FUITE AVEC BERNARD
Le lendemain, je discutais avec Morel les conditions du nouveau bail que j'avais rédigé d'avance, et qu'il signa après quelques débats. J'allais repartir, lorsqu'une douzaine de gendarmes s'arrêtèrent à la porte extérieure de la ferme. Le brigadier en laissa la moitié en observation. Morel avait pâli en les apercevant; il fit un signe à sa femme, qui disparut aussitôt. 'Dans ce moment le brigadier entrait.
— Bonjour, compère, dit-il brusquement.
— Bonjour, monsieur Riou, répondit le paysan en ôtant son chapeau d'un air craintif.
— Je parie que tu sais ce qui m'amène.
— Faites excuse, monsieur Riou... à moins que ce ne soit pour quelque nouvelle réquisition.
— Justement, une réquisition de corbeaux! s'écria le brigadier avec un rire brutal.
Le fermier eut l'air de ne pas comprendre.
— Allons, tu sais bien ce que je veux dire, reprit le gendarme ; tu as ici des locataires suspects... et d'abord en voici un qui n'est pas de la maison.
En parlant ainsi, il s'était avancé vers moi.
— Votre nom? me demanda-t-il.
Je me nommai.
— Que faites-vous ici?
Je le lui dis. Il allait m'adresser de nouvelles questions, lorsqu'un gendarme qui avait servi dans la brigade de Guingamp me reconnut; il assura que j'étais un patriote solide et un homme établi.
— Alors, ce n'est pas ce que nous cherchons, reprit Riou.
Et s'adressant de nouveau au fermier :
— Voyons, vieux, dit-il, faisons les choses comme de bons enfants; je viens chercher le citoyen Bernard, calottin insermenté; montre-moi ses appartements, que je lui remette une carte de visite de la part du procureur-syndic.
— Je ne connais point de citoyen Bernard, dit le fermier en voulant jouer l'étonnement.
— Assez, assez, vieux renard ! s'écria Riou ; ce n'est pas un ancien garde-française comme moi qui se laissera faire au môme par un pékin. Tu ne veux pas nous ouvrir la cage de ton hibou? suffit.
Et se tournant vers ses hommes :
— Fine-Mouche, va me chercher le particulier qui se permet de nous faire faire antichambre ; amène tout ce que tu trouveras, depuis les mioches qui font leurs dents jusqu'aux anciens qui n'en ont plus; je resterai pour
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les interroger. Suivez-le, vous autres, et fouillez-moi toute la baraque eomme la poche d'un noyé.
Ils sortirent, et nous restâmes seuls avec le brigadier. Il se tourna vers Morel.
— Tu as tort, compère, lui dit-il, de te faire l'aubergiste des insermentés... Tu es déjà signalé à l'autorité, et un de ces jours j'aurai le désagrément de te lier les pouces pour te conduire au couvent des voleurs. D'ailleurs, vois-tu, mon vieux, la nation veut que les curés prêtent serment... La nation, c'est moi, c'est toi... ni moi ni toi nous ne devons donc protéger les insermentés.... C'est clair, ça... c'est du raisonnement...
Morel se grattait la tête sans répondre.
— Ajoute, reprit le brigadier, que c'est une bêtise de lutter contre le peuple... autant vaudrait que ton petit doigt se révoltât contre tes deux mains. Aussi, je t'engage à devenir patriote, père Morel... parce que, règle générale de conduite, il faut toujours être de l'opinion qui a pour elle la gendarmerie.
— Je ne dis pas, monsieur Riou, répliqua le paysan d'un air distrait et en écoutant.
— Rien ne nous échappe, vois-lu, continua le brigadier : ton insermenté, par exemple, tu le croyais bien caché; mais on l'a rencontré l'avant-dernière nuit, qui venait sans doute de confesser quelque jeune fille; il a été suivi, et on l'a vu entrer dans ton courlil.
Morel parut déconcerté.
— Tu vois que nous sommes au fait, reprit le gendarme d'un ton capable. On sait, de plus, que Bernard est un souffleur de chaud et de froid qui forcerait les arbres à se battre. Il a déjà fanatisé toutes les paroisses du canton; depuis qu'il est ici, les enfants nous jettent des pierres par-dessus les haies, et les chiens aboient en voyant nos uniformes; aussi son compte est bon : au district, ils sont bien décidés à donner un exemple aux calottins, en faisant pour celui-là la dépense d'une cravate de chanvre.
Morel regarda le brigadier avec un certain effroi. Je voulus le rassurer.
— Le refus de serment n'entraîne point de peine aussi grave, observai-je, et la loi ne punit point de mort les prêtres réfractaires.
— Non ; mais elle punit de mort les chefs de complots, les prédicateurs de révolte, et c'est pour ces crimes que le particulier en question sera jugé.
— Quelle preuve aura-t-on contre lui?
— Des lettres que j'ai saisies hier, moi-même, chez le curé de Matignon.
Je regardai Morel ; il parut hésiter un moment. — ■ Heureusement, dit-il enfin, que M. Bernard %st sauvé maintenant.
— Gomment cela? s'écria le brigadier.
— 11 est parti il y a trois heures.
— C'est impossible !
— Avant le jour.
— Et où allait-il?
— Où Dieu l'aura conduit. Maintenant les pauvres prêtres ne peuvent pas dire le matin où ils coucheront le soir.
— Tu veux me tromper, Morel ; il est ici, j 'en suis sûr.
— Vous verrez vous-même, monsieur Riou.
Le brigadier parut ébranlé par le sang-froid du paysan ; je ne savais moi-même ce que je devais croire ; mais mon incertitude ne dura pas longtemps. Les gendarmes reparurent avec la fermière, des filles de bassecour et plusieurs garçons de charrue. Je reconnus, au premier coup d'oeil, Bernard parmi ces derniers ; il portait l'habit de gros drap, la culotte de toile et les sabots garnis de paille ; mais il semblait gêné dans ce costume. Le brigadier ne s'y trompa point. Après avoir successivement examiné tous les valets, il s'arrêta devant le prêtre; Morel laissa échapper un mouvement, et nos regards se rencontrèrent. Je lui fis signe de se rassurer. Je venais de prendre subitement la résolution de sauver, s'il était possible, l'ancien vicaire de Coëtmieu. Après l'avoir examiné, Riou se tourna vers le fermier,
— Depuis quand tes garçons mettent-ils des gants pour labourer la terre? demanda-t-il ironiquement.
— Des gants ! répéta Morel surpris.
Le gendarme prit le bras de Bernard, et montrant ses mains blanches :
— Connais-tu beaucoup de valets de charrue qui aient cette peau-là?
Je ne laissai point au fermier le temps de répondre.
— Aussi n'est-ce point. un valet de charrue, interrompis-] e.
— Qu'est-ce que c'est donc, alors?
— Mon garçon de magasin.
Il me regarda d'un air de doute.
— Votre garçon de magasin qui se trouve ici?
— Parce qu'il m'a suivi.
— Dans ce costume?
— C'est celui de son village, et je n'ai pas de raison pour le lui faire quitter.
Il réfléchit un instant.
— Pouvez-vous donner une preuve, citoyen, répondit-il, que ce garçon est à vos gages?
Je me rappelai le passe-port que j'avais pris pour Michel et pour moi, et je le tirai de ma poche sans hésiter. Le brigadier le lut avec attention. Le signalement de Michel répondait assez mal, comme on doit le penser, à l'extérieur de Bernard; le gendarme m'en fît l'observation.
— Vous devez savoir depuis longtemps, répondis-je en souriant, que les commis aux passe-ports ne se piquent point d'exactitude.
Il parut hésiter; mais enfin la prudence remporta.
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— Tout ça n'est pas clair, dit-il; le syndic verra à débrouiller la chose. Vous nous suivrez à Lamballe.
— Je ne vais point de ce côté , répondis-je tranquillement.
— Vous vous détournerez de votre route.
— Je n'en ai ni le temps ni la volonté.
— C'est ce que nous verrons.
— Sur-le-champ : attelez mon cheval, Morel, je vais partir.
Morel sortit, et je m'assis en l'attendant. Mon sangfroid avait déconcerté le brigadier, qui voulut recourir aux raisonnements. Je le laissai dire ; il finit en me déclarant que si je refusais de le suivre volontairement, il emploierait la force.
— Avez-vous un mandat d'arrêt contre moi? demandai^ e.
— Non.
— Suis-je inconnu et sans papiers?
— Je ne dis point cela.
— Alors, réiléchissez à ce que vous allez faire, et rappelez-tons que je vous rends responsable personnellement de tout retard apporté h mon voyage.
J'avais pris un ton de roi; le brigadier était visiblement embarrassa. Il prit à part Fine-Mouche et parut le consulter. Au même instant, Morel entra en m'annonçant que la voiture m'attendait. Je m'avançai vers la porte avec Bernard; les gendarmes nous lais-
sortir. J'allais monter dans le char-à-bancs, lorsque le brigadier m'arrêta.
— Ainsi, vous refusez de venir à Lamballe? me demanda-t-il.
— Je refuse.
— Et vous allez à Saint-Brieuc?
— C'est mon intention.
— Alors, nous vous suivrons.
— Vous êtes libres.
— Et vous vous ferez reconnaître là-bas aux autorités?
— Soit.
Les gendarmes montèrent à cheval et nous partîmes. Ma position commençait à devenir embarrassante. Bernard ne pouvait manquer d'être reconnu à notre arrivée, et j'allais être compromis sans avoir réussi à lui être utile. Persuadé, toutefois, qu'il ne restait d'autre chance de salut que Taudace, je faisais bonne contenance, continuant à marcher sans presser le pas, et suivi à peu de distance par Riou et sa troupe. Nous arrivâmes ainsi au village. Comme nous détournions le chemin, je crus reconnaître de loin, à la porte du maréchal ferrant, le fermier Morel, qui, en m 'apercevant, se retira vivement. Il nous avait précédés, sans doute, en suivant le chemin des bruyères. Mais pourquoi était-il venu et que faisait-il là?... Nous arrivions à la porte du maréchal, lorsque celui-ci sortit de sa forge
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en chantant, comme un homme ivre, et me fit un signe. J'arrêtai mon cheval.
— Je vous attendais, me dit-il d'une voix avinée ; j'ai quelque chose à vous remettre.
— A moi?...
Il me regarda de l'air d'un ivrogne qui veut se faire malicieux.
— Cherchez, cherchez, reprit-il en balbutiant; n'avez-vous rien perdu hier, quand vous êtes passé par ici?
— Rien.
— Bah! venez voir, venez voir, là, dans la forge. J'hésitai à descendre.
— Dites que vous avez perdu un fouet, murmura-t-il rapidement.
Je tressaillis. Il me regarda en riant.
— Eh ben? reprit-il.
— Je me rappelle maintenant... un fouet. Il frappa dans ses mains.
— A la bonne heure, donc!... Venez voir si c'est ben lui.
Je descendis, et le brigadier en fit autant, mais resta à la porte. J'entrai avec le maréchal, qui alla me chencher un fouet, que je me hâtai de reconnaître.
— Je m'en doutais, dit-il, en parlant de manière à ce que le brigadier l'entendît. Je croyais ben l'avoir vu hier entre les mains de votre garçon, car c'est votre
garçon que j'ai reconnu tout à l'heure... lui et le cheval... Et pourtant, j'étais pas sûr, parce que ce matin il est venu ici, avant le jour, un cavalier qui m'a fait ferrer sa monture... et lui aussi pouvait bon avoir oublié... d'autant plus qu'il était pressé.
Et s'approchant de mon oreille avec une apparence de mystère :
— Pressé comme un blaireau qui a senti les chiens... Vous comprenez?
— Oui, dis-je; c'était un noble... ou un insermenté.
— Juste!... Je n'ai rien dit; mais je l'ai bien reconnu... Ça venait de Locmora... Un fameux prédicateur! à ce qu'ils disent dans le pays... M. Bernard, quoi!
— Et il allait à Dinan?
— Possible, quoiqu'il ait pris la route de Matignon... Mais, chut!... je vous dis ça en confidence, bourgeois... parce que je voudrais pas qu'il lui arrive malheur, voyez-vous... Je suis un chrétien, moi, baptisé, confirmé, et tout... et les insermentés, c'est les bons... les j ureurs, j e voudrais faire une enclume avec leurs têtes !.. .
— A la bonne heure, dis-je en gagnant la porte; mais prenez garde qu'on ne vous entende.
— Il n'y a plus personne, répondit le maréchal en jetant un regard rapide vers le seuil.
En effet, le brigadier venait de rejoindre ses hommes et remontait à cheval. Je regagnai mon char-à-bancs, et j'allais partir, lorsqu'il me souhaita un heureux voyage.
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— Vous ne venez donc plus à Saint-Brieuc? demandai-je avec une feinte surprise.
— Non, me répondit-il en tournant bride.
Et il prit, avec ses gens, le chemin de Matignon. A peine l'eus-je perdu de vue que je mis mon cheval au galop, de crainte qu'il ne se ravisât. Nous fîmes une lieue ainsi, en silence, et nous détournant de minute en minute pour nous assurer que nous n'étions point poursuivis.
— Décidément, ils nous ont abandonnés, dis-je à mon compagnon, et j'espère que vous leur échapperez.
— Grâce à votre générosité, monsieur.
~ Je vous savais en danger de la vie, j'ai dû tout faire pour vous sauver.
— Comment vous remercier de vous être ainsi exposé pour un inconnu?
Je souris et je secouai la tête.
— Vous vous trompez, dis-je; l'ancien vicaire de Coëtmieu n'est pas un inconnu pour moi.
— Comment cela? dit-il en me regardant.
— Avez-vous oublié cet enfant qui ne voulait point devenir un mauvais prêtre , et que vous reteniez des mois entiers au pain et à l'eau pour lui donner de la vocation?
— Baptiste! s'écria-t-il.
— Lui-même.
— Quoi! vous seriez...
— Ce mauvais .sujet dont vous vous étiez fait le fidèle geôlier, et qui, dans son désespoir, jura tant de fois de se venger.
Bernard me regarda avec une sorte d'épouvante.
— Vous voyez que mes vœux ont été exaucés, ajoutai-je. Le souvenir du service que je vous rends -vous punira assez du mal que vous m'avez fait.
— En violentant vos inclinations, je remplissais un devoir, balbutia le prêtre, embarrassé.
— Comme moi j'en remplis un en vous sauvant de la corde. Chacun a sa mission ici-bas et comprend le devoir à sa manière.
Bernard rougit légèrement.
— Vous avez agi en chrétien, monsieur, dit-il d'une voix un peu altérée; Dieu vous en tiendra compte. Du reste, j'espère ne pas vous exposer longtemps désormais. Le château de AI. le marquis de Lormier doit être peu éloigné?
— D'une lieue environ.
— Dès que nous l'aurons atteint je vous quitterai.
— Pourquoi?
— J'espère trouver chez le marquis une retraite sûre.
— En effet, repris-je, son château est un centre de conspiration où vous serez reçu avec joie; vous aiderez M. de Lormier à soulever les paroisses contre les villes.
— Qui vous fait supposer?..
— Je ne suppose rien; j'ai entendu voire prédication de la nuit dernière.
— Vous !...
— Moi... et j'ai lu, de plus, des actes de foi, d'espérance et de charité, écrits de votre main, et qui ne laissent aucun doute sur vos sentiments.
— Je ne cherche point à les cacher, dit-il avec une sorte d'impatience hautaine, et la preuve, c'est que j'étais proscrit. Oui, tant que j'aurai une voix, je crierai aux fidèles de défendre leur foi au péril de leur vie.
— C'est-à-dire que vous prêcherez la guerre civile.
— Je leur dirai d'imiter ceux de la tribu de Lévi, qui devinrent des saints pour avoir frappé leurs frères, prosternés aux pieds des idoles.
— A la bonne heure; mais comme moi je suis un de ces frères, que j'aime mes idoles et que je n'ai nulle envie d'être frappé par vos lévites bas-bretons, je vous déclare que vous n:irez point au château de Lormier.
— Et où donc me conduirez-vous? demanda-t-il.
— Au Légué.
— Je n'y connais personne.
— J'y connais, moi, un capitaine qui se chargera de vous conduire aux îles anglaises.
Bernard se leva à demi.
— Aux îles anglaises! répéta-t-il, je n'y consentirai jamais; vous ne pouvez disposer de moi ainsi contre
ma volonté... Arrêtez, monsieur; je ne suis point votre prisonnier... Je veux descendre ici.
Pour toute réponse, je fouettai mon cheval ; il voulut s'élancer sur la roule, mais je le retins.
— Vous ne me quitterez pas, lui dis-je d'un ton ferme. J'ai rempli mon devoir d'homme en vous arrachant à la prison ou à la mort; il faut que je remplisse maintenant mon devoir de citoyen en vous empêchant de fomenter ici la guerre civile. C'est à cette condition seulement que je serai excusable de vous avoir sauvé.
— C'est-à-dire, s'écria-t-il, que vous vous faites mon juge et que vous me condamnez à l'exil !
— Je vous condamne seulement à vivre sans nuire. Si votre départ est nécessaire pour cela, il ne faut vous en prendre qu'à vous-même; moins dangereux, vous auriez pu rester. Je n'obéis ni à une haine de parti ni à une rancune personnelle; tout ce qui vous manque, vous pouvez me le demander ; j'assurerai votre fuite, je pourvoirai àvos besoins ; mais je ne vous laisserai point conspirer contre le pays par ma faute et sous mes yeux, parce que ce serait m'associer à votre trahison. Cet exil, d'ailleurs, dont vous vous plaignez, la plupart de vos pareils l'ont choisi comme le moindre des maux et la seule voie de salut; vous irez les rejoindre.
Il voulut répondre, mais je l'interrompis.
— Ma résolution est prise, ajoutai-je, rien ne la changera: vous êtes à ma merci, vous le savez ; toute résis-
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tance serait inutile et ne pourrait que vous perdre. Soumettez-vous donc, quitte à vous venger plus tard.
Il me lança un regard de basilic, croisa les bras et murmura d'une voix sourde une menace que je n'entendis pas. Nous arrivâmes le môme jour à Saint-Brieuc, d'où je me rendis au Légué. J'arrêtai le passage de Bernard à bord d'une barque dont je connaissais ie patron, et il partit la nuit suivante pour Guernesey. J'appris plus tard qu'il s'était rendu à Londres, où il prit une part subalterne à toutes les intrigues des émigrés. Il revint même plusieurs fois en Bretagne, avec des messages pour M. de Puisaie, fit partie de l'expédition de Quiberon, et retourna enfin en Angleterre, où il mourut pauvre, dédaigné, et dans tout le désespoir d'une ambition qui n'avait pu se faire jour.