CHAPITRE IX
Maurice Strakosch avait connu liossini en 1846, à Florence, où le maître immortel élait venu, chassé pour ainsi dire par les libéraux de Bologne qui lui avaient donné un charivari moLivé par les sentiments réactionnaires qu'il afiichait.
Cette aventure avait frappé le gi'and compositeur à ce ])oint que Ton craignit un instant qu'il ne se remît j)as d'une sorte d'afiblement qui s'était emparé de son espril : lieureusementil n'en fut rien, et pour
<jt SOUVENUES I) r.N IMPRESARIO.
l'élahlir coiiiplèleiiKMil rrciiiilihrcî de ses i'iiciilh's, Hossini \iiil ;i Pai'is. Le voyage de Rorenceà Paris s'eirecliia en voilure. L'aul(Mii' du Darb'irr de Sérillc n'a jamais voulu monter en chemin de fer.
IN'ayant pas à cette é|)oque de direction, Maurice Strakosch reprit avec joie ses relations avec liossini, chez lequel il dînait une fois par semaine.
On a tant écrit sur cette grande figure, sur ce génie musical qu'il reste peu de détails ignorés du public. Tout le monde sait que Hossini était fort gai, d'un caractère aimable dont le fond était la bienveillance sous une forme satirique affectée.
Rossini n'était pas indifférent au sort des artistes pour le malheur desquels il manifestait toujours une grande compassion; c'est ainsi qu'il donna par pitié à un pauvre musicien quelques-unes de ses compositions, qui furent ensuite rachetées au (h)nataire par Maurice Strakosch.
Sans le soin que prirent de sa fortune quelques amis, Rossini n'eût jamais été riche ; le Barbier de Sèc'ille lui avait rapporté 1200 francs, et, ainsi que le disait souvent le maître lui-même, ce n'était pas le prix des souffrances qu'il avait endurées le jour de la première représentation de son œuvre.
Les Italiens d'alors n'entendaient pas raillerie sur les choses religieuses, et lorsfjuc Don Basile apparut sur la scène dans son costume clérical, ce fut au théâtre de Home une bordée de sifflets; le tumulte s'accrut de ce que Kossini, pour tenir tète à l'orage, se leva et applaudit les artistes (|ui luttaient si courageusement contre h\ tempête. Néanmoins laulem* fut contraint de (piitter la salle : il se sauva désespéré à iMilan, où plusieurs jours après il apprit que son opéra avait été accueilli avec l'admiration qu'il méritait.
Trois amis, le haron .laims de Hoth-