LE PREMIER BAISER
Était il donc écrit que ma vie littéraire dût rouler jusqu'au bout sur un quiproquo, et qu'incapable moi-même de faire aucun sacrifice au public, je n'eusse à espérer de lui aucune concession ! Peutêtre, en effet, faut-il me résigner à cette méprise, dont je tirerais, si j'étais adroit, une physionomie dans les Lettres, ou tout au moins une originalité.
J'avoue que je ne m'en soucie plus. Je descends le revers de la colline, et les belles ardeurs de ma jeunesse sont ralenties par une production considérable. J'ai surabondamment écrit, et je me suis essayé à tous les genres, ainsi que faire se doit quand on est un artiste de lettres honnête. Eu plusieurs de ces genres il m'a été domié, comme à tout le monde, de connaître ce que la critique actuelle appelle le succès, et j'avoue à ma honte que jamais je ue m'en suis réjoui. Pourquoi ? Voilà ceque je ne sais pas moi-même.