CHAPITRE XV
Le café de la Porte-Saint-Martin. — Les chroniqueurs de « l'Indépendance belge : Auguste Villemot, Jules Lecomte, Jules Claretie. — Les jeunes premiers et les pères nobles. — Les « Ingrats » au théâtre de Cluny.
Quand seul, le soir, au coin de ma cheminée j'ai pour toute distraction de tisonner mon feu et d'interroger ma mémoire, demandant à l'un la chaleur dont je commence à devenir friand, et à l'autre ces étincelles du souvenir qui réchauffent parfois le cœur, mais qui éclairent aussi bien des deuils, il m arrive de tomber brusquement
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en arrêt devant des noms, des types, des épisodes que je suis tout étonné, depuis que je rassemble ces pages, de n'avoir pas encore tirés de l'oubli.
Ceci à propos de l'Indépendance Belge que je lisais tout récemment et d'où je suis parti pour me promener dans toutes sortes de rêves et de réminiscences.
On sait que ce journal est un peu l'héritier des anciennes feuilles qui sortaient au XVIIP siècle des officines d'Amsterdam et de la Haye. Or, nous autres comédiens, nous sommes tous un peu comme le prince Paul de la Grande Duchesse; nous nous préoccupons de ce qu'on dit de nous... même dans la Gazette de Hollande.
Je venais donc de lire un Courrier de Paris, lestement et finement écrit par Jules Claretie.. — ce qui me fait penser que j'ai à parler de lui à propos de sa comédie les Ingrats, dans laquelle j'ai joué un rôle^ — quand je me mis à rechercher dans ma mémoire tous ceux qui avaient été les chroniqueurs ou les correspondants du journal belge, et que j'avais plus ou moins connus.
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Hélas ! Presque tous sont morts... En vérité, quand on arrive à un certain âge, on n'ose plus retourner la tête.
Le premier de tous qui me vint naturellement à la pensée fut Auguste Villemot, cet adorable esprit qui s'est éclipsé sans mot dire, modestement, à l'anglaise, sachant bien que ce jour-là, Paris bloqué et bombardé ne ferait guère attention à son départ pour l'autre monde.
Je me reportai tout de suite de vingt-huit ans en arrière, et je me revis assis au café de la Porte-Saint-Martin, faisant un domino à quatre avec le futur « Prince des Chroniqueurs, )) ayant pour adversaire ce cher Volnys qui se laissait appeler sans mot dire « le mari de M"^^ Volnys, » comme on eût dit le mari de la Reine, mais qui devenait dangereux dès qu'on essayait de lui démontrer les mérites du régime républicain . N'oublions pas que nous étions en 1848.
Ce serait une histoire bien amusante à faire que celle de ce Café qui a voulu mourir à l'heure où l'incendie dévorait l'illustre théûtre auquel il devait sa gloire.
En même temps que lui disparaissait tout un monde spirituel et charmant qui semble s'être évaporé comme les fumées d'un rêve. C'était un mélange d'auteurs, de journalistes, de comédiens, de petits bourgeois, de rentiers, d'industriels du quartier qui tous avaient une physionomie, un caractère propre, un trait cocasse ou intéressant.
Peut-être ne sait-on pas que ce fut l'un des bourgeois dont je parle qui donna la première idée du fameux emballeur, ce précurseur de Calirio dans l'art d'élaborer des pensées qui ne seraient pas venues à La Rochefoucauld.
En ce temps-là, Villemot n'était encore que le secrétaire de la Porte-Saint-Martin; mais déjà, par le bon sens narquois de sa parole, par la bonhomie gouailleuse, la finesse toute parisienne de son étonnant esprit, il était devenu tout naturellement le chef du petit clan 'd'habitués qui se réunissaient, chaque soir, dans une des salles du fond pour deviser à l'aise de l'événement du jour, de la pièce nouvelle, ou des idées momentanément à la mode.
Les fidèles s'appelaient Arvers, l'homme au sonnet, d'Ennery, Siraudin, Labrousse, les deux Cogniard, Marc Fournier, Plouvier, Barrière, Victor Séjour, les frères Bourgeois, dont l'un s'essayait dans l'art dramatique, mais qui eut bien vite le bon sens de revenir à son état de millionnaire qu'il exerça depuis avec une aptitude si remarquable.
Puis Paulin Ménier, qui faisait la joie du petit cénacle en essayant, devant lui, quelquesuns de ces types qui devaient plus tard lui faire au théâtre une si légitime popularité.
Enfin Choquart, le légendaire Ghoquart, dont Villemot daigna lui-même un jour raconter dans le Figaro, avec tant d'esprit et de bonne humeur, les innombrables duels, duels malheureux en ce que le brave des braves les ébauchait toujours sans pouvoir jamais les mener à bonne fin.
En outre d'une petite pension qu'il recevait comme ex-garde du corps, de l'ancienne liste Civile, Choquart vivait de trois illusions glorieuses ; à savoir : qu'il était la meilleure épée de France, qu'il avait active-
ment collaboré à un vaudeville célèbre, Monsieur Jovial ou l'Huissier chansonnier, et qu'un jour certaine illustre comédienne ne lui avait pas été trop cruelle.
Fasse le ciel que la tombe ignorée où il repose soit encore visitée par ces trois riantes chimères !...
Ce fut Auguste Villemot, on s'en souvient, qui succéda plus tard à Jules Lecomte, quand celui-ci dut donner sa démission de chroniqueur hebdomadaire de r Indépendance Belge, à la suite de la terrible affaire dont je vais dire quelques mots, puisque l'occasion s'en présente.
Aussi bien, ce Jules Lecomte ne me fut pas tout ù fait étranger.
Je l'avais connu chez M"^ Rachel, dont il était non seulement le commensal, mais le défenseur passionné.
Je pense, au surplus, qu'en fait de preuves d'amitié, aucun des deux n'était en reste envers l'autre.
Cela expliquera l'attitude qu'il crut devoir prendre en face du succès qu'obtint M"^^ Ristori, lors de son apparition parmi nous,
Il ne voulut voir dans le tapage fait autour de l'artiste Italienne que le dessein prémédité par les ennemis de Rachel d'élever autel contre autel, et la tentative d'utiliser cette nouvelle renommée, qu'il prétendait surfaite, au renversement de la gloire beaucoup plus légitime de la jeune muse française.
Tel fut le sens de la diatribe qu'il signa de son nom.
M"^*-' Ristori avait alors, pour secrétaire, un ami dévoué, quelque peu journaliste de son état, qui se chargea de répondre à M. Jules Lecomte.
Il le fit en accusant ce dernier d'avoir commis, une vingtaine d'années auparavant, je ne sais plus quelle action contraire à l'honneur : une de ces fautes qui ne relèvent pas seulement de l'opinion, Imais de la justice.
Toute singulière que fût cette manière de démontrer la supériorité du génie tragique de M'"^ Ristori, elle n'en eut pas moins un retentissement immense.
Le procès en diffamation que J. Lecomte eut la grave imprudence d'intenter à son
adversaire ne servit qu'à mieux étaler aux yeux de tout Paris le triste mystère d'une de ces existences aventureuses qui fourmillent sur le pavé de la grande ville^ et qui, dès l'âpre aurore de leur jeunesse, ont été labourées par l'aiguillon de cette loi fatale que Darwin appelle : le Combat pour la vie.
Or Jules Lecomte, comme écrivain, n'avait bien véritablement qu'un seul et incontestable talent : celui de se créer des ennemis; et, comme dit le fabuliste, on le lui fit bien voir.
Ce fut un déchainenlent universel. Le cri de haro ! s'envola des cent bouches de la Renommée ; on vous le traîna sur la claie dans tous les coins et recoins de la presse périodique, et dès que le malheureux voulait ouvrir la bouche pour se défendre, on la lui fermait avec de la boue.
L'exécution fut horrible.
Il essaya bien, au bout d'un ou deux ans, de reparaître au grand jour comme si de rien n'était, se disant qu'avec de l'audace on a quelquefois raison de l'opinion.
Ce fut alors, si mes souvenirs sont fidèles,
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qu'il donna une comédie au Théâtre-Français, ayant pour titre : Le Luxe. Mais on ne daigna même pas relever le défi. Lui et sa comédie passèrent comme des ombres.
Je crois que ce fut là, pour lui, le coup de grâce. La vie, à partir de cet instant, lui devint lourde à traîner comme le boulet d'un forçat, et il s'achemina vers la tombe où il arrivait prématurément, quelques années plus tard, solitaire et désespéré.
Je voulus suivre son cercueil.
Hélas ! il y eut, ce jour-là, plus de curieux dans la rue que d'amis dans l'église !
Deux petits journalistes que je ne nommerai pas — ils étaient encore à cet âge où l'on n'a pas de pitié — regardaient en ricanant passer le corbillard.
J'entendis que l'un d'eux disait à l'autre:
— 11 paraît, tout de même, qu'il a fait de riches legs à d'anciens collègues.
L'autre eut un sourire de gavroche et répondit :
— C'est qu'il aura craint de n'avoir personne à son convoi !
Je n'entendis pas d'autre oraison funèbre.
J'ai promis que je parlerais de Jules Claretie, ne fût-ce que pour me débarrasser l'imagination du souvenir de Jules Lecomte. Aussi bien est-ce ici même, tout de suite après la sombre personnalité du fondateur des courriers parisiens de l'Indépendance Belge, que je veux placer celle de l'un des plus jeunes parmi les chroniqueurs de cette feuille.
11 me semble que le nom de Claretie venant sous ma plume après celui de Jules Lecomte, je vais éprouver le bien-être qu'on ressent en chemin de fer quand, après avoir traversé la nuit glaciale d'un tunnel, on retrouve la chaude clarté d'un beau jour.
Clarté, Claretie, ne dirait-on pas que là encore le naturel, le tempérament, le caractère d'un homme se laissent apercevoir dans un nom?
« Je ne prends jamais la plume, me disait un jour Jules Claretie, sans me rappeler ce mot de Fiévée : — Quand je parle de quelqu'un, je le fais comme si je parlais à lui-même. » En sorte qu'on peut dire que tous ceux qui relèvent de son jugement^ artistes, écrivains, hommes politiques, sont
en sûreté devant sa conscience, comme ils le seraient en plein jour...
C'est l'antipode de Jules Lecomte. Mais, disons-le bien vite, Jules Claretie, contrairement à l'autre Jules, n'a eu que de bonnes fées autour de son berceau.
Il n'a connu ni l'abandon, ni la misère. Sa famille, dont il était tendrement aimé, lui a fait une vie égale et paisible, ignorante des amers soucis du lendemain.
Aussi, n'ayant eu à surmonter aucune des angoisses dont il faut acheter quelquefois le pain des premières années, Glaretie, élevé par une mère qui épousa ses jeunes rêves, put se développer à l'aise comme un enfant heureux et libre, et s'il eut un péril à redouter, ce fut précisément cette absence trop complète de l'obstacle et de la difficulté. Tout lui a été facile dès le commencement, et peut-être n'a-t-il pas assez enfanté dans la douleur; delà cette étonnante abondance de productions dans tous les genres, qui d'abord dénote chez lui le bonheur qu'il a à regarder couler de plein jet la source jaillissante de son inspiration.
Une de ses grandes qualités comme écrivain, c'est le respect de la vérité et de la couleur locale, qui le pousse à visiter les lieux où ses personnages sont nés et ont vécu. Il appelle cela ses pèlerinages. Ainsi, lorsqu'il écrivit son Camille Desmoulins, il alla habiter Guise où Desmoulins est né; lorsqu'il composa le Train 17, un de ses meilleurs romans, qui se termine par une catastrophe dont l'idée est neuve et originale, il endossa la blouse du chauffeur et monta sur la locomotive, casquette en tête, tout noir de crachats de houille et d'escarbilles de charbon.
A trente-cinq ans, Jules Claretie a une œuvre presque aussi considérable que celles qui, chez d'autres, ont absorbé des existences entières.
Il a tout abordé, tout tenté : le roman, l'histoire, les essais, la critique, la chronique et le théâtre. C'est le plus aimable et le plus heureux des écrivains que je connaisse ; il a cette audace tranquille des acrobates qui ne sont jamais tombés, n'ayant pas encore vu le péril face à face; il va droit
devant lui avec le sourire de la foi. Avec cela, si convaincu que personne n'a encore songé à le jalouser. Mais le jour où se dressera devant lui ce loup dévorant qui s'appelle l'envie, et que, pour lui faire tête, il rassemblera toutes ses forces en un seul faisceau, ce jour-là, il aura conquis toute sa puissance, et il faudra bien compter avec elle. Je faisais toutes ces réflexions un soir qu'il me lisait sa première pièce, un drame historique emprunté à la sombre histoire des Flandres, où il me destinait un rùle et qui fut joué à l'Ambigu sous le titre de la Famille des Gueux. Sa confiance d'alors le rendait un peu trop vaillant à défendre ses idées et à s'y maintenir. Je voulus lui démontrer combien cette pièce, qui, malgré ses défauts, est restée une de ses meilleures, eût gagné à être précédée d'un prologue. Il ne put s'y décider et je ne crus pas devoir accepter le rôle. Le résultat prouva que je n'avais pas tout à fait tort, car la presse entière releva ce que l'action de ce drame avait d'obscur ou de mal débrouillé. Théophile Gautier eut même un mot charmant. Il com-
para la Famille des Gueux à un paysage superbe, mais sans ciel. Mais aussi le grand peintre de la plume risqua le nom de Ribera à propos de cet ouvrage, et la comparaison n'était pas sans honneur pour 1 écrivain.
Une autre pièce de Glaretie, qui devait d'abord s'appeler Le Lest, et qui fat jouée sous le titre : Les Ingrats, eut, six mois avant la vogue des Muscadins, un succès littéraire éclatant, et je jouai, cette fois, l'un des rôles principaux, celui du commandant Herbaut, vieille moustache grise.
On m'a bien souvent demandé pourquoi j'avais accepté ce personnage si différent de ceux que j'avais l'habitude de jouer. J'eus deux raisons pour joudr ce rôle. La première, la sympathie que m'inspirait le talent de l'auteur. J'étais résolu d'avance à accepter le premier rôle qu'il m'offrirait. Et puis, je l'avoue, ce fut précisément le contraste absolu que présentait ce rôle de vieil officier retraité, — ce père noble, tranchons le mot, — avec y éternel jeune premier que j'avais joué jusqu'alors qui me plaisait,qui éveillait mon audace, qui séduisait mon esprit blasé.
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Certes, j'avais depuis longtemps atteint l'âge des pères nobles, et je sentais mon talent si nerveux jusqu'alors devenu assez raisonneur et assez calme pour ne point se dérouter devant les allures d'un quinquagénaire. Au fond, ce n'était pas moi que je redoutais, c'était le public.
J'avais lu, je ne sais plus dans quel journal, que la principale cause de l'insuccès de Britannicus, quand Racine donna ce chefd'œuvre pour la première fois, fut que l'acteur chargé du rôle de Néron n'avait jamais représenté jusqu'alors que des personnages vertueux et sympathiques, et que le public se gendarma et ne voulut pas l'accepter dans un personnage odieux.
Même aventure était arrivée sous mes yeux à Mélingue, à propos du capitaine Roquefinette, dans le Chevalier d'Harmental. La froideur avec laquelle fut accueillie cette pièce, une des plus charmantes de MM. Dumas et ISIaquet, fut généralement attribuée à l'étonnement qu'eurent les spectateurs de voir le chevaleresque ]\Iélingue travesti en un coquin de bas étage.
Je me souvenais de cent autres exemples qui tous tendaient à démontrer le danger qu'il y a pour un artiste à dérouter le public; j'avais entre autres dans la mémoire cette malheureuse chute de Fechter, l'Armand Duval de la Dame aux Camélias^ dans un personnage prétentieux qu'il s'était taillé dans une pièce intitulée le Diable^ et je n'étais pas sans inquiétude de moi-même en répétant le rôle du « commandant Herbaut. »
Faut-il dire que j'eus à me repentir de ma tentative ?
Non certes. Et cependant l'attention toute sympathique du public, le soir de la première, les éloges que me prodigua la presse dès le lendemain, le succès enfin qu'obtint la pièce, rien de tout cela ne m'empêcha de me dire pendant la bataille et aux représentations suivantes qu'à aucun moment de ce rôle je ne « tenais » véritablement le spectateur.
Le comédien a des délicatesses de perception qui ne le trompent pas.
11 peut se mentir grossièrement à luimême, mais s'abuser complètement, jamais !
Le commandant Herbaut des Ingrats, avec ses moustaches et ses cheveux blancs, restera dans ma carrière comme une tentative curieuse et honorable, mais pas du tout comme un triomphe.
Je ne me serais pas étendu sur cette petite aventure d'un médiocre intérêt en elle-même, si je ne voyais là une des aventures de la vie de comédien.
Un seul a pu s'imposer au public sous n'importe quelle physionomie il lui a plu de choisir, et celui-là, c'est Frederick Lemaître.
Mais c'est bien le cas ou jamais de dire que l'exception confirme la règle.
Cette exception d'ailleurs a sa raison d'être. Nous autres acteurs à succès, nous sommes les favoris du public, et le public nous impose, comme un roi l'impose à ses favoris, le devoir de lui plaire et de céder à tous ses caprices.
Avec Frederick Lemaître, c'était bien différent : il était plus que le favori, lui, il était le roi.
Et voilà l'une de mes secrètes mélan-
colies. Je n'ai pas lo droit de vieillir !... J'ai à l'épaule la marque du forçat; je suis condamné à la jeunesse ù perpétuité.
Cette belle et splendide chose : la Jeunesse, le public a fini par me la faire haïr 1
Ce serait cependant si bon d'avoir une fois son ûge ù la scène, d'ôter son masque, de laisser voir enfin sur les traits l'austère empreinte de ses jours et le reflet de ces beaux soirs de l'existence que d'autres mettent un si juste orgueil à montrer!
Mais cela ne me sera jamais permis.
Jusqu'à ma dernière heure, il me faudra donner au public la satisfaction de s'écrier : (( Comme il est jeune encore ! » C'est de tradition. C'est un droit que le spectateur achète en entrant, et l'en frustrer, c'est lui déplaire.
— Eh bien, me dira-t-on, ne jouez plus, retirez-vous et allez-vous-en dans un coin vieillir tout ù votre aise !...
— Votre conseil est fort bon, et j'en approuve toute la sagesse, mais...
— Mais quoi ? Voyons, parlez ? Qu'y a-t-
il qui s'oppose à cette retraite dont personne ne vous blâmerait ?
— .... Il y a, cher lecteur, que je suis l'être le plus distrait du monde, et que, dans le cours de ma longue carrière, j'ai totalement oublié de faire fortune.