XXIV PREFACE
Pauvre et grand artiste ! Il ne devait voir ni Joseph Balsamo ni les Quarante-Cinq, et, (( d'ici là » c'était la mort qui allait venir. Au moins l'a-t-elle frappé en pleine force, et de cet avenir qu'il redoutait n'a-t-il eu que la crainte. L'artiste a disparu en pleine popularité, l'homme s'est éteint sans souffrir.
On s'est demandé quel était son âge. Il nous a répété souvent : « J'ai vu naître le siècle. )) Dans ses Mémoires, il ne donne aucune date à sa naissance. Je tiens aussi de lui qu'il avait débuté au théâtre de Montparnasse, dans Osmin de \ Orphelin de la Chine, 11 était tout jeune alors, et s'était affublé d'une barbe immense qui lui tombait au milieu delà poitrine. Il avait ensuite joué, à la Porte Saint-Martin, dans une tragédie quelconque imitée de Roméo et Juliette de Shakspeare, puis dans le Marino Faliero de Casimir Delavigne. J'ai cherché son nom dans la distribution des rôles ; mais, ingrats envers ceux qui ont com-