‹ Souvenirs d'un impresarioChapitre 13 sur 44 · ADELINA PAÏTI EN EUROPE · texte numérisé non relu

ADELINA PAÏTI EN EUROPE

Le directeur du Tliéâtre Italien de Paris, M. Calzado, ne pouvait manquer de désirer donner à ses abonnés le plaisir d'applaudir à leur tour la Patti. Il expédia en Hollande un agent à Strakosch, lequel indiqua le prix de 1250 francs par soirée. M. Calzado recula devant cette somme qui lui parut invraisemblable. L'année suivante, cependant, il dut en passer par là, et même pour la seconde saison , le cachet fut porté à 1 500 francs. M. Bagier, qui succéda à M. Calzado, fut plus généreux, ou peut-être Maurice Strakosch fut-il plus exigeant.

Sous la direction Bagier à Paris, Adeliiia VM'i était engagée à 2 000 francs par représentation pour la première année, 2500 pour la seconde, et 3000 pour la troisième. Ce dernier chiffre n'a jamais été dépassé.

Selon Maurice Strakosch, ces détails sur les sommes payées à Patti ont une impor-

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tance e\li'»'in(\ ru vr ([u'ils coiiliriiienl la thèse sonliMiiie loujours piii' rimpresario; c'est que, si indispensables (jue soient les étoiles, elles doivent se contenter d'appointements raisonnables et (ju'à celle exagération des cachets doivent être attribuées toutes les récentes catastro])hes (jui se sont produites dans les divers Théâtres Italiens, tant h Paris (pi'à Londres, à Saint-Pétersbourg et même h .Xew-York.

M. Blanc, directeur du casino à lb»mbourg, et au([uel l'argent ne manquait })as, mais qui était un administrateur prudent, hésita, comme le roi de Hollande, devant le cachet de 3 000 IVancs fixé par Strakosch. La recette possible dans la salle assez petite de llombouig ne comportait pas une dépense (pii l'isiiuait de n'être pas couverte.

— Kli bien, dit Strakosch à M. Hlanc, si vous y consentez, nous ne spécifierons aucun pi'ix; vous mettrez les places h un louis, el v(uis donnerez à Adelina Patti

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la moitié de la recette. Cette moitié de recette sera le chiffre des cachets futurs.

M. Blanc éprouva un sentiment de compassion pour Maurice Strakosch ; et, dans sa loyauté, il lui fît remarquer que le prix élevé des places éloignerait beaucoup de monde et qu'Adelina Patti s'exposait fort à chanter pour rien ou pour une somme dérisoire, non seulement une fois, mais dans les soirées qui pliaient suivre.

Maurice Strakosch insista, et M. Blanc accepta une combinaison dont tout l'avantage lui semblait réservé. On encaissa 10 000 francs. C'est de cette manière que furent établis les cachets d'Adelina Patti à Hombourg. Elle toucha 5 000 francs cliaque fois qu'elle y chanta, et M. Blanc n'eut même pas à se plainth'c , car il n'avait que 3 000 francs de frais par soirée, et gardait ainsi un bénéfice nel ck' 2 000 francs, tou( eu payant royalement la

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