‹ Souvenirs d'un naturalisteChapitre 27 sur 32 · HOTE · texte numérisé non relu

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que ceux de ses devanciers. Ces classifications, accueillies avec enthousiasme, servent encore au-* jourd'hui aux botanistes. Linné ne s'abusait pas d'ailleurs sur ce que les syêtèmes en général, et le sien en particulier, ont toujours d'artificiel; il sentait qu'il devait y avoir quelque chose de su* périeur, et dans ses Fragments de méthode natu^ relie il s'efforça d'atteindre ce quelque chose. Mais le temps n'était pas venu, et c^tte gloire était réservée à deux Français : à Laurent de Jussieu pour la botanique, à Cuvier pour la toologie (1).

N» /i9 (p. 65). — Le ctmpresseur est un petit instrument qu'on pourrait appeler la main du mierographe. Il a été inventé en Allemagne par Purkinje, et perfectionné considérablement par divers (d)servateurs. Cet instrument consiste essentiellement en une plaque métallique percée à son milieu d'une ouverture que ferme une lame de verre. Une seconde lame de verre portée par un anneau mobile vient s'appliquer exactement sur la première. L'anneau est placé à l'une des extrémités d'une tige tournant sur deux pivots et garnie à l'extraite opposée d'une vis qui permet de rapprocher ou d'éloigner graduellement les lames de verre. Dans le compresseur que j'ai fait construire,

(I) Voyez plus loin les notes consacrées aux Jussiea et k CoYier.

ces deux dernières sont très minces, et Tinstrument est disposé de telle sorte que Ton peut le retour* ner pour examiner successivement les deux faces opposées de l'objet placé entre les deux lames de verre.

Le compresseur a rendu de grands services à la science en ce qu'il permet de graduer à volonté la pression exercée sur certains animaux beaucoup trop petits pour être maniés. Dans beaucoup de cas, cette pression sert seulement à les empêcher de se mouvoir, et, par conséquent, en rend l'observation infiniment plus facile que lorsqu'il fallait les suivre au milieu de toutes leurs évolutions. Souvent aussi on règle la pression de manière à transr former les surfaces arrondies d'un animal en sur* faces planes et à faire disparaître ainsi les phénomènes de réfraction, qui rendent l'observation impossible. Dans certains cas, cette compression portée plus loin aplatit l'animal, diminue soa épaisseur et permet à la vue de pénétrer dans l'intérieur du corps. Très souvent, en faisant glisser les deux lames l'une sur l'autre, on fait rouler l'animal qu'elles emprisonnent et on l'examine ainsi sous toutes ses faces. Enfin, dans quelques cas rares, on pousse la compression jusqu'à l'écra* sèment pour isoler certains organes dont les tissus, résistant mieux que le reste du corps à la décomposition subite qui suit la mort de certains animaux

très délicats, se trouvent ainsi, pour ainsi dire, disséqués.

N*» 50 (p. 66). — Geoffroy Saint-Hilaire, membre de rinstitut, professeur au Jardin des plantes et à la Faculté des sciences, né à Étampes en 1772, mort à Paris en 18/14, a laissé un des noms les plus illustres de la science moderne. Cette illustration est due surtout aux grandes idées dont il s'est préoccupé pendant toute sa vie, et qu'il a introduites ou ramenées dans le champ des études zoologiques. Cette direction générale donnée à près d'un demi-siècle de recherches incessantes explique les jugements si divers portés sur le savant qui Ta suivie. Pour apprécier ces jugements et dégager ce qu'ils renferment de juste ou d'exagéré, une discussion sérieuse des faits et des doctrines est absolument nécessaire. Il est impossible de séparer Geoffroy de ses prédécesseurs immédiats et de ses contemporains. On ne peut pas davantage acquérir une idée exacte de la valeur de ses travaux , si l'on ne tient compte des progrès très grands accomplis depuis sa mort. Un pareil sujet, on le comprend, ne saurait être abordé comme en passant et dans une note. Un jour, sans doute, je le traiterai avec détail dans un ouvrage dont la pensée s'est souvent offerte à mon esprit. Aujourd'hui, je dois me borner à esquisser une courte notice presque exclusivement biographique.

Destiné par sa famille à la carrière ecclésiasr* tique, Geoffroy Saint-Hilaire fut pourvu à douze ans d*un canonicat et fit ses études au collège de Navarre. Mais là, il eut à suivre les leçons d'un homme à la fois physicien et natu* ralisto, qui ne tarda pas à éveiller en lui le goût des sciences (1). Aussi, au sortir du collège suivit-il à la fois les leçons de Haûy (2) et de

(!) Le profeMeur de Geofhroy Saiat-Hilaire fat Brisson , membre de FAcadémie des sciences, qui a laissé, entre autres ouvrages, un Traité de physique, un Dictionnaire de physique et une Ornithologie consultée encore aujourd'hui à cause de l'exactitude des descriptions.

(2) Hatty, membre de l'Institut, professeur au Jardin dea plantes et à la Faculté des sciences, naquit à Paris en 1742 et mourut à Paris en 1822. Fils d'un simple ouvrier, il paraissait destiné à suivre la même carrière, lorsque son intelligence et sa piété le firent distinguer par le supérieur d'un couvent qui se chargea de sa première éducation. Bientôt il fut envoyé comme enfant de choeur dans une ^lise de Paris, et passa de là au collège, de Navarre puis au collège Lemoine, où il fut nommé régent de seconde. Là il se lia avec Lhomond le grammairien , et , pour se plier aux goûts de son ami, il s'occupa de botanique. Dès ce moment seulement il comprit sa térltabtft vocation, Mquenta le Jardin des plantes et suivit surtout le cours de minéralogie que faisait Daubenton.

Haûy avait trente -huit ans quand il commença ses études minéralogiques. A cette époque, Linné avait déjà montré que la forme régulière des cristaux est due à Taction de forces agissant sous l'empire de lois précises. Rome de Usle avait

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