‹ Souvenirs d'un directeur des Beaux-Arts (volume 3)Chapitre 48 sur 89 · ADRIEN DE LONG PE R I Ë R · texte numérisé non relu

ADRIEN DE LONG PE R I Ë R

Des calembours et des calembredaines, des coq-à-l’àne et des histoires de l’autre monde, des citations de vieux vaudevilles, des rébus et des logogryphes, des quatrains pleins de malice et de drôlerie à écrire sous les charges de Giraud, voilà le Longpérier que l’on rencontrait dans les corridors du Louvre ou sur le pont des Arts

Si vous entriez dans son cabinet de conservateur, c’était un feu d’artifice d’érudition de omnire scibili, surtout ce qui, de près ou de loin, pouvait intéresser votre curiosité ; il connaissait tout, avait tout lu, menues gazettes, revues spéciales, jasait pertinemment de tout, inépuisable et étourdissant d’anecdotes et de renseignements au coursdu jour, une mémoire prodigieuse, et qui n’avait d’égaleque cellede son ami et compère Maury. Il savait toutes les langues anciennes, suffisamment d’hébreu et de persan, et les plus utiles parmi les modernes, particulièrement l’arabe dont il se servait à merveille pour se guider dans les branches diverses de l’orientalisme ; il se mêlait aussi habilement que pas un d’égyptien et de copte, et d’assyrien et de phénicien, et de toutes les recherches historiques dont il voyait poindre la mode par les découvertes de nos voyageurs à fouilles. Il nous en eût remontré à tous sur les peintres et sculpteurs les plus inconnus de nos

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