‹ Souvenirs d'un écolier en 1815: ou Vingt ans aprèsChapitre 15 sur 17 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

CINQUIKMR

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■ Le débnrqucnit^nt d'armes a Folleu. — Le pelit espion, — L'armés royale à Auray. — Le {[énéral fiigarrô. — La CbartiHiuse et le Ctamp des Martyrs. — Lea collégiens el le» fédérés de Rennes. — Les écoliers défendent le pont de Saint-GoiiBtan. — La bataille de Ligny. — Deiiï écoliers prisonniers. — La poursuite.

Les royalistes, voiilat^t proEiier do leur victoire, se donnetit à peine quelque repos. Le leiKiemaiD malîu, ils sont k Folleii , sur la Vilaine, pour recevoir ces armes et ces munitions dont ils avaient eu si grand besoin. Des milliers de ftisils, de sabres et de gibernes^ des canons, des obusiers, des caissons et une grande quantité de pondre, sont débarqués aux upplandisseinents et à la grande satisFactioii de tous. La vue d'nne immense quantité de souliers, H.

dont l'armée commençait à manquer, et qui furent distribués de suite, causa surtout une g^rande joie parmi nous.

Maintenant que les collégiens ont (ait leurs preuves, et qu'ils ont été proclamés la première compagnie de Tarmée, on leur fait les honneurs des premières caisses de fusils. Tous veulent avoir un de ces beaux fusils tout neufs, sans calculer, dans leur empressement inconsidéré, qu'ils sont trop lourds; et il sera trop tard pour un grand nombre , quand ils feront cette réflexion.

Après ce débarquement si heureusement opéré , et les différents convois mis en sûreté , le$ royalistes ne demandaient qu'à se mesurer avec l'ennemi; aujourd'hui, bien armés et riches en munitions, que peuventils redouter de ces différents corps sortis de Nantes et de Rennes, et dont les têtes de colonnes ne sont plus qu'à quelques pas d'eux , à la Roche-Bernard?

Les bleus firent bien de les laisser passer sans dire mot, et de se dérober devant eux. Maintenant on marche au grand jour, on dédaigne les sentiers détournés, les chemins de traverse , on se donne le luxe des routes royales, sur lesquelles roule de belle et bonne artillerie. Jamais l'armée n'avait été aussi brillante, aussi exaltée, aussi enthousiaste. Les volontaires arrivaient en masse. Ce n'étaient que danses , que chants, que plaisirs ! A Rochefbrt , où l'armée séjourna plusieurs jours, au milieu de différents corps ennemis qui l'observaient et n'osaient l'attaquer sérieusement, on dansait tous les soirs, et il n'y a pas de médisance à dire qu'un bon nombre d'écoliers ne se firent

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pas faute de prendre leur part de ces distrart'tons. Roeheforl élait devenue pour nous une petite Capoue. Ce serait bien mal de reprocher aux royalistes ces quelques heures de bon temps et de repos; car, dans quelques jours, ils auront à supporter de rudes iàtigues et à livrer de nouveaux combats.

En aiiendant ces coups à donner ou à recevoir, la police et l'espionnage travaillaient de leur mieux et allaient hou train : tous les jours on en avait de nouvelles preuves. A noire d(^part des rives de la Vilaine, et avant d'arriver à Rocbefort, les artilleurs avaient arrfilé itn petit garçon de treize à quatorze ans, qui s'était faufilé au milieu de leurs caissons. Il n'y avait pas de doute, c'était uu espion ; mais l'eufànt, avec une étonnante présence d'esprit et un grand sang* ftoid, répondait à toutes les questions sans se compromettre. 11 avait été soigneusement fouillé, on n'avait rien trouvé sur lui, et les menaces et même quelques bourrades ne purent l'intimider. Que faire de cet enfant que, par prudence, l'on ne peut pas renvoyer? On l'adresse aux écoliers. Le malheureux enfant se mourait de fatigue et d'effroi, Kous l'accueilllmes avec bonté et on en prit tous les soins possibles. Confié à quelques jeunes élèves d'un caractère doux et insinuant, l'enfant ne taivla pas à se montrer reconnaissant, et de lui-même il demanda à livrer son secret. Il portait, renfermée dans de doubles semelles, une importante correspondance. Les écoliers adoptèrent alors cet enfant, et comme ils n'avaient pas encore de tambour, on donna une caisse au petit espion, qui était déjà un jeune artiste en baguettes;

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