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Les historiens d'Italie nomment souvent le carroccio parmi les diverses machines de guerre dont autrefois plusieurs villes de la Lombardie faisaient usage, entre autres Padoue , Milan, Bologne, Parme et Crémone. Le carroccio était comme l'arche sainte des camps. On tenait pour le plus considéré de tous celui de Padoue, qui en avoit droit par concession et donation de l'empereur Henri quastrième^ nous dit un vieil historien , en ajoutant que « commencèrent les Padouans à s'en servir es guerres^ en l'année mil quatrevingts-un, n
C*était une espèce de chariot fort grand, traîné par plusieurs couples de bœufs , les plus forts que roD pouvait se procurer. On montait par des degrés sar le carroccio : on trouvait ensuite un certain nombre d'autres degrés en rond au-dessus, sur lesquels
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étaient plantés les étendards de la communauté et des autres villes qui formaient ligue entre elles. Au plus haut des degrés, on avait établi une sorte de perron servant de tribunal : il était couvert et magnifiqiiement décoré. C*est là que les princes et les chefs de Tannée s'assemblaient pour délibérer et traiter des opérations de la campagne.
Le carroccio était toujours gardé par l'élite de Var* mée et placé au milieu du camp , comme le lieu le plus sûr. La troupe choisie pour le défendre jurait de mourir plutôt que de Tabandonner, car la bataille était réputée entièrement perdue, lorsque le carroccio était pris. Au contraire , si elle était gagnée et si le carroccio était conservé, le vainqueur le ramenait chargé de la dépouille des vaincus. Hais si le carroc^ cio de l'ennemi était pris, il servait de char de triomphe au vainqueur , ainsi qu'il arriva à l'empereur Frédéric II, lors de la bataille de (k)rte-Nuova , qu'il livra , en 1237 , aux Milanais et à la ligue de Lombardie. Dans cette journée, l'empereur ayant remporté une victoire éclatante et pris le char des Milanais , y fit lier le podestat de Milan , Pletro Tiepolo , par un bras , contre une pièce de bois , et ayant la corde au cou. Tous les prisonniers suivaient à pied le carroccio traîné par un éléphant. C'est ainsi que Frédéric II fit son entrée triomphale dans les murs de Crémone.
(Voir ce que dit du carroccio M. Sismondi, dans son Histoire des républiques italiennes du moyen âge. )