‹ Souvenirs d'un émigré de 1797 à 1800Chapitre 19 sur 26 · II. PAGE l · texte numérisé non relu

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Manifeste du général en chef Buonapartey concernant

le gouvernement vénitien,

Palma-NuoTa, le 14 floréal.

c( Pendant que l'armée française était dans la Styrie, voici comment se conduisait le gouvernement de Venise.

l"" 11 proBte de la semaine sainte pour armer quarante mille paysans, et pour organiser dix bataillons, afin d'intercepter toute communication entre le corps de l'armée et ses derrières.

2® Des commissaires, des fusils, des canons, sortent de Venise pour l'armée que le gouvernement vénitien organise contre les Français.

3° Il fait arrêter tous ceux qui ont favorisé les Fran-

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çais et accorde des récompenses à ceax qui en ont été les ennemis ; il fait mettre en liberté les quatorze provéditeurs de Vérone.

k"" Dans Venise même, on maltraite tous les Français, on les appelle jacobins, régicides, athées.

5° On ordonne à Vérone, à Vicence, à Padoue , de renouveler les vêpres siciliennes.

Le sénat fait publier qu*il appartient au lion de Saint-Marc de vérifier l'adage portant que c( l'Italie est le tombeau des Français. »

G"" Les prêtres prêchent la croisade contre les Français.

T Tout cède d'abord aux intentions de ce gouvernement : le sang français coule.

9" A Bassano, à Padoue, sur la route de Mantoue à Legnago, des officiers, des soldats, au nombre de plus de deux cents, ont été égorgés.

9^ Deux bataillons français rencontrent une division de l'armée vénitienne : un combat s'engage.

lO® A Lezzano , il faut encore se battre : les Français , quoique très-peu nombreux , mais n'ayant à combattre que des assassins, les dispersent.

!!• La deuxième fête de Pâques, au son de la cloche, tous les Français sont assassinés à Vérone.

12** On n'épargne ni les malades , ni les convalescents, qu'on perce de raille coups de stylet : plus de quatre cents Français sont assassinés.

13° L'armée vénitienne attaque les trois châteaux de Vérone ; les Français leur font trois raille prisonniers.

H* Un vaisseau de guerre vénitien protège un convoi autrichien , et fait feu sur une corvette firan-

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çaise. La maison du consal français, en ])almatie,est liyrée aux flammes.

IS"* Une goélette française , de quarante hommes d'équipage , est coulée à fond dans la rade de Venise, par ordre du gouvernement. Le brave Laugier qui la commandait, voyant qu'on lui tirait du fort et du bâtiment amiral, ordonne à son équipage de descendre à fond de cale. II reste sur le pont , cherche par ses discours à appitoyer ses assassins ; il tombe percé de coups de mitraille. L'équipage veut fuir à la nage ; aussitôt six chaloupes poursuivent ces infortunés , et assomment à coups de hache ceux que les flots n'avaient pas encore engloutis. Un contre-mattre blessé est près de toucher terre , il s'accroche à un morceau de bois attenant au pied de la citadelle : le commandant même du fort lui abat le poignet avec une hache, et le repousse dans la mer III

Le général en chef, en exécution de l'art. 328 de la constitution, requiert le ministre français de sortir sur-le-champ de Venise ; ordonne à tous les généraux de traiter en ennemis tous les Vénitiens, de faire abattre partout le lion de Saint-Marc, et leur annonce qu'ils recevront demain chacun une instruction particulière sur les mesures militaires à prendre. »

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