‹ Souvenirs d'un parisienChapitre 10 sur 29 · LE PASSANT · texte numérisé non relu

LE PASSANT

En 1866, j'étais le plus obscur des accoupleurs de rimes. Le titre de mon premier recueil de vers, le %eliquaire, avait été cité par Théophile Gautier dans son rapport sur la poésie française, et, après avoir lu la mince plaquette, Intimités, Sainte-Beuve m'avait adressé une lettre flatteuse qu'on a publiée après sa mort, dans un volume de correspondance. Mes premiers vers n'étaient donc connus que d'un groupe de poètes et d'un petit nombre d'amis de la poésie. Ces faibles encouragements suffisaient, d'ailleurs, pour me pousser à la persévérance. J'étais sans ambition aucune, j'ignorais le vain désir de

la gloire et je faisais des vers seulement pour le plaisir.

J'écrivis, entre divers poèmes, un court récit,

— aujourd'hui assez, et peut-être trop connu,

— la "Bénédiction.

(( Il faut publier cela, tout de suite, » me dit Catulle Mendès, l'enthousiaste et excellent Mendès, à qui j'apportai mon travail, tout chaud, tout bouillant.

Publier? Je ne demandais pas autre chose. Mais où? A cette époque, il y avait fort peu de revues, de journaux littéraires; et, presque partout, les manuscrits à lignes de longueur inégale étaient repoussés avec horreur.

Mais Mendès n'hésita pas :

(( Il faut publier votre récit dans VcArtiste... Arsène Houssaye vous le prendra sans hésiter. ))

J'allai donc voir Houssaye, que je connaissais à peine, mais qui avait lu quelques-uns de mes vers; car, toute sa vie, il aima passionnément les poètes et la poésie. Beau comme un doge et traînant sa longue robe rouge sur le parquet de sa magnifique galerie de tableaux, il me reçut avec une grâce exquise, accepta mon poème sans le lire, me promit de le faire paraître dans le plus prochain numéro de VcArtiste et m'invita à la redoute qu'il devait donner peu

le jours après. Entre parenthèses, je me rappelle avoir assisté à cette fête admirable, avoir drculé dans ce décor digne de Véronèse, avec in habit noir emprunté à un camarade et qui 'me gênait joliment sous les aisselles; et — voyez-vous le fat? — je me rappelle encore que, malgré ce vêtement étriqué, je fus l'objet d'agaceries d'un certain domino rose, à qui — n'ayant pas dans ma poche de quoi payer un souper — je ne pus offrir, à mon grand regret, qu'un très insuffisant marivaudage... Mais Arsène Houssaye me tint parole et publia ma 'Bénédiclion.

Mince service, pensez-vous? Non pas. Tout à coup, j'appris — par Théodore de Banville, si j'ai bonne mémoire — que le bon diseur de vers, Anatole Lionnet, faisait applaudir, dans tous les concerts, ma "Bénédiction et la pièce des Intimités qui se termine ainsi :

Mignonne, nous ferons l'aumône, cet hiver.

Puis la tragédienne Agar, alors dans toute la splendeur de son talent et de sa beauté, lut, par hasard, dans VoAniste, la Bénédiction et résolut de la déclamer dans un concert. Elle m'en fit avertir par un de ses amis, Ernest Lépine, qui, sous son nom et sous le pseudonyme de Quatrelles, a écrit d'aimables ouvrages.

Ayant applaudi — dans la salle Pleyel, si je ne me trompe — la superbe artiste, qui sut donner toute l'ampleur d'un drame au sanglant épisode que j'avais ajouté aux horreurs de la prise de Saragosse, j'allais, tout naturellement, peu de jours après, remercier mon interprète, dans sa loge, à l'Odéon. Drapée dans le péplum et chaussée du cothurne, — car elle incarnait, ce soir-là, la Camille de Corneille, — elle accueillit avec une exquise bonté le jeune homme très intimidé qui pénétrait pour la première fois dans les coulisses. Elle m'invita à revenir. Je revins.

« Aux termes de mon engagement, me ditelle au cours d'une de mes visites, une représentation sera donnée, l'hiver prochain, à mon bénéfice, et j'en arrêterai moi-même le programme... Faites-moi donc, pour cette circonstance, une brève saynète, un dialogue à deux personnages, quelque chose de court et de facile à monter... »

Jusque-là, je n'avais jamais songé à écrire

pour le théâtre. Poète désintéressé, je rêvais tout au plus de laisser, après moi, une ou deux fleurs poétiques dons l'herbier des florilèges. Mais ce que me demandait Agar n'était pas un ouvrage dramatique; c'était seulement un duo en vers, un poème à deux voix. De cela je ne me crus pas incapable. Me rappelant le délicieux Chanteur Florentin, de Paul Dubois, que j'avais admiré au Salon dans la fraîcheur du plâtre, j'eus le caprice d'imaginer la chanson d'amour et de jeunesse qu'il accompagne sur sa guitare au long manche, et, en quelques jours, je fis le Tassant.

Ce furent de belles heures. J'habitais alors, avec ma vieille mère et ma sœur aînée, un très modeste logis, à Montmartre, au fond du passage de l'Elysée-des-Beaux-Arts. Là, quand j'ouvrais la fenêtre de ma très étroite chambrette, je me trouvais, pour ainsi dire, dans l'intérieur d'un grand arbre, d'un beau tilleul, et, dans ses branches, au printemps, après le coucher du soleil, des centaines de moineaux y faisaient, comme disent les bonnes gens, leur (( prière du soir », c'est-à-dire le ramage extraordinaire que j'ai noté dans ce vers :

Bruit pareil à celui d'une immense friture. On m'a beaucoup reproché cette compa-

raison réaliste ; elle a, cependant, le mérite d'être exacte.

J'avais, alors, peu de temps à moi, car, pour gagner le pain quotidien, je passais une grande partie de la journée au ministère de la Guerre, où j'occupais un petit emploi. Mais, vers cinq heures, j'étais de retour à la maison, et ce furent peut-être les plus doux instants de ma vie, ces soirs de septembre où j'écrivis le Tassam, près de ma fenêtre ouverte, devant ce feuillage déjà rouillé où les oiseaux ne chantaient plus, mais que leur vol faisait frémir, et au travers duquel je voyais le ciel d'or d'un couchant d'automne.

Lorsque Agar eut entendu la lecture de mon manuscrit, elle fut enthousiasmée.

(( Je jouerai donc Silvia, s'écria-t-elle, et il y a justement, à l'Odéon, une de mes jeunes camarades, Sarah Bernhardt, qui est charmante et qui me semble tout exprès mise au monde pour représenter Zanetto.

Puis du temps passa, le « bénéfice » d'Agar ne devant avoir lieu qu'à la fin de l'hiver, et je ne songeai plus guère au Tassant. Dans tous les cas, je ne fondais sur lui que de médiocres espé-

rances. Tant d'autres avaient fait jouer, avec honneur, un acte en vers, à l'Odéon, sans que le succès eût de nombreux lendemains, qu'il me .semblait, en les imitant, observer un usage, une isorte de rite, et rien de plus. Mon petit ouvrage l'avait donné une grande joie, celle de le [produire, ou, pour mieux dire, de l'improviser. Quant au résultat de sa manifestation devant le 'public, je l'attendais sans illusions et sans impa- Itience.

Cependant, quand Agar annonça aux deux directeurs associés qui administraient alors rOdéon, MM. Chilly et Duquesnel, qu'elle jouerait, le soir de son « bénéfice », l'œuvre d'un jeune poète, ils eurent le désir de la connaître, et elle leur communiqua le manuscrit. L'un et l'autre furent tout de suite conquis, aussi bien Chilly, ancien (( traître » de l'Ambigu et vieux routier de théâtre, que Duquesnel, esprit cultivé et d'un goût délicat et sûr.

« Il ne faut pas, dit Chilly à la tragédienne, jouer cela dans ce ce bénéfice », ou la presse ne sera pas conviée, mais bien comme on joue les autres pièces, devant les journalistes et le public des (T premières ».

L'excellente Agar se garda bien de les contredire, et, vers la fin de décembre, on mit la pièce à l'étude. Le croira-t-on? Je n'ai assisté

qu'aux dernières répétitions, non par indifférence, mais parce que tout le monde, les deux comédiennes et les deux directeurs, m'avaient dit : (( Laissez-nous faire... Vous n'y entendez rien... )), ce qui était la vérité.

Mais j'étais présent, cela va sans dire, à la répétition générale, avec décors, costumes et musique, et, là, je fus enchanté. Par un concours d'heureuses circonstances, comme on en rencontre rarement, mon petit ouvrage allait être présenté au public dans les conditions les plus favorables. D'un drame, joué récemment et qui n'avait pas réussi, il restait un charmant et poétique décor dont le paysage et les parties d'architecture, inondés par la lueur bleue du clair de lune, étaient comme baignés dans une atmosphère de rêve.

Pour la sérénade.

Mignonne, voici l'avril,

le chef d'orchestre Ancessy avait composé une mélodie qui — sans valoir le petit chef-d'œuvre inspiré un peu plus tard au maître Massenet — était fort agréable; et comme, en ce temps, il y avait encore, dans tous les théâtres, un groupe d'instruments de bois et de cordes qui jouait pendant les entr'actes, le directeur Chilly, se souvenant des trémolo de l'Ambigu, avait eu la

bonne idée de faire accompagner mes vers, çà et là, par un discret mélodrame, dont le vieil Ancessy avait choisi les airs, avec beaucoup de tact, dans la gracieuse partition de Giselle.

La mise en scène était donc excellente. Mais que dire des deux interprètes? Que dire d'Agar, si majestueusement belle dans sa robe de satin blanc à longue traîne et dressant, sur sa chevelure ténébreuse, le « front stupide et fier )) que Musset donne à la courtisane Belcolor? Que dire de Sarah, alors si mince, si svelte, — avec sa gloire allaient commencer alors les plaisanteries hyperboliques sur sa maigreur de jadis, — de Sarah, dépourvue, par bonheur, des hanches et des cuisses qui rendent si invraisemblables et même si choquants les rôles de travestis, de Sarah, dont toute la personne avait la souplesse, la légèreté, la grâce de l'éphèbe? Et quel admirable talent chez l'une comme chez l'autre! Quelle noblesse d'attitudes et de gestes, quelle émotion profonde chez ma Silvia! Quel enivrement, quelle joie, quelle folie de jeunesse chez mon Zanetto! Toutes deux disaient les vers à merveille, et l'on jouissait, avec un plaisir infini, du contraste de ces deux harmonieux organes, de la voix enchanteresse, de la (c voix d'or » de Sarah, alternant avec le pathétique contralto d'Agar. Un mot s'impose

pour qualifier la première interprétation du Tassant. C'était la perfection même.

Je sortis de cette répétition — on le devine — absolument satisfait, je dis mal, tout à fait ravi, mais sans éprouver le pressentiment, je l'avoue, que la soirée du lendemain aurait une influence décisive sur toute ma vie. Là-haut, à Montmartre, dans l'humble logement de la ' famille, on était, certes, bien content que j'eusse : écrit un acte en vers et qu'il fût joué, mais on ne faisait pas non plus, à propos de ce mince événement, de rêves ambitieux. Cependant, le soir de la et première » , ma vieille maman et ma sœur ayant, pour la circonstance, fait un peu de toilette, — oh! elles ne pouvaient pas en faire beaucoup, — nous nous mîmes en route pour rOdéon, très modestement, — en omnibus.

Mais, encore une fois, je le répète, pendant le voyage, qui fut lent, comme d'habitude, avec arrêts aux stations, appels des numéros et coups de timbre du compteur, je ne me doutai nullement que notre véhicule démocratique était, pour moi, un char triomphal.

On arriva. J'installai, dans une baignoire, ma l mère et ma sœur, qu'accompagnait un vieil 1 ami, et je montai sur le théâtre.

On jouait, à ce moment, comme lever de rideau, un autre acte en vers dont j'ai oublié le titre et dont l'auteur, Jean du Boys, pauvre poète aujourd'hui bien oublié, mais qui avait eu quelques succès, devint fou et mourut peu de temps après. En traversant la scène, derrière le décor, pour monter dans les loges et saluer mes deux actrices, j'entendis des applaudissements, assez faibles, il est vrai, et mon oreille sans expérience ne sut pas reconnaître en eux l'effort impuissant de la claque. O naïveté du jeune âge! Je souhaitai alors, pour le Tassant, un succès pareil à celui du malheureux lever de rideau qui venait de tomber à plat.

C'était mon tour, à présent. On installa le décor, on alluma le « clair de lune », et les toiles peintes, vues de près, me parurent fort laides. Mes deux interprètes arrivèrent, moins belles et moins aimables qu'ordinairement, me scmbla-t-il, sous le maquillage toujours un peu brutal et avec ce regard de distraction et de vague inquiétude qu'on retrouve chez tout comédien sur le point d'entrer en scène. Alors, seulement, je sentis le serrement de cœur, la si douloureuse angoisse des (( premières ». Mais

C)8 SOUVENIRS d'un PARISIEN

on frappa les trois coups et je me réfugiai classiquement dans la coulisse de gauche, c'est-àdire (f côté jardin )), — en compagnie du pompier.

La toile se leva, avec son sifflement faible et prolongé, et, dans un silence effrayant, la belle voix d'Agar lança le premier vers :

Que l'amour soit maudit ! je ne puis plus pleurer.

Oh! l'atroce minute! Je tremblais, maintenant, d'émotion nerveuse et de peur. Mais, dès le milieu du monologue de Silvia, les premiers applaudissements se firent entendre, et, lorsque Zanetto fut en scène, ils redoublèrent, puis furent accompagnés d'explosions de bravos et atteignirent un surprenant degré d'intensité. A la fin de plusieurs groupes de vers, délicieusement dits parSarah Bernhardt, j'entendis même de nombreuses voix crier bis.

Le cliché, tonnerre d'applaudissements, n'est pas tout à fait exact. Ce bruit ressemble moins au grondement qui suit un coup de foudre qu'au fracas de la grêle criblant des toitures métalliques. Cette nuance notée, l'impression est pourtant bien celle d'un orage qui crève, et, quand éclata en ma faveur cet orage d'applaudissements et de clameurs, j'éprouvai — ai-je besoin de le dire? — un soulagement délicieux.

Cependant, ce n'était pas encore dans cette coulisse, à côté du pompier parfaitement calme, que je pouvais mesurer la portée du succès. Dans la salle seulement j'aurais pu m'en rendre compte. Oui, cette fameuse (( première » du Tassant, qui devait me rendre célèbre en moins d'une heure et décider de ma carrière littéraire, je n'y ai, pour ainsi dire, pas assisté, ou, du moins, je n'en ai qu'assez mal entendu le glorieux écho entre deux châssis du « côté jardin )) et auprès d'un pompier impassible. C'est un des plus vifs regrets de ma vie.

N'exagérons rien. Le tumulte d'ovation qui salua mon nom jeté par Sarah au public, les trois ou quatre rappels auxquels durent répondre mes deux interprètes, la joie avec laquelle, en me donnant l'accolade d'usage, elles m'étreignirent de leurs bras parfumés, la chaleureuse poignée de main des directeurs, furent, pour moi, des preuves immédiates et manifestes que mon poème dialogué avait pleinement réussi; et lorsque, dans le foyer des artistes, je fus entouré et félicité par une foule de

lOO SOUVENIRS D UN PARISIEN

beaux messieurs et de belles dames connus de tout Paris et que seul, pauvre petit solitaire, je ne connaissais pas, je me doutais bien que le sort du Tassant était autre que celui de Tacte en vers « rituel », si j'ose dire, que tant de jeunes accoupleurs de rimes avaient fait jouer à rOdéon.

Mais, le lendemain matin seulement, — telle est la vérité, — je compris, en lisant les journaux et leurs articles, presque tous enthousiastes, de quel coup de fortune je venais d'être favorisé. Puis, dans les deux ou trois jours qui suivirent, je reçus, dans mon humble chambre, des visites extraordinaires. Camille Doucet, qui devint pour moi, par la suite, le plus paternel et le plus dévoué des amis, Camille Doucet, alors directeur général des théâtres, vint m'annoncer que ma pièce serait bientôt représentée aux Tuileries. Théophile Gautier, l'excellent maître, m'apportait une invitation de la princesse Mathilde, avec qui je devais me lier d'une affection qui durera toujours. Enfin, mon cher éditeur, Alphonse Lemerre, — c'était là le bouquet du feu d'artifice, — accourait me dire, avec une joie exubérante, qu'il ne restait plus, dans sa boutique, un seul exemplaire du î^/iquaire ni des Intimités, et que les éditions de ma pièce s'épuisaient avec une folle rapidité.

SOUVENIRS D UN PARISIEN lOI

C'en était fait. A partir de là, je fus c( l'auteur du Tassant », et, pendant longtemps, on n'a guère imprimé mon nom sans le faire suivre de ce titre. Ayant produit beaucoup — trop, peutêtre — depuis, en vers et en prose, j'ai été parfois agacé de cette obstination du public à ne se souvenir que de ce court poème. J'avais tort.

Aujourd'hui, sur le déclin de la vie, ayant reconnu que tout est vanité, — la renommée littéraire comme le reste, — je garde, pourtant, un sentiment attendri et mélancolique pour mon cher petit Tassant, car je lui dois une faveur qui n'est accordée qu'à peu d'élus : du complet bonheur en pleine jeunesse.

Une anecdote à propos du Tassant, Comme on le devine, ce premier succès me valut de bien doux et bien précieux témoignages de sympathie; mais aucun ne s'exprima d'une façon plus singulière que celui du fécond et merveilleux conteur, de l'incomparable inventeur dramatique, qui s'appelait Alexandre Dumas père. Je venais de lui être présenté et je contemplais, tout ému, ce colosse bon enfant,

dont la large figure bistrée me souriait sous sa chevelure de laine grisonnante. Jeune homme encore bien timide, j'essayais même de lui balbutier un compliment plein de respectueuse admiration, lorsque l'auteur des Trois zMousquetaires me prit brusquement par la tête, m'embrassa sur les deux joues et me cria, de sa voix chaude et cordiale :

— Tutoie-moi, homme de talent!

Tutoyer Dumas père! Prendre une telle familiarité avec un homme âgé, avec un écrivain illustre, avec un maître admiré, cela m'était tout à fait impossible. D'un autre côté, comment refuser d'obéir à cet ordre amical, qu'il me donnait avec une rondeur presque impérieuse? Heureusement, je ne perdis pas la tête, j'eus une bonne inspiration, et, comme il répétait, avec insistance, son « Tutoie-moi donc, homme de talent! », je lui sautai au cou, je lui rendis son accolade et je lui répondis, avec émotion :

— Je n'oserai jamais, homme de génie!

Il éclata de rire, et voilà comment j'ai eu le bonheur de faire plaisir à Dumas père sans lui manquer de respect.

Page 1