‹ Souvenirs d'un préfet de police (volume 2)Chapitre 2 sur 33 · SOUVENUES · texte numérisé non relu

SOUVENUES

politique ou qui même appartiendront à l'histo J'espère que le lecteur s'intéressera aux ré^ des circonstances qui m'ont amené, malgré n répugnances, à exécuter les décrets de dispersî des congi'égations religieuses, dans un intéj politique sur lequel je m'expliquerai avec fra cbise.

Ma préoccupation, d'ailleurs, n'est pas seul ment celle de ma défense personnelle. Mes ar ciens collaborateurs ont été souvent les victime des haines que leur chef s'était attirées. D'autr part, l'institution même de la préfecture de police a été menacée.

De mon temps, elle n'était que menacée ; j'ai bien peur que depuis elle n'ait été compromise.

Le meilleur moyen de sauver cette instilulioD, que je crois indispensable à la sécurité de Paris, c*est de reconnaître franchement les erreurs et les abus et d'entrer dans la voie des réformes nécessaires.

Peut-être, dans cet ordre d'idées, ne lira-t-on pas sans quelque profit les sincères aveux d'un l ancien fonctionnaire qui n'a pas la vanité de ne s'être jamais trompé.

Ma nomination.

M. AVaddington. — M. Lepère.

Le 4 mars 1879, vers dix heures du malin, M. Waddington, président du conseil des ministres, me fit rhonneur de venir m'offrir la succession do M. Albert Gigot à la préfecture de police.

M. Waddington voulut bien me dire que le gouvernement s'était rappelé quelques services que j'avais pu rendre à la cause de Tordre en 1870 et 1871, dans les moments difficiles, alors que j'étais procureur de la République à Lyon. Il ajouta que ses collègues et lui avaient cru reconnaître dans le rapporteur de la loi sur Tamnistie partielle les qualités nécessaires au fonctionnaire appelé à rétablir la discipline et la confiance dans un personnel fort ébranlé par do récents assauts.

Je n'eus pas d'hésitation. La préfectui'o de police, pai' la variété et la multiplicité de ses attributions, autant que par les moyens d'investiijations dont elle dispose, était à la fois un sujet et une occasion de recherches et d'études

qui tentaient ma curiosité. Mes précédenl fonctions m y ayant préparé, j'espérais pouv( y justiiier la confiance du cabinet qui me faisi rhonneur de m'y appeler. Les difficultés mêmi que j'allais rencontrer, les attaques de la presst l'hostilité du conseil municipal, le désarroi d personnel, n'étaient pas sans attrait pour cett humeur batailleuse qu'on m'a souvent reprochée que j'ai toujours niée, mais dont il faut bien qu'enfin je me confesse.

Donc j'étais décidé à accepter. Cependant, j'eus soin de ne pas le laisser paraître, et je demandai quelques heures pour réfléchir.

Quand un gouvernement vous ofl*re de hautes fonctions et paraît tenir à vos services, il faut toujours demander des délais pour réfléchir. Trop d'empressement aurait un air de gloutonnerie inconvenante et grossière.

Le soir, je fis connaître à M. le président du conseil que j'étais à sa disposition, pourvu qu'il voulut bien me laisser toute latitude pour les mesures que je croirais nécessaires à la réorganisation de la préfecture.

M. Waddington accepta toutes mes réserves, — dont j'ai quelquefois abusé plus tard, — me demandant seulement de prendre au plus vite possession de mon poste.

len:- e lendemain S mars, le Journal Officiel pu-

>UT. : It un décret contre-signe par M. Ch. Lepère,

faisi istre de Tîntérieur et des cultes, aux termes

iè& ael j'étais nommé préfet de police, en rem-

esî^ emcnt de M. Albert Gigot, dont la démission

>i : , acceptée.

ce:. J dois ajouter que M. Lepère n'était pour rien

hr: I ma nomination, et que, s'il fut responsable

hit: Jhoix de ma personne et des actes de mon anislration, ce ne fut que par Tinjuste effet

ani fictions constitutionnelles.

'au

îir.

)^ p d'œil rétrospectif nécessaire à l'intelli-

I , snce de ce qui va suivre. — Le conseil municipal. — La « Lanterne ». — M. Tves Guyot.

La préfecture de police a toujours eu à se défendre contre des adversaires passionnés. Chargée d'assm'er la sécurité de tous, elle doit inévitablement gêner la liberté de quelques-uns ; elle s'attire les haines de ceux-ci ; les autres ne croient lui devoir aucune gratitude, car Tordre public, la sécurité de la cité, paraissent choses trop natu-

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relies pour qu'on ôonge à en reporter rhonn< au dévouement de ceux qui en ont la garde.

Toutefois, la préfecture n'avait jamais con les épreuves par lesquelles elle venait de passe Obligé de demander le vote de son budget « conseil municipal de la ville de Paris, le préi avait rencontré dans cette assemblée rhostilil de ceux qui déjà réclamaient la suppression d la préfecture de police, et les prétentions na moins redoutables de ceux, plus modérés, qu se bornaient à vouloir subordonner cette admi nistration à l'autorité municipale.

La presse, spéculant sur la curiosité et sur les préventions du public, secondait ce double courant d'opposition.

Le journal la Lanterne s'était fait plus particulièrement remarquer par la violence de ses attaques, d'abord contre le service des mœurs, puis bientôt contre tous les services de la préfecture.

Il y avait, dans la rédaction de cette feuille populaire, un spécialiste, ancien conseiller municipal, qui avait fait autrefois, pour le compte du député Ménier, dont il était rÉgéric, des travaux d'économie politique.

Comment M. Yves Guyot — puisqu'il faut l'appeler par son nom — ùtait-il parti de l'amour

des études économiques pour arriver à la haine de la police? Y avait-il là un phénomène d'atavisme? Je crois plutôt qu'une confusion s'était faite dans cet esprit étroit, obstiné, breton, et qu'arrivé à Tétude des choses de la police, il voulait, avec ,un entêtement sincère, y faire pénétrer le principe du « laisser-faire et du laisser-passer ».

Ce n est pas lui qui aurait reproché aux carabiniers « d'arriver toujours trop tard ». — « Pour qu'une police soit bonne, disait- il dans son rapport au conseil municipal, il faut qu'elle se fasse désirer. »

Je lis dans le même rapport : « On appelle scandale des actes qui choquent la morale plus ou moins raisonnée de la majorité des habitants d'une ville. La police n'a pas à apprécier ou à juger la valeur de ces actes ; elle n'a qu'une mission : les empêcher de se produire dans les endroits publics, aux jours et aux heures où ils sont fréquentés. Ce dont elle doit se garder, c est de multiplier les délits en sévissant alors que lacté ne porte préjudice à personne. »

Vous entendez bien : durant les nuits d été, il se passe aux Champs-Elysées des actes qui choquent la morale mal raisoiiiiée de la majorité des habitants de Paris. La police n'est pas compé-

tente pour apprécier la valeur de ces actes un père de famille rentre à pied*, avec ses enfa avec sa femme, il a tort; il est indiscret; ce n pas l'heure où les Champs-Elysées sont 1 quentés ; s'il n'était pas là, il nV aurait pas d*c trage public à la pudeur, car il n'y aurait public, ni pudeur. Quant aux agents, s'ils co naissent leurs classiques, qu'ils se rappellent couplet des garçons de cafés servant dans L cabinets : « Fermons les yeux ; ne gènos pas, etc.. »

Surtout qu'ils ne multiplient pas les délits ei sévissant I Quand viendra le moment de faire h statistique criminelle, il est bien certain que plus on aura sévi, plus il y aura de délits.

M. Yves Guyot, qui développa ces ingénieuses théories au conseil municipal, s'en inspirait quand, s'affublant de travestissements variés, il publia successivement, dans la Lanterne^ les Lettres d'un ex-agent des mœurs, les Lettres d'un médeciîi, les Lettres d'un vieux petit emploijé.

M. Albert Gigot. — Le procès de la « Lanterne ». — L'enquête. — L'interpellation. — L'effondrement.

Quelles qu'en fussent Thabiloté et la perfidie, il n'eût pas fallu attacher à la campagne de la Lanterne plus d'importance que n'en doivent avoir les articles de journaux sous un régime de liberté, si, à côté de l'œuvre du publicisle, il n'y eût eu une œuvre d'embauchage et de corruption, vraiment dangereuse pour la discipline.

J'ai acquis la preuve que trois commissaires de police, dont je pourrais dire les noms, donnaient des renseignements à M. Yves Guyot pour la rédaction des pamphlets dirigés contre l'administration dont ils faisaient partie.

D'autre part, la Lanterne s'était mise en relation avec des agents inférieurs, qui lui dénonnonçaicnt leurs chefs et lui apportaient chaque jour, à l'occasion de chaque arrestation de filles ou de malfaiteurs, les récits les plus fantaisistes.

M. Albert Gigot s'en émut et crut devoir pro-

voquer des poursuites contre le journal qu menaçait et désorganisait ainsi son adminis tration.

M. Albert Gigot, appelé par M. Dufaure à 1 préfecture de police, méritait certainement, p» rélévation de son intelligence et la droiture d( son caractère, d'avoir fixé le choix de Téminent garde des sceaux.

M. Albert Gigot est un jurisconsulte distingué; il a étudié avec profit la législation constitutionnelle des peuples libres, particulièrement celle de TAngieterre, et, dans cette étude, il s'est épris d'un sincère amour pour la liberté.

Mais il a les défauts de ses qualités. Loyal, il croit trop facilement à la loyauté de ses adversaires; il cherche à les convaincre en discutant avec eux, à les désarmer en leur faisant des concessions. Libéral, au risque de compromettre Tautorité dont il a le dépôt, il hésite quand il faut agir et se laisse arrêter par d'honorables scrupules auxquels il convient de rendre hommage, même quand ils paraissent déplacés.

Au moment des plus violentes attaques dont son personnel était l'objet, M. Gigot donnait audience à M. Yves Guyotet prenait ses avis sur les réformes à accomplir, sur les révocations à prononcer. Et le lendemain, 2o octobre 1878, la

Lanterne pouvait raconter l'entrevue en ces termes* :

« M. le préfet de police a lu uoe liste assez longue de révocations d'agents pour cause d'abus; mais M. Yves Guyot a été surpris de ne pas trouver dans cette liste celle du sous-brigadier X. Il est vrai que le sous-brigadier X. a le même protecteur que MM. Y. et Z. M. le préfet de police reconnaît Timpuissance de la police au point de vue de la morale publique, etc. »

On comprend quel devait être sur les agents et sur les chefe de services l'effet de semblables révélations.

Aussi, lorsque M. Albert Gigot se décida à poursuivre la Lanterne, le mal était fait; j'ajoute que le remède était encore pire.

Prendre un tribunal pour juge entre la préfec-

l. M, AU)ert Gigot a protesté depuis contre le récit de la Lanterne,

Ce récit avait été déjà publié par M. Lecour, ancien chef de la !*■« division, dans son excellent livre La Campagne contre la Préfecture de Police; et si la protestation de raon éminent prédécesseur fût venue après la publication de cet ouvrage, je ne lui aurais pas donné moi-même l'occasion de se produire.

Mais quelles que puissent être les inexactitudes contenues dans l'article de la Lanterne , M. Albert Gigot ne contestera pas qu'il donnait audience à M. Yves Guyot, dont la présence ^ dans le cabinet du Préfet, n*était pas faite pour inspirer aux chefs de service la confiance et la sécurité. L. A.

ture de police et un journaliste, c'était à coup s le fait d'un honnête homme, qui avait confian en son bon droit, d'un ancien avocat respectuei de la justice; mais ce n'était pas le fait d'un cht de la police, ayant le sentiment de son autorit<

Le gérant de la Lanterne fut condamné à troi mois de prison et 1,000 francs d'amende. Maisl défense fit entendre, en qualité de témoins, dei inspecteurs de police retraités ou en activité, qu vinrent devant le tribunal comme ils allaient dans les bureaux du journal; y apportèrent la même passion, les mêjnes rancunes, les mêmes convoitises; s'emparèrent de quelques faits isolés, inévitables dans le fonctionnement d'une administration si complexe, et les présentèrent comme ua abus quotidien et comme une coutume.

M. Albert Gigot comprit combien sa victoire judiciaire ressemblait à celle de Pyrrhus. Mais il en tira cette singulière conclusion qu'il fallait recommencer le débat devant une commission spéciale. |

Sur sa demande, une enquête fut ordonnée. M. Albert Gigot, ne comprit pas que, pour le maintien de son autorité, pour la dignité de sa fonction, il devait être le seul juge de ses agents, le seul enquêteur sur les abus, s'il y avait des abus, Semblable à un mari qui interrogerait ses

amis sur les sentiments de sa femme, il consulta des sénateurs et des députés pour savoir si son personnel était fidèle.

L'enquête ne put aboutir. Après avoir appelé les enquêteurs, on eut des pudeurs tardives : on voulut leur interdire de lever les voiles intimes et on prétendit limiter leurs investigations. Les enquêteurs donnèrent leur démission.

Après ce dernier scandale, une interpellation fut portée à la tribune par M. Clemenceau.

Le ministre de Tintérieur, M. de Marcère, fatigué, écœuré, malade, répondit avec une indignation molle. Il dut se retirer après s'être vu refuser par la Chambre un ordre du jour de confiance. M. Albert Gigot disparaissait dans cet ellondrcment.

Deux cerbères. — M. Bonhoure habite rue du

Monthabor, n^ 13.

Ce rapide récit était nécessaire pour expliquer l3s difficultés que j'allais rencontrera la préfecture de police.

Mon objeclif n'était pas de conquérir les boi grâces de la Lanterne^ ni même de nouer p longtemps avec le conseil municipal une enti à coup sûr désirable, mais certainement îmj sible. Ma préoccupation exclusive était de réia l'autorité préfectorale, de faire revivre la dii pline, de réorganiser l'administration de la lice, dont les procès, les enquêtes, les interpe lions, avaient dispersé la poussière aux quî vents.

Pour cette œuvre, j avais besoin que la pre et le conseil municipal me laissassent quel( répit. J'essayai de jeter quelques gâteaux à deux cerbères.

La Lanterne d'abord ne parut point éloigi de vouloir flirter avec le nouveau préfet.

Avant même que j'eusse pris possession mes fonctions, je vis entrer chez moi un p homme à lunettes, que j'avais vu souvent (h les couloirs de la Chambre, fait à la fois bonhomie, de finesse et de brusquerie, toujo affairé, souriant discrètement en passant i députés ses amis, adressant à quelques-uns petit salut protecteur.

C'était M. Bonhoure, secrétaire-rédacteur l Chambre des députas et principal rédacteur la Lanterne.

Cet aimable cumulard causa d'abord avec mon secrétaire particulier :

— Vous voyez, lui dit-il, en bas, sur le trottoir, cet homme qui fume sa pipe. C'est un agent de M. Lombard. Je les connais tous. Déjà M. Lombard fait filer M. Andrieux.

L'homme ainsi désigné n'était autre que le fruitier d'en face.

Je reçus de mon mieux M. Bonhourc. J'écoutais, sans l'interrompre, les conseils abondants qu'il voulut bien me donner. Je connus par lui ceux de mes agents que je devais révoquer, et ceux auquels une réparation était due pour les injustes vexations dont mes prédécesseurs les avaient abreuvés.

Je fus bien vite fixé sur les conditions auxquelles je pouvais avoir la protection de la Lanterne. Je compris fort bien que le journal de M. Mayer ne pouvait se compromettre jusqu'à soutenir ostensiblement un préfet de police, mais qu'il saurait reconnaître ma docilité par une neutralité bienveillante.

D'ailleurs, M. Bonhoure m'ofl*rait de compléter par d'autres entretiens ces premiers renseignements et se mettait amicalement à ma disposition.

— J'habite, me dil-il, rue du MonthaboPf n° 13 ! Vous n'avez qu à m'écrirc.

Et je vois toujours M. Bonhoure, descendant mon escalier, levant vers moi Tindex avec uni geste d'intelligence et de mystère, et me répétant: encore :

— Surtout, n'oubliez pas que j'habite rue du Monthabor, nM3 !

Gomment le vice-président du conseil municipal entre dans la police. — M. Gauhet et M. Fontaine. — M. E. Richtemberger.

Rassuré du côté de la Lanteime, je songeais, non sans inquiétude, au terrible conseil municipal.

Je doutais que cette assemblée appréciât au même degré que M. Waddington mon discours sur l'amnistie, et je me demandais si c'étaient des poUtesses que nous échangerions bientôt à l'occasion de mon installation.

Une idée se présenta, que je n'ai pas trouvée tout seul. Rendons à M. Antonin Dubost ce qui

appartient à M. Antonin Dubost. Ce fut lui qui me proposa de mettre M. Caubet à la tête de la police municipale, en remplacement de M. Ansart, dont la démission avait été acceptée par M. Gigot.

M. Caubet était alors vice-président du conseil municipal, et il me parut que sa nomination apaiserait pour quelque temps ses collègues.

Il n'était point étranger aux choses de la police, puisque, après le 4 Septembre, il avait élé chef de bureau à la sûreté générale.

Dans le cours d'uncî existence déjà longue, il avait beaucoup vu et devait avoir beaucoup retenu. Il avait notamment connu « Tacacia », et il occupait les plus hautes fonctions dans une association influente. Enfin, il avait pour lui l'appui d'Antonin Dubost, en ce temps directeur du cabinet du garde des sceaux.

J'allai chercher M. Caubet dans sa petite librairie de la rue de Seine, où il vendait la Revue positive, de M. Littré ; il prit le temps de raccourcir ses cheveux et sa barbe et s'en fut au boulevard du Palais.

La presse conservatrice poussa des cris de pintade et déclara que je livrais la police au conseil municipal. M. Waddington ne fut pas sans inquiétude. Je fis appel à son expérience

des hommes, et je réussis bien vite à le rassurer, en lui rappelant que le frottement des fonciionii publiques polit et adoucit toujours les intransHgeances les plus rugueuses.

Du rest(% M. Caubct allait avoir auprès de lui ; un homme expérimenté, qui devait lui rendre sa \ tache plus facile : je veux parler de M. Fontaiiiei chef-adjoint à la police municipale.

Je dois ajouter que j'accablais M. Caubct de ma confiance, en lui donnant, avec le eommaitdemcnt de la police municipale, l'emploi de ebel du cabinet.

Ce cumul, dans ma pensée, n'était que provi soire, et, en cette dernière qualité, M. Caubet devait simplement remplir un intérim.

Pour compléter mon état-major, il me fallait un secrétaire particulier. La fortune, qui visiblement me favorisait, détacha du ministère des iinances M. Eugène Richtemberger, et l'amitié d'un grand homme le désigna à mon choix.

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