CHANT FUNÈBRE DE L'ARMÉE D'ITALIE
Fratribus dicatum : ne lugeas, pro palrii occubuere forUinati.
Air : Mourir pour \a patrie.
Français, de pleurs arrosons tous L*urne de nos compagnons d'armes Que Mars a frappés de ses coups.
Mais non, leur sort est assez doux.
Ah I loin de répandre des larmes, De leur trépas soyons jaloux.
Mourir pour la patrie.
C'est le sort le plus doux, le plus digne d'envie.
Suspendez vos gémissements.
Vous qui leur avez donné l'être.
Vos pleurs outragent vos enfants.
Vainqueurs à leurs derniers moments.
H faudrait les pleurer peut-être S'ils étaient vaincus et vivants.
Mourir pour la patrie, etc.
Ne pleurez point sur leurs tombeaux.
Vous qu'à leur sort l'hymen attache ; Si pour vieillir dans le repos lU avaient fui nos saints drapeaux,
Que ferait Tépouse d'un l&che, Près de la veuve d'un hérosP Mourir pour la patrie, etc.
Au lieu de cris, au lieu de pleurs, vous, leurs veuves et leurs mères.
Tressez des lauriers et des fleurs De la couronne des vainqueurs.
Couronnez Turne de nos frères Et chantez autour d'elle en chœurs :
Mourir pour la patrie, etc.
S'il faut retourner aux combats, Urne funèbre, auguste et chère, Marche partout devant nos pas :
Si nous y trouvons le trépas, Recueille aussi notre poussière.
Nos amis graveront au bas :
Mourir pour la patrie.
C'est le sort le plus doux, le plus digne d'envie.