‹ Souvenirs d'un chirurgien d'ambulance, 1870Chapitre 15 sur 22 · BAZEILLES · texte numérisé non relu

BAZEILLES

Le soir de la bataille de Beaumont, les Allemands, poussant l’armée française vers Sedan, s’avançaient par toutes les routes convergeant vers cette vide.

Pendant la nuit du 31 août, les Bavarois avaient traversé la Meuse sur un viaduc et sur un de ces ponts de bateaux que les armées traînent à leur suite. Ils espéraient surprendre Bazeilles comme, la veille, les Saxons avaient surpris Beaumont. Un brouillard épais s’élevant, à l’aurore, des eaux et des vallées, les couvrait de son ombre et favorisait leurs desseins.

Les Bavarois ignoraient que le général^ Lebrun, chef de l’infanterie de marine, avait mis Bazeilles en état de défense,ils ne savaient pas que des barricades fermaient les rues et que la villa de Beurman était crénelée comme une forteresse. Ces obstacles inattendus arrêtent les soldats d’avantgarde, le général von der Thann fait a van-

une visite à SEDAN

cer de nouvelles forces. Il s’est déjà emparé dequelques maisons, lorsque, de toute part éclate la f-usillade ; les assaillants reculent, ils amènent des canons pour abattre les obstacles qui arrêtent leur assaut, les servants sont.tués et, c’est à grand peine que les fantassins, attelés aux pièces, les empêchent de toihber entre les mains des Français. . ■ f ■

La lutte continus ardente, acharnée, les habitants eux-mêmes' défendent leurs foyers, les maisons sont prises, perdues, reprises. A huit heures toute l’armée Bavaroise est engagée, elle se maintient avec peine sur ses positions, elle.va se replier, battre en retraite. Mais, précisément,en ce moment si critique pour elle, se montrel’armée Saxonne, elle vient, à marche forcée au secours des Bavarois. Ellp entre en ligne, elle déploie, sur les hauteurs, soixante bom ches à feu qui couvrent d’obiis le village et écrasent ses défenseurs.

" C’est alors aussi que les Bavarois, ivres de sang et de fureur, commettent des atrocités indignes d’une nation civilisée. Ils fusillent les hlessés, massacrent les habitants, ils n’ont d’égards ni pour l’âge, ni pour le sexe, ils incendient le village, ils brûlent les maisons épargnées par les obus.

Ces excès soulevèrent en Europe une réprobation universelle, ils ont laissé sur la victoire des Allemands, une tache dont ils ont vainement cherché à se laver.

Lorsque nous traversâmes ces ruines, les morts étaient enterrés, les habitants avaient disparus. — Des touristes Anglais parcouraient les rues désertes, ils y prome-

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