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Les lagunes sont l'ouvrage du temps et de la nature. C'est par le double effet du flux et du reflux sur le sol, et de la chute continuelle des eaux, qu'il s'est formé, à l'extrémité supérieure de la mer Adriatique, un fond marécageux d'une étendue considérable, que le flux a couvert et que le reflux a laissé libre en partie. L'industrie de l'homme s'est emparée des endroits les plus élevés ; et c'est ainsi que s'est formée Venise, qui n'est qu'un groupe de quantité d'ilôts. On a creusé avec des peines et des dépenses inouïes, dans ces marais , des canaux assez profonds pour qu'au moment du flux des vaisseaux de guerre môme puissent remonter jusqu'aux plus hautes passes. Il faut un soin et une surveillance continuels pour entretenir ces travaux conçus et exécutés par
le génie et par l'activité des anciens habitants. Le Lido ( Murazzi ) est une langue de terre qui termine les lagunes et les sépare de la mer. Là , de grandes constructions en pierre de taille servent de digue contre son irruption. Le Lido n'est accessible qu'en deux endroits, auprès de la citadelle et de Chiozza, à l'extrémité opposée. Le flux y porte les eanx, et le reflux les en éloigne deux fois le jour, toujours par la même issue et dans la même direction. Le flux couvre en quelques endroits l'intérieur de ces marais et laisse, sinon à sec, du moins à découvert, les points les plus élevés.