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Daubenton (1). Les relations qui s'établirent entre les maîtres et l'élève eurent pour la science un
fait un pas bien plus grand en reconnaissant que les angles sont constants dans les divers cristaux d*nne même Tariëté. Toutefois les lois de la cristallisation ëuient restées inconnues, lorsqu'une heureuse maladresse mît Hally sur la voie de cette découverte. Un groupe de spath calcaire qu*il examinait lui échappa et se brisa. Frappé de la régularité des cassures , Haûy ramasse les débris , les examine avec soin , les réduit en fragments plus petits, et entrevoit des relations constantes entre les formes diverses qu'il obtient ainsi. Alon il rapprend la physique et les mathématiques dont il avait su autrefois les éléments ; il met successivement en pièces tous les échantillons de sa petite collection particulière ; mesure et calcule les angles par des méthodes qu'il invente ; ramène à un petit nombre de formes primitives les formes en nombre presque infini que nous off^e la nature» et crée enfin de toutes pièces une gcience entièrement nouvelle , la mi-* néralogie cristal lographique.
. Le modeste régent de seconde avait donc conquis une gloire réservée à bien peu de savants. Les honneurs ne tardèrent pas à lui arriver de toutes parts. La République aussi bien que l'Empire allèrent \e chercher Jusque dans sa retraite pour le placer dans les premières chaires ou dans d'importantes commissions. Mais, sans se laisser éblouir, Haay demeura fidèle à ses habitudes de travail et de modestie. Oublié par la Restauration , il mourut , laissant pour tout héritage la collection type de tons ses ouvrages. Cette collée^ tion, si précieuse à tant de titres, fut acquise d'abord à très bon marché par un Anglais ; mais rachetée depuis par la France, grâce an zèle de M. Dufrénoy, elle figure aujourd'hui dans les galeries du Jardin des plantes. (1) Daubenton, membre de TAcadémie des sciences, pro-
résultat doublement heureux. Elles décidèrent de Tavenir de Geoffroy et sauvèrent la vie de Haûy. En effet, emprisonné comme prêtre réfractaire peu de jours avant les massacres de septembre, ce dernier aurait infailliblement péri, si son élève n'eût mis à le délivrer Tardeur qu'il apporta toujours à tout ce qui touchait à sa tête ou à son cœur. Non content d'avoir stimulé les confrères de l'illustre minéralogiste et d'avoir provoqué de la part de l'Académie une démarche qui fut suivie d'un ordre d'élargissement, Geoffroy alla chercher son maître sous les verrous, et courut, à cette occasion, des dangers personnels. Quelques jours plus tard, il s'exposait bien davantage pour sauver ses anciens professeurs du collège de Navarre. Revêtu des insignes d'un inspecteur des prisons, il pénétra, le 2 septembre au matin, dans le séminaire de Saint-Firmin après avoir tout préparé pour leur évasion ; mais aucun ne voulut sortir, de peur d'aggraver la position des prisonniers qui seraient restés. Â tout hasard, Geoffroy leur indiqua alors un mur facile à escalader et par lequel ils pourraient s'échapper. Lui-même alla passer la nuit du 2 au 3 à l'endroit désigné et aida ainsi à l'évasion de douze prêtres. Au point du
fesseur au Jardin des plantes et au Collège de France, avait été le collaborateur de Buffon. (Voyez plus loin la note coq^ sacrée à ce dernier.)