (*) qui commencent à Treponte et dont le voisinage est si nuisible à la campagne de Rome, y répandent ces dangereuses exhalaisons. Le nom de marais Pontins vient, suivant Vasi, de Pometa, qui était une ville peuplée et considérable même avant la fondation de Rome, située, d'après quelques auteurs modernes, à l'endroit qu'on appelle aujourd'hui Mesa. Dans les temps les plus anciens, ajoute-t-il, ce pays fut si peuplé qu'on y compta, suivant le témoignage de Pline, jusqu'à vingt-trois villes. Indépendamment de ces villes, il y avait dans les environs un grand nombre de villas si considérables que les noms de quelques-unes se sont conservés jusqu'à présent ; entre autres celle de Titus Pomponius Atticiis, aux environs de Sezzia ; celle de la famille Antonienne, auprès du mont Antigano, où l'on voit encore des ruines nommées la Grotta del Campo ; celle de Mécène, près de Pantanello, où il reste de vieux murs et celle d'Auguste, qui était près du palais de la maison Cornelia, dans l'endroit appelé Maruti.
Mais, d'après Pline le naturaliste, des torrents et des ruisseaux innombrables, dont la source est au pied des montagnes et qui s'étaient creusé des lits profonds, d'où ils roulaient leurs flots limoneux jusqu'à la mer, près de Monte-Circello, vinrent à se déborder ; ils emportèrent les digues, qui les tenaient captifs, et submergèrent le territoire populeux et riche qui s'étendait depuis la ville de Pometium jusqu'à la presqu'île de Circé. L'Astura, la Ninfa, la Teppia, l'Amazeno, l'IIfente et l'Acqua-Puzza, toutes ces rivières.
{*) Ils ont environ vingt-quatre milles de long, sur six ot même douze de largeur en quelques endroits.
30 SOUVENIRS DITAKIE.
dans cette grande inondation, renversant les digues qui les contenaient, se réunirent et inondèrent cette opulente et fertile région, où les eaux, devenant stagnantes, exhalèrent des vapeurs pernicieuses qui corrompirent jusqu'à lair des cités, construites sur les hauteurs à une grande distance, et Rome même ne fut pas à l'abri de ce fléau.
Cependant il paraît que cette contrée avait toujours été marécageuse et sujette aux inondations, car on croit qu'Appius, Tan 442 de Rome, a été le premier qui ait fait travailler aux marais Pontins, lorsqu'il y fit passer la fameuse route qui porte son nom. Il y avait des canaux, des ponts et des chaussées, dont il reste encore debout des parties considérables ; malheureusement les guerres qui survinrent aux Romains, les détournèrent longtemps du soin de lentretien qu'exigeait ce canton et furent cause des inondations qui s'ensuivirent.
Plut arque, Suétone et Dion disent que Jules-César avait eu avant sa mort le vaste projet de porter l'embouchure du Tibre vers Terracine, pour rendre le commerce de Rome plus facile, donner un écoulement aux marais Pontins et dessécher ainsi les campagnes.
Octave repi'it le projet de dessèchement et fit faire en difierentes directions plusieurs canaux qui portaient les eaux à la mer. L'empereur Trajan, selon Dion, fit paver le chemin (|ui traversait les marais Pontins et bâtir des ponts et des maisons, ainsi que le prouve une inscription, gravée sur une pierre à la tour de Trepontc, sur la voie Appienne
Pendant la décadence de l'empire, continue Vasi, l'inondation des marais Pontins avait recommencé ; Thcodoric, roi d Italie, les fit dessécher par Basilius Décius avec tout le succès qu'on en pouvait espérer et l'inscription faite à ce sujet se voit répétée à Mesa et près de la cathédrale de Terracine.
Boniface VIII fut, dit-on, le premier Pape qui s'occupa du dessèchement des marais Pontins; puis Martin V, Sixte V, le tentèrent également ainsi que leurs successeurs. Mais à Pie VI était réservé
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l'honneur de combattre cette hydre avec plus de succès. Considérant qu'il pouvait rendre à l'agriculture vingt mille rubbii (*) de terrain, il fit faire par Cajétan Ripani de nouveaux nivellements de ces marais dans tous les sens ; cet ingénieur reconnut qu'on pouvait rassembler les eaux du canal contigu à la voie Appienne, qui marquait leurs anciennes directions, et les faire aboutir dans la mer à Torre-di-Badino, et c'est ce qu'on appelle Linea Pia, du nom de ce Pontife, qui en entreprit l'exécution en 1778. Divers canaux conduisent les eaux dans deux autres canaux plus grands, ce qui empêche la stagnation. Plusieurs fois Pie YI, ce Pape si plein de vertus, de courage et de persévérance, s'y porta en personne et n'épargnant ni soins, ni dépenses, il conduisit cet ouvrage à tel point qu'aujourd'hui presque toute cette vaste campagne est devenue cultivable, l'air moins malsain et la voie Appienne, autrefois sous les eaux, fut rétablie.
Le grand canal, appelé Naviglio grande, sur lequel Horace navigua en allant à Brindes, est celui que Pie VI a fait restaurer en même temps que la route ; le but fut de profiter d'une pente de sept pieds qui existe dans le niveau des marais de leur point le plus élevé jusqu'à la mer, pour ouvrir des parallèles de distance en distance destinées à y verser les eaux. Il n'y eut sous Pie VI que deux grandes parallèles terminées avec leurs affluents ; mais le succès complet de ce travail a indiqué aux ingénieurs qu'il suffisait définir l'entreprise d'après ce système pour rendre à la culture tout le sol des marais.
Les marais Pontins sont devenus depuis ce temps moins insalubres. Il faut toutefois, pendant les mois de juillet, d'août et le commencement de septembre, s'arranger de manière à ne les traverser qu'au moins une heure après le lever du soleil, et éviter de s'y trouver au moment de son coucher. Il est bon que l'estomac ne soit ni vide, ni trop chargé, et l'on doit se garder de s'endormir.
{') Uu ccul mille arpciils.
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Le mois d'octobre est un temps de réjouissance pour les Romains et les cultivateurs decesimmpnsescampairnes. Des troupes joyeuses, vêtues de couleurs éclatantes, coiffées de chapeaux garnis de fleurs, de plumes et de rubans, parcourent les champs, dansant la saltarella, au bruit du tambour de basque et de la mandoline, chantant la ballade populaire -. « Vira ottobre che spasso ci dà. » Vi\ e le mois d octobre et ses réjouissances ! De légers véhicules promènent le peuple, vêtu du costume des anciens Romains, au Monte Testacio, tandis que les équipages de la noblesse défilent à la Porta Pia. Cette fête est surtout intéressante pour les costumes caractéristiques et pittoresques qui, tout en rappelant des souvenirs historiques, décèlent le goût exquis du peuple qui les porte.
Storta, qui ne tarde pas à se montrer sur une route monotone, est un village assez pauvre. Ce fut là, à ce qu'on croit, que Notre Seigneur apparut à saint Ignace, qui se rendait à Rome pour faire approuver son ordre ; une voix lui dit alors : u Ego vobis Roma^ i)ro- ])itius ero. » « Je vous serai propice à Rome. » Le père Thyrsus Gonzales, général de l'ordre, fit bâtir, en 1700, une chapelle au même endroit où l'on prétend que cette apparition eut lieu.
Monterosi est un villlage qui n'offre rien d intéressant. A quatre milles de ce dernier bourg et à huit lieues de Rome, on aperçoit sui' une petite éminence l'antique ville de Xépi, aujourd hui très- |)auvre, qui s'appelait autrefois Xepeta. (*) Elle est arrosée par les eaux de la petite rivière Triglia. Cette ville qui depuis l'an 37 de Rome était une colonie romaine, (**) fut mise plus tard au rang des municipes, dont il est souvent parlé dans les inscriptions qui y existent encore. Tite-Live appelle cettt^ plac(> une des deux portes de Rome du coté de lEtrurie. Ses habitants, ayant fait cause commune avec les Etrusques contre les Romains, se virent assiégés
(*) Celte ville a eu plu.siiMirs flriininiiinlioiis qui hnilos no dill'rroiil ' que par Icur.s dernirres U'ilrcs.
(••) Tilo-Live, lih. VI, c.ip \\l.
dans leurs murs, par le consul Valcrius, envoyé pour réprimer les troubles et étouffer l'insurrection. Ce général, avec la générosité antique du peuple-roi, pardonna aux vaincus, se contentant de faire passer au fil de l'épée ceux qui avaient provoqué l'émeute.
Népi conserve parmi ses antiquités l'inscription suivante, dans un état parfait de conservation.
HF.RENM.\E. G. F. JLSTAE.
M. .\PIST1LS. M. F. P.\L. SABINLS. DLTMMU.
VEJOS. ini. MR. NEPETE.
Non loin de l'hôtel-de-ville on rencontre un superbe péristyle très large, au milieu duquel est une fontaine, soutenue par cinq arcades ; le fronton se trouve surmonté d'une horloge.
Au moyen âge Népi était une bonne forteresse : cette seigneurie et la principauté de Camerino furent données au Saint-Siège par Pierre Louis Farnèze, en échange de Parme et de Plaisance, que lui céda le Pape Paul III.
C'est à Népi que le désert commence dans toute son horreur ; les arbres et les buissons s'amaigrissent et finissent par disparaître. La campagne de Rome, à son extrême frontière, déploie une stérilité et une désolation complète, qui s'étend jusqu'à l'horizon le plus reculé.
Pour dissiper l'ennui qui commençait à nous gagner dans ces lieux dénués des agréments qu'ailleurs on rencontre à chaque pas en Italie, notre Vetturino^ homme d'une imagination ardente, se faisait un plaisir de nous raconter une foule d'anecdotes, dont on sait que les Italiens en général ne sont pas avares. Il tâchait de nous faire comprendre que, peu de temps avant, des vols, accompagnés de circonstances atroces, venaient d'être commis par des brigands, sur la route même que nous venions de parcourir. Cependant, malgré tout ce qu'on débite de nos jours, ces guet-à-pens ne sont pas tout-à-fait aussi ordinaires, qu'on le voudrait faire
accroire. Il en est des brigands de grands chemins, comme des Lazzaroni dans les rues de Naples ; il faut presque les chercher pour les rencontrer. Nous n'aperçûmes pas l'ombre d'un danger ; car le gouvernement romain entretient de bonnes patrouilles qui occupent perpétuellement les routes, et comme surcroit de précaution, les voyageurs ne se hasardent pas de les fréquenter la nuit ; les Vetturini d'ailleurs n'accepteraient pas de faire des courses nocturnes.
La modeste manière de voyager en Italie par Vetturini est sans contredit la plus commode ; ce sont eux qui se chargent de toute la dépense ; ce qui fait que l'on a moins à s'inquiéter du matériel de la vie. Ils servent pendant la route de ciceroni et sont d'ordinaire de très honnêtes gens ; mais spectateurs accoutumés des merveilles de l'art ou des beautés de la nature, leur indifférence stoïque contraste avec l'étonnement et l'enthousiasme des personnes qu'ils conduisent. Voyager n'est pour eux qu'une routine ; leur esprit est positif; leurs petites stations, arrêtées d'avance, sont irrévocables.
Le prix du Vetturino en Italie est d'ordinaire pour une place de douze à quinze francs par jour, quand on prend la voiture entière. Mais il y a déduction de quatre francs par jour pour chaque place vacante que vient occuper un nouveau compagnon. La moitié du prix convenu se paie à mi-chemin et le restant lorsqu'on est arrivé à l'endroit désigné ; ce qu'il y a de particulier, c'est que les conditions du voyage sont écrites sur un bulletin imprimé, que délivre le bourgmestre de la place d'où l'on part et sur lequel le voyageur et le Vetturino apposent leur signature. 11 est bien de ne pas comprendre dans le traité la bonne main [buona mano) et de se réserver la faculté de gratifier le conducteur, suivant qu'on aura eu plus ou moins à se louer de ses |irocédés. Cette précaution est surtout nécessaire pour les petits trajets qui parfois (le\ ienncnt d'une lenteur insupportable, tandis qu'une promesse de bonne m;iin vous asservit le Vetturino et rend cet homme docile et corn|)lai.sant.
Les conditions une fois acceptées, votre conducteur vous donne
VF/niltl.M. ;{.')
une pièce do monnaie comme garantie du contract. Toutes ces mesures ont été prises pour empéclier dorénavant toute connivence entre le Vetturino et les bandits ; car autrefois il n'était pas rare de voir des voyageurs livrés aux brigandages par ceux-là mémo qui les conduisaient. Du reste on calmait aisément ces malfaiteurs de convention et il ne fallait que leur donnei- une certaine somme, qu'ils partageaient ensuite avec le Vettimno.
CIVITA CASTELLA.i\.V.
Etinm perièrc ruina*.
Cinq heures après-midi sonnaient à l'horloge de CivitaCastollana, lorsque nous arrivâmes dans cette ville. Le voyageur, impatient d'une halte, y est reçu avec cette cordialité qui plait tant dans les Italiens, parcequ'elle leur est si naturelle.
Civita Castellana n'est plus aujourd'hui qu'une ville mal biitic, pauvre et déserte; elle est située sur le sommet d'une montagne escarpée, à 34 milles de Rome.
De petites rivières baignent ses côtés, excepté celui qui s'appuie contre la montagne. Deux de ces rivièies se jettent dans la Trcjii qui se décharge trois milles plus loin dans le Tibre.
Celte ville a quatre portes (jui regardent les quatre points cardinaux. Les savants se sont beaucoup disputés pour savoir quel nom les Romains avaient donné à cet oppidum. Quelques-uns pensent que cette ville n'est autre que la fameuse Véïes, dont Furius Camillus .se rendit maître, après un siég(ï de dix ans. (*) Or dans la citadelle de Véïes, il y avait un temple con.sacré ù Junon. Le dictateur avait promis ù cette divinité de la transporter ii Rome, afin d'illus-
(•) n.ironiiis est de rc sciiliincnt : (Inslcllanum oppidum, diclum .'iiiliqiiilus Vejos. — (.\iiii<'il. ;iii ami. lUK'i.)