CHAPITRE Vil
LE MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
On s’est beaucoup occupé, dans ces derniers mois, du musée des arts décoratifs. Sa fabuleuse loterie de quatorze millions, qui doit enfin le faire sortir des limbes où il languit depuis tantôt huit ans, à la grande honte de notre initiative, — la nécessité de plus en plus urgente de son organisation pour le bien de nos artisans, et de notre industrie menacée et dévoyée, — la recherche aux quatre coins de Paris du terrain qui puisse convenir au développement de ses galeries, recherche qui aura si longtemps promené les commissions de l'Union des Arls décoratifs, des confins du Bois de Boulogne aux Magasins- Réunis, et des ruines de l’ancien Palais du Conseil d’État qui semble désormais avoir ses préférences, à l’hôtel prochainement abandonné par l’École Centrale, dans le Marais, où, à mon sens, le musée eût été plus utile ; — toutes
LE MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
ces faces diverses d’une institution nationale peuvent donner, croyons-nous, quelque intérêt à la lettre suivante, adressée en mai 1881, au pauvre duc de Chaulnes, qui, le premier, fonda avec le zèle et le patriotisme dignes de son noble cœur, et présida la Société de notre musée. Cette lettre raconte l’histoire du Musée des Arts décoratifs, presque en ses origines, ou tout au moins durant une certaine période, correspondant à l’installation de nos collections dans les salles actuelles du Palais de l’industrie, aux Champs-Élysées, en même temps qu’aux riches expositions, de natures variées, où les cabinets des amateurs de Paris, favorables à notre idée, firent passer sous les yeux du public une assez belle série de leurs curiosités.