TS
© se
(«| cr À
[er ©
gard ,,
ndes enses dang
oir se oncert 28 bois 1MmMO-
, quête 1vâmes onquée
et sur
>s pipes clques nt trois S ; puis hâmes rayons
a était it une
Nous étant remis en route nous entrâmes bientôt dans les landes. Nous y suivions un petit sentier sablonneux, bordé de taillis touffus et entremêlés de mille fleurs blanches, bleues, rouges, violettes et dont les odeurs fortes et pénétrantes embaumaient l’air que nous respirions.
Quand nous fûmes arrivés au lieu que les Espagnois appellent le Parement des Llanos,
Hamelin reprit ainsi le cours interrompu de son
récit :—
1837, cher Deschamps, me dit-il, avait frappé
au timbre sanglant des révolutions humaines.
L’horizon politique du Canada s'était couvert d’épais nuages ; un cri terrible et menaçant avait retenti d’un bout à l’autre du pays. Le ministère tremblait sur ses bâses chancelantes, et pourquoi tremblait-il ? C’est qu’il se refusait, de concert avec l’Angleterre, à rendre justice aux justes réclamations du peuple et que celuici, échauffé par le patriotisme de ses représentants, n’attendait qu’un signal pour se soulever et s'affranchir pour toujours du joug tyrannique de l’Angleterre.
Cet état de choses durait déjà depuis deux ans quand un nouveau refus du ministère vint meëtre le comble à la fureur publique.
Alors les Papineau, les Côte, les Nelson, etc., profitant de ce moment d’effervescence populaire, donnèrent le signal de la révolte et le peuple éclata. L'explosion fut d’autant plus forte et plus terrible que les passions de la multitude avaient été plus longtemps aigries et contenues.
Alors on vit sortir des campagnes de nombreuses troupes de paysans armés de bâtons, de fourches, de faulx, de fusils ct de poignards. La fureur se faisait des armes de tout ce qui lui tombait sous la main. Il n’y eut qu'un cri de vengeance: Mort aux Anglais.
Amis, frères, parents, tout ce qui chercha à s'opposer à ce torrent dévastateur, fut roulé, écrasé, renversé !
Quand j'arrivai au village, j y trouvai tout dans un bouleversement et une excitation d'esprit extraordinaires. Les uns quittaient leurs demeures et fuyaient en foule vers les bois ; les autres, frappés de stupeur, ne semblaient vouloir se décider à rien.
Je courus chez Mr. Helvin dans l’espérance . d’y apprendre la sigufication de tout ce remu-
ménage (car comme dans nos collèges il nous est strictement défendu de lire les journaux, J'ignorais donc la cause de tout ce trouble), mais -je trouvai les portes et les contrevents fermés.
) etc, laire, euple te et titude nues.
nomns, de ls. La qui Jui cri de
rcha à roulé,
ai tout d'esprit leurs pis ; les vouloir
pérance e remuil nous urnaux, e), Mais fermés.
À cette vue je m’arrêtai triste et pensif. Eux aussi, dis-je ? Qu’y a-t-il donc ?
. J'avais le cœur brisé et l’esprit torturé par mille angoisses.
En ce moment, je me sentis frapper sur l'épaule, et m’étant retourné j’aperçus Camille.
—Bonjour, dis-je, je suis content de te rencontrer, afin que tu m’expliques ce que signifie tout ce trouble. Est-ce qu’on quitte le pays?
—Quoi! tu ne sais donc pas que nous sommes dans un temps de révolution ; que trois mille Américains des Etats Unis qui sont attendus d’une heure à l’autre, viennent se joindre aux insurgés ; que plusieurs batailles ont déjà eu lieu à St. Denis, à St. Charles, au Grand Brûlé et qu'on a tiré cette après midi trois coups de fusil sur le capitaine Hart qui ne voulait pas se rendre ?
— Non, dis-je, et c’est toi qui m’en donnes le premier la nouvelle. Et la famille de M. Helvin, continuai-je, où s’est-elle réfugiée ?
—Au village de Laprairie.
— C’est bien, dis-je à Camille, je te remercie, et sur ce je pris congé de lui et je courus chez mon beau-père où je trouvai toute la famille habillée pour le voyage et prête à partir.
—Tiens, te voilà, dit mon beau-père, en m ’aper-
cevant ; tu as bien fait de venir, car tu vas nous être utile. Embarque avec ta mère et les enfants et conduis-les chez M. Bonneau, ou dans quelques masures perdues au milieu des bois, où vous trouverez une retraite assurée contre l'insurrection générale. Venez, vite, car il n’y a pas de temps à perdre.
Aussitôt ma mère, deux énfants, un domestique et moi montâmes en voiture et partîmes.
Le temps était sombre et peu après notre départ la pluie tomba par torrents et ajouta à la monotonie de la route je ne sais quoi de triste et de lugubre.
Le jour disparut bientôt, et nous fûmes plongés dans les ténèbres les plus profondes. . O Dieu ! quelle obscurité! quel temps affreux.
Nous marchâmes ainsi longtemps au milieu de ‘ces ténèbres, sans rien entendre que les giflements lugubres du vent à travers les rameaux dépouillés des hauts arbres.
Quand nous fûmes arrivés au milieu de la forêt en un lieu appelé le détour, à cause du Chemin qui, à cet endroit, prend une autre direction et forme un angle obtus, nous entendîmes soudain retentir au loin, la voix de plusieurs hommes et le galop de plusieurs chevaux qui
g’approchaient de nous.
Ce
nous b les dans bois, ntre n'ya
)Mmes-
notre a à la triste
plons,. . O0
milieu ie les s les
de la se du direcdîmes sieurs iX qui
Dix minutes après nous étions environnés d’une quinzaine d'hommes à cheval.
—Qui vive, cria une voix ?
—Amis, répondit ma mère.
— La consigne, demanda cette même voix que je crus reconnaître ?
— Trois novembre et liberté, dis-je.
—C’est bien, passez, dit la même voix et tous repartirent au galop de leurs chevaux.
—Qui t’a appris la consigne, me demanda ma mère ?
—Camille.
—Et qui la lui a apprise ?
— Son père, qui est un chef de l'insurrection.
—C’est heureux qu’il te lait apprise, car sans cette consigne, je ne sais pas trop comment nous nous serions tirés d’ambarras.
Une heure après environ, nous arrivâmes chez M. Bonneau qui nous reçut avec bonté.
Il y avait une grande agitation chez lui. Sa demeure était remplie de paysans. Les uns causaient à voix basse ; les autres plus hardis, parlaient haut, gesticulaient, et s’efforçaient
d’animer tous les cœurs du feu dont ils étaient
enflammés et des sentiments dont ils étaient pénétrés.
Curieux de savoir ce dont il s'agissait, je me
ut Î
ESS CT PRE <= Phnom ete
glissai au milieu du groupe qui me paraissait le plus animé.
Un homme avait la parole :
‘6 Frères, disait-il, 1 est enfin arrivé ce jour où il faut que nous nous battions pour nos biens, pour nos femmes, pour nos enfants, pour notre liberté, pour nos propres vies. Cette révolte est pour nous une question de vie ou de mort ; car vous ne l'ignorez pas, mes amis, si nous sommes vaincus, notre partage, c’est l’échafaud. Que chacun donc, en ce moment suprême, combatte en désespéré, sans relâche, sans pitié, jusqu’à la mort. Or,il se livrera ce soir vingt batailles dans différentes places du pays. Prouvons donc à nos frères d’armes, par notre valeur et notre courage, que nous sommes dignes-d’eux ; que nous aussi nous aurons bien mérité de la patrie. D'ailleurs, mes amis, toutes les précautions ont été prises pour que l’ennemi ignorât le jour de l'attaque. Aujourd’hui donc nous le surprenons, nous le prenons à l'improviste ; surpris, il se livre à nous sans mê2 songer à se défendre.
Cependant, mes amis, si le sort de la guerre se tournait contre nous, jurons tous ici de mourir sur le champ de bataille.
Qu’un jour nos descendants puissent dire, en foulant le sol où nous aurons succombé : c’est
ait le
e jour biens, notre [te est 5 Car )mmes
Que nbatte qu’à la tailles y donc notre ; que patrie.
ns ont pur de enons,
il se endre.
>rre se mourir
re, en . c’est
ici que sont tombés les héros de 1837. Ils ont préféré la mort au joug avilissant de l’Angleterre.”
Ses dernières paroles furent appuyées par des cris approbateurs qui firent retentir la maison.
Ce discours m'avait tout appris. Tout en voulant fuir le danger, nous étions tombés dans un club révolutionnaire. Je courus donc faire rapport à ma mère de ce que je venais d’entendre, et je lui dis que je croyais qu’il serait-prudent pour nous de quitter cette maison au plus vite.
Ma mère approuva mon conseil, et je sortis aussitôt avec Louis pour atteler le cheval, afin que nous fussions prêts à partir sile cas devenait urgent.
Tout-à-coup, et au moment que’ nous allions entrer, arriva un messager de mon beau-père, nous annonçant que M. Bériau avait appris que cette nuit même, les troupes anglaises, conduites par des bureaucrates, venaient mettre le feu chez M. Bonneau et passer tous les insurgés au fil de l’épée.
J’entrai aussitôt et m’approchant de ma mère, je lui fis part du message.
—Partons, dit-elle.
r KR { ul [Ti si | #14 :
big js!