‹ Souvenirs d'un Aide de Camp du roi JérômeChapitre 9 sur 27 · B LAN QUI · texte numérisé non relu

B LAN QUI

« ta décembre 1852. »>

Le roi Jérôme avait adressé mon histoire du 9° corps de la grande armée au général Marchand qui avait été son chef d’état-major général lors de la campagne de 1812. Le vieux général le remercia de cet envoi par la lettre que voici :

nu roi jérome

«Grenoble, le 11 février 1851.

« Monsieur le Maréchal.

« J’ai reçu la lettre que vous m’avez l'ait l’honneur de m’écrire, ainsi que les (leux, volumes comprenant l’histoire du 9° corps de la grande armée dans la campagne de 1806 et 1807 en Silésie. Je suis bien sensible à la bonté que vous avez eue de vous souvenir de moi dans celte circonstance. Je lirai celte histoire avec un grand intérêt, puisque c’est voire corps d’armée qui y a joué le principal rôle.

« Monsieur le capitaine du Casse a une très bonne idée d’entreprendre le récit de la campagne de 1812 ; s’il peut dérouler les causes de - ce grand événement, il sera bien intéressant. Je regrette bien de n’avoir pu conserver aucun des matériaux que j’avais en ma possession, ha retraite de Moscou a été si meurtrière que tout a été perdu en roule, et que je n’ai conservé qu’un petit porte-manteau que j’avais sur le

derrière de la selle de mon cheval où il y avait quelques chemises-

« Mon grand âge, puisque j’approche de quatre-vingt-six ans, a fait disparaître tous mes souvenirs des noms des pays et des différentes affaires. Je ne pourrai trouver dans ma mémoire la possibilité de faire aucun récit exact.

« La vieillesse m’a également empêché de pouvoir faire un voyage à Paris pour aller vous présenter mes respects ; elle est escortée de quelques petites infirmités qui ne me permettent pas d’entreprendre aucun voyage.

« Je n’ai point oublié que j'avais été votre chef d’état-major dans cette campagne, et c’est bien un des plus glorieux souvenirs de ma vie militaire.

« Agréez, Monsieur le maréchal, l’hommage de mon profond respect et de ma haute considération.

« Le général de division en retraite,

« Comte marchand. »

Voici deux autres lettres du général de Per

netty commandant l’artillerie de Jérôme en Silésie.

« J'avais déjà lu, monsieur, la belle relation des opérations du corps d’armée de S.M. le roi Jérôme en Silésie.

« Je vous prie de lui faire agréer tous mes remerciements de l’envoi des deux volumes qui les retracent complètement.

« Vous aurez la bonté de lui remettre la brochure que je joins ici et d’en accepter une pour vous-même.

« Je serai charmé de vous voir, monsieur, et de vous encourager à continuer vos travaux.

« Mille choses affectueuses,

« Général de Pernetty. »

a Paris, 2 mars 1852.

« Je m’empresse, monsieur et cher capitaine, de vous remercier de l’envoi du volume des Mémoires sur la campagne de Russie en 1812, accompagné de pièces authentiques.

Je les ai lus avidement; je vais les étudier. J’ai observé particulièrement la marche du 7e corps de la grande armée commandé par le roi de Westphalie. J’ai surtout été intéressé par les détails qui y sont consignés sur l’incertitude où l’on était des mouvements des divers corps de l’armée russe et le bouleversement du sol lithuanien par une effroyable tempête. Je conçois comment plusieurs causes ont empêché le 7e corps de joindre et de poursuivre activement dans sa retraite le prince Bagration qui, heureusement arrêté en avant de Minsk par le maréchal Davout, ne put rejoindre le général Barclay de Toly.

« C’est un point d’histoire qu’il importait d’éclaircir, des auteurs ayant cherché à jeter quelque blâme à ce sujet sur le très honorable et actif commandant du 7e corps de l’armée française.

« Je vous prie de présenter au prince mes hommages très respectueux et toujours sincèrement dévoués.

« Recevez, monsieur et cher capitaine, avec

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mes félicitations, l’assurance de ma parfaite estime et de tout mon attachement.

« Le général de division,

« Pernetty. »

Voici maintenant une lettre qui me fut écrite à l’occasion de la même publication. Elle est du père du général Lhotte, aujourd’hui un des plus brillants généraux de cavalerie, président du Comité de cette arme et inspecteur permanent.

« Monsieur,

« Vos articles sur les compagnies du roi de Westphalie, que j’ai lus avec intérêt dans le Moniteur de l'armée , m’ont fait penser que vous jouissiez de toute la confiance de Sa Majesté. Je prends la liberté de réclamer votre obligeance pour rappeler au souvenir du roi un fait d’armes qui me concerne, et qui peut être pour moi d’un grand intérêt aujourd’hui que le prince Napoléon daigne récompenser les vieux services rendus sous l’Empire.

« Pendant la campagne de 1815, je servais en qualité de lieutenant en 2e aux lanciers rouges de la garde impériale, 6° corps, faisant partie de la division légère de la garde, commandée par le général Lefebvre-Desnôettes.

« Le 16 juin, vers trois heures du soir, je fus détaché du régiment avec mon peloton pour ramener les fuyards de la division du roi de

Westphalie qui étaient repoussés du bois de .

Je fis la rencontre du roi exposé seul aux balles, et au milieu des tirailleurs ennemis, se consacrant en efforts impuissants pour exciter de jeunes soldats qui voyaient peut-être le feu pour la première fois. Electrisé par la présence de Sa Majesté, et voyant tout le danger qu’elle courait, je n’hésitai pas de charger vigoureusement, avec mon faible détachement, la masse de tirailleurs ennemis. Les sabrer, les refouler jusque dans le bois, sous les yeux du prince, fut l’affaire d’un instant, mais j’avais laissé sept de mes braves sur le champ de bataille. Rallié auprès du roi, il daigna m’honorer de ses éloges, me demanda mon nom, l’inscrivit sur

DU KOI JÉRÔME

ses tablettes, avec l’assurance de le signaler à la bienveillance de l’empereur.

« Le désastre, à jamais regrettable, de Waterloo, m’ôta l’espoir de faire valoir ce fait d’armes qui pouvait avoir la plus heureuse influence sur ma carrière militaire.

« J’ai l’honneur de vous adresser une copie dûment légalisée de mes états de service, avec prière de les soumettre au roi pour les apostiller , s’il a conservé traces ou souvenir de cette épisode. Dans le cas contraire, vous voudrez bien, monsieur, excuser ma démarche et la considérer comme non avenue.

« Agréez néanmoins mes remerciements et l’expression des sentiments de reconnaissance, avec lesquels j’ai l'honneur d'être.

« Votre dévoué serviteur,

'« Lhotte,

« Capitaine lie cavalerie en retraite, rue Sainte-Elisabeth, 186, à Lunéville. »

« P. -S. — J’ai aujourd’hui deux fils au service : l’un en Afrique, capitaine à l’état-major du gé-

nie, l’autre capitaine instructeur au 1er régiment de cuirassiers. »

Je m'empressai de mettre cette lettre du brave officier sous les yeux du prince Jérôme, qui se rappela parfaitement ce glorieux épisode de 1815.

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