‹ Souvenirs d'un exilé canadien [microforme]Chapitre 21 sur 24 · MON BIEN AIMÉ ET MALHEUREUX HAMELIN · texte numérisé non relu

MON BIEN AIMÉ ET MALHEUREUX HAMELIN

Fuis ! fuis! le plus grand danger te menace | Et dire, 6 mon Dieu, que c’est moi qui suis la cause involontaire de tous les malheurs qui vont fondre sur toi! Cette pensée torture mon cœur ! oui, fuis, cher ami, car une de tes lettres a disparu de mon secrétaire,et à l'heure qu’il est, cette lettre est probablement entre les mains de tes ennemis qui ne manqueront pas de s’en servir pour découvrir ta retraite et t’arrêter, Mon Dieu ! que je suis malheureuse! Pourquoi ne l’aije pas brûlée aussitôt. Regrets superflus! le

mal est fait. Mais qui se serait jamais imaginé qu’il y eût ici-bas, des hommes assez bas, assez.

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vils, assez lâches pour venir dévaliser une jeune fille ? O mon ami,je te demande pardon à genoux pour tous les maux que je vais te causer. Si tu voyais mon pauvre cœur comme il saigne, tu m’en voudrais moins ! Que ne puis-je partager tes maïheurs ! Avec quelle joie je me dévouerais: Mais je suis impuissante à pouvoir te soulager, et j’2n aile cœur brisé ! Fuis, Ô mon bien aimé, fuis ! ma pensée te suivra dans l’exil, et ici mes prières s’élèveront sans cesse vers le ciel pour lui demander la fin de tes souffrances.

Adieu! 6 mon ami, aie foi en la divine Providence. Elle dissipera tôt ou tard les nuages qui aujourd’hui, assombrissent notre ciel et peutêtre, aurons-nous encore des jours de sérénité et de bonheur.

HELMINA, Cette lettre me plongea dans le plus affreux désespoir.

Te laisser, Ô mon Helmina, lui répondis-je aussitôt, non jamais ! Mille morts plutôt que la vie sans toi! Et puis peut-être nous effrayonsnous à tort ou au moins pour peu de chose, car après tout, je ne suis pas plus coupable que veux qui ont combattu à mes côtés, et qui so .evenus de la prison dans leurs familles. Ainsi donc, chère Helmina, je suis décidé à laisser les évè-

nemenis suivre leurs cours. Loin de toi, vois-tu, je ne pourrais supporter la vie ! je préfère cette lueur d'espérance qui vient de traverser mon esprit à l’exil sans toi. Si je dois mourir, au moins mes regards pourront encore ,se porter avant de mourir vers les lieux que tu habites. Adieu! chère Helmina, prie, pour celui qui t'aime, cette Providence entre les mains de laquelle il confie son sort.

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