‹ Souvenirs d'un préfet de police (volume 2)Chapitre 26 sur 33 · LIBERTÉ — ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

LIBERTÉ — ÉGALITÉ

Paris, le 5 prairial an VI de la République française une et indivisible.

commissaire du pouvoir exécutif près le bureau centrai du mnion de Paris] au citoyen Merlirij président du Directoire zicécutif.

Citoyen président, * t>aris jouit de la plus parfaite tranquillité.

20H SOUVEMllS

mais ou ne peut se dissimuler quelle bien cher à la République, puisqu elle ne: qu'aux dépens des mœurs. U est impossible (fc faire une idée de la dissolution et de la ii\ vation publiques. Les ouvriers fêtent actueBJ* ment quatre jours par décade, et des pèreslp famille, consumés de besoius, ne craigneotw^ de sacrifier le produit de leurs travaoi im" daires pour se procurer ces plaisirs hdÊ^' qu'offrent la foule des bals, cafés, tripots el#* barets qui infectent cette commune, plaisirs W ne laissent dans l'âme de ces citoyens qu'un wî»; affreux, le dégoût du travail et la démoraliswfrf la plus complète. 1"^

Le palais dit Égalité, toujours Palais-Bf^^^ ost, depuis une quinzaine de jours surtout roudez-vous de ce que la plus audacieuse ota iiité offre de révoltant. Les pédérastes s'y sfl établis et, vers dix heures du soir, ils exécuti publiquement, sous les auvents du cirque, actes odieux de leurs infâmes turpitudes. U I

tout vous dire, citoyen président : on >i (ramener au bureau central plusieurs enfants sexe masculin, dont le plus âgé avait à p^^^^ six ans, tous infectés do virus vénérien. CI ^ petits malheureux, dont on ne peut enteadrôi^o propos sans frémir d'horreur, sont amcnfsi^

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en

lais par leurs mères pour servir d'instrumenis '(a plus horrible débauche.

^Les leçons de l'exécrable roman de Justine ^nt mises en pratique avec une audace qui n'eut

mais d'exemple, et les efforts de la garde sont -esque impuissants contre cette tourte pestizrée de scélérats de toute espèce. L'infortuné osserole, père de famiUe et marchand limo- ^dier, au coin des rues Denis et des Prêcheurs,

une petite fille âgée de dix ans, que des brift^nds débauchés lui avaient enlevée depuis :aelques jours; elle vient de rentrer tellement Bippée de la maladie vénérienne que les gens i l'art l'on jugée incurable. Quelques efforts :«.'aient faits les parents, ils n'ont encore pu ^couvrir le monstre qui a mis leur enfant dans ifc semblable état.

La prostitution parmi les femmes est à son >xnble; il n'est pas à la connaissance du plus :xcien inspecteur de police d'avoir jamais vu cie aussi grande quantité de filles publiques. La etite Force, le dépôt du bureau central, tout ti regorge, et les administrateurs se voient conraints de former un autre dépôt à la Franciade. -les citoyens Cousin et Milly ont été visiter hi^r le ocal avec un architecte. Il est très commun d'être irrêté par des petites filles de sept à huit ans.

Citoyen président, les lois de police correction! nii nelle sont insuffisantes pour ces sortes de délits,! o[ Le flagrant délit n'est pas assez clairement' il exprimé, et l'embarras des tribunaux assure rimpunité des coupables. Il est temps cependant d'arrêter ce débordement affreux, qui finirait par entraîner les institutions républicaines et b République elle-même. |l

Les royalistes sourient de cette dépravation} ils sentent combien cet esprit de dissolution qui s'introduit dans toutes les classes de la société fait rétrograder l'esprit républicain et forme contraste avec les vertus civiques, soutiens de la République. D'un autre côté, on calomnie le gouvernement qui tolère de pareilles horreurs, et le perfide et intolérant catholicisme profite adroitement de ces circonstances pour s'apitoyer sur le sort de la Religion, qui, étant persécutée, dit-il, ne peut plus mettre un frein salutaire à tous ces déportemeuts.

Il faut vous dire encore que les vols et les assassinats, fruits cruels du défaut des mœurs, sont plus nombreux que jamais. Tous les jours, on découvre des preuves de ces crimes.

Je provoque de tout mon pouvoir les mesures les plus propres à arrêter ce fléau destructeur; mais, je vous l'avoue, citoyen président, les

moyens du bureau central sont insuffisants. Ses officiers de paix, en grande partie, et la plupart de ses inspecteurs, sont tellement corrompus, que loin d'arrêter le désordre, ils contribuent à l'augmenter. Ils mettent les filles, les jeux et les tripots à contribution, et tolèrent leur infâme commerce de la façon la plus scandaleuse. "L'administration est composée d'honnêtes gens, ^mais elle est sans vigueur, sans énergie, et ne -^ connaît que la routine. Ses agents lui font la „ loi et la conduisent comme une enfant : les rap- ^ ports les plus insignifiants lui sont faits, et elle ,y croit avec une confiance aussi ridicule que ^ funeste aux mœurs et à la tranquillité.

La position financière du bureau central con- , tribue encore à aggraver le mal : il est dû aux ;; agents intérieurs, extérieurs et employés, six mois d'appointements. Vous sentez, citoyen président, qu'ils sont d'autant plus faciles à corrompre que leur dénuement est grand.

Venir à leur secours est non seulement une justice, mais encore une politique essentielle dans toutes les circonstances possibles.

Voilà ce que j'ai cru urgent de vous faire savoir.

Salut et respect.

Si(plP : PlCQFENAHD.

Il serait injuste de faire remonter au burei| le contrai et au Directoire la responsabilité de l'éli de choses décrit par le citoyen Picquenard. I le

Le bureau central ne faisait que recueillir M ré lourde succession des administrations pureme^si municipales qui Tavaient précédé. 1^

Les mêmes causes produisent les mêmes effeUi \ Si le conseil municipal en 1883, était chargé J^ recruter et de diriger le personnel de la police, nous reviendrions d'un pas rapide aux turpitudes que le commissaire près le bureau central dénoa çait à Merlin de Douai.

Comment pourrait-il en être autrement? k^ veux contester ni la compétence des élus de Paris, ni leur dévouement au bien public ; mais, quelle que soit Thonnêteté de leurs intentions, leur origine même les met dans l'impuissance d'exercer avec autorité les fonctions de police.

A peino élus, les conseillers municipaux songent k leur réélection, peut-être même aspirenlils à un mandat rétribué. Le but que poursuit leur ambition, si modeste qu'elle puisse être, esip des mén£Lgements envers les électeurs. Il importe surtout de compter avec les membres des comités Si les grands électeurs, si leurs cousins, si| leurs amis commettent une intraction, les conseillers municipaux chargés de la police fermeront

yeux OU supprimeront les procès-verbaux.

Il ne suffira pas d'être indulgent pour les éleceurs et pour leurs protégés, il faudra encore 'écompenser leur zèle. Par le nombre et la diver >îié des emplois dont elle dispose, par Fimpor- «ance de ses cadres, la police semble ouverte à ^utes les ambitions.

. Tous les citoyens ne peuvent prétendre aux -fonctions de la magistrature, de renseignement jOu de la diplomatie. Il est facile de repousser les ^demandes inconsidérées par une exception tirée du défaut d'aptitudes ou de grades universitaires. Mais que répondre à un soUiciteur qui veut entrer dans la police?

Ne croyez pas que les électeurs voudront rester aiaçons, serruriers ou charpentiers, surtout en temps de chômage — ni joueurs de bonneteau, aï souteneurs de filles : tous voudront être de la police.

Les agents d'affaires poseront leurs candidatures aux commissariats, les officiers de santé voudront exercer leur art dans les prisons ou 3clairer de leurs lumières le conseil d'hygiène ; les gérants de cercles fermés demanderont la surveillance des jeux, et les alphonses invoqueront leur expérience pour entrer dans le service des mœurs u

Et sî, pour le centenaire de la Révolulioul ' française, après les belles réformes dont onveuli nous doter, quelque honnête commissaire fahr'^^ son rapport sur l'état moral de Paris, il faut ^^^ craindre qu'il ne dise, comme son prédécesseur de l'an VI :

« Les officiers de paix et la plupart des înspec^ leurs sont tellement corrompus, que, loin d'arrêter le désordre, ils contribuent à l'augmenter. Ds mettent les filles, les jeux et les tripots à contribution, et tolèrent leur infâme commerce de la manière la plus scandaletise. L'administration f est sans vigueur et sans énergie. Ses agents lui font la loi et la conduisent comme une enfant. »

Le conflit du préfet de police avec le conseil

municipal.

Les idées exprimées au chapitre précédent n'avaient pas cours au conseil municipal de Paris en l'an 1881.

Les autonomistes voulaient un maire élu par les conseillers municipaux, dirigeant la police sous leur contrôle et sous leur inspiration.

Les opportunistes s'accommodaient d un préet de police, à la condition qu'il consentit à être liie sorte de ministre responsable devant le conseil, devenu un petit Parlement.

Je ne crus devoir ni préparer les voies au naire de Paris, ni accepter, pour le représen- Ant de l'Etat, une situation subordonnée. De là l'incessantes difficultés qui devaient aboutir à m conflit.

Loin de redouter ce dénouement, je le croyais lécessaire. Je considérais que Paris, siège des pouvoirs publics et des représentants des puissances étrangères, n'était point une ville municipale, qu'il appartenait à la nation plutôt qu'aux Parisiens, et qu'en échange des avantages résulant de sa situation de capitale, il devait renonser à la vie communale pour être administré au iom du pays par des fonctionnaires et par une Lss emblée ne représentant que 1 Etat.

Le gouvernement d'alors ne me paraissait pas très éloigné de cette manière de voir, et, pour y amener tout à fait, il pouvait suffire que i conseil, mettant à exécution des menaces réi- §rées, refusât de voter le budget de la préfec- :ire ou rompît toute relation avec le préfet.

J'en étais venu à envisager cette éventualité omme une crise nécessaire par laquelle il fallait

passer pour arriver à rafîranchîssement de^^ç préfecture de police, et je préférais le risque ff|'j perdre ma fonction à la certitude de la poQ^qu longtemps conserver en acceptant une suj inconciliable avec les intérêts dont j'avais ^^„j charge.

C'est dans cet état d'esprit que me trouva, -.p^, mois de mars 1881, la demande d'interpell de M. Dépasse sur l'état général de la sécu--^, publique à Paris. |l

M. Dépasse, l'un des conseillers récemnw élus, n'appartenait point au groupe de Tautoai mie communale ; il n'avait aucun dessein d'ébi 1er l'institution même de la préfecture de polii mais à l'approche des élections législatives, croyait opportun de dégager, de celle d'un prélif ^ impopulaire, la cause de ses amis. 1 .

C'était le temps où M. Gambetta me don l'assurance de ses bons sentiments le lendemai de chaque article paru contre moi dans la Réf^ hliqtie française. Les questions électorales p maient toutes les autres ; il n'eût pas été po" |^^ tique de laisser les autonomistes exploiter! leur seul profit l'impopularité de la préfectuJ de police, et une interpellation, portée àla inj^ bune municipale par lun des représentants autoi^ risés de l'opportunisme, arrivait à point ^

iBConder l'action des journaux et donner au parti «ittitude qu'il convient d'avoir devant le peuple 'vand va s'ouvrir le scrutin. : ' La bataille s'engagea sur la fixation du joui i ti serait discutée l'interpellation de M. Dépasse.

Je demandai la parole et je m'exprimai à peu Éwrès en ces termes :

i « Messieurs, lorsque j'ai eu l'honneur d'être îiippelé à diriger la préfecture de police, j'ai rouvé établi entre le conseil et mes prédécesseurs un usage à la continuation duquel je me îniîs prêté volontiers : c'est celui qui consiste h ^dresser des questions au préfet de police.

» J'y ai trouvé l'occasion de donner au conseil 3t à la population d'utiles renseignements, et de î'épondre, dans l'intérêt même de mon adminis- Tation, aux attaques de la presse et aux préocmpations de l'opinion.

» Je ne demande pas mieux que de persister [ans cet usage, et de me prêter au désir bien laturel d'interroger le préfet que peuvent avoir es honorables membres du conseil.

a Je ne me laisserai même pas arrêter par la [ualification un peu ambitieuse d'interpellation lonnée aux questions des honorables membres, ''il n'y avait pour les interrogateurs qu'une ►référence de mots et si des exemples récents

n'attestaient la volonté de donner au mot inle^ pellation son sens parlementaire et de clore b débat par un vote d'approbation ou de blâme.

» Le conseil municipal n'est pas un Pal^^ ment ; le préfet de police n'est pas un minislrt responsable devant cette assemblée. Le représentant de TEtat ne saurait être responsable devant les élus de la commune. Je ne puis donc. messieurs, poser devant vous des questions d< confiance, ni me prêter aux délibérations et aux votes qu'elles impliquent.

» Déjà le gouvernement s'est vu dans la néressité d'annuler vos délibérations quand vous avez voté des ordres du jour de blâme contre certains actes de l'administration. Si j'acceptais le débat dans les termes où il est proposé par l'honorable M. Dépasse, je méconnaîtrais les droits respectifs du conseil et du représentant de l'État, tels que la loi les détermine, et j'aurais la responsabilité d'avoir placé le gouvernement dans la nécessité toujours pénible d'annuler encore une fois vos délibérations.

» Je répète que je ne veux pas me soustraire à l'usage de questionner l'administration. Le conseil a usé largement de cette faculté et je ne prétends pas la lui retirer; mais, si les questions doivent se clore par des ordres du jour et se

jfansformer ainsi en véritables interpellations, Ues excéderaient le droit du conseil, et j'ai le jegret de ne pouvoir m y prêter. »

: Après une discussion à laquelle prirent part dM. Dépasse et de Lanessan, le conseil, à la najorité de 54 voix contre 2, la droite s'étant istenue, vota l'ordre du jour suivant :

« Le conseil, affirmant son droit d'adresser à 'administration des questions ou des înterpellaîons se terminant par des ordres du jour de ilâme ou de confiance, passe à l'ordre du jour 3t fixe à mardi prochain la demande d'interpellation de M. Dépasse. »

^ Le mardi vint, et, n'ayant pas accepté le rendez-vous du conseil, je rappelai, par la lettre suivante, que je croyais devoir m'abstenir de m'y rendre :

« Monsieur le président,

» Lorsque l'honorable M. Dépasse a demandé k m'interpeller sur « l'état général de la sécurité a publique à Paris », j'ai fait connaître au conseil municipal que je n'acceptais pas cette interpellation. J'en ai dit les motifs, et j'ajoute que |e suis chargé d'assurer la sécurité de Paris sous la seule autorité des ministres.

« Malgré mes observations, rinlerpellatioii M. Dépasse ayant été maintenue à Tordre du je je vous prie de vouloir bien faire connaître conseil que j'aurai le regret de ne pas assiste la séance.

» Veuillez agréer, etc.

» Andrieux. »

Le conseil répondit à cette lettre par le vi d'un ordre du jour ainsi conçu :

« Le conseil municipal,

» Considérant qu'il avait fixé à son ordre jour une interpellation sur la sécurité de Par

» Que cette interpellation rentre incontes hiement dans les attributions du conseil •

« Que le préfet de police refuse d'v répond

» Que ce refus constitue un manquemeni ses devoirs et ime atteinte aux attributions conseil ;

» Que l'administration de M. Andrieux ne sî rait présenter des garanties suffisantes à la sé( rite de Paris ;

» Passe à l'ordre du jour. »

Après le vote de cet ordre du jour, M. Ma lard émit le vœu « que le pouvoir exécutif apf lât H la telc de la préfecture de police, en att(

'ant sa suppressiouj un fonctionnaire plus dévoué .ux intérêts de la cité. »

. A la demande de M. de Héredia, le conseil ne tatua pas sur le vœu de M. Maillard ; mais sa •éserve n'avait rien de sympathique, car elle itait uniquement motivée par le désir « de ne pas affaiblir la portée du vote précédent. >> Qu'allait faire le gouvernement?

L'hésitation n'était pas possible. Donner tort i.u préfet de police, c'eût été incliner le droit de l'État devant les prétentions de la commune.

Au début de la séance du 29 mars, M. le secrétaire général de la préfecture de la Seine donna lecture du décret suivant :

Le président de la République française, I Sur la proposition du ministre de l'intérieur et des f cultes; ( Vu la loi du 14 avril 1871 ;

Vu la délibération prise par le conseil municipal de Paris, dans sa séance du 22 mars 1881, et qui porte :

« Le conseil municipal, considérant qu'il avait fixé à son ordre du jour une interpellation, sur la sécurité de Paris ; que cette interpellation rentre incontestablement dans les attributions du conseil ; que le préfet de police refuse d'y répondre ; que ce refus constitue un manquement à ses devoirs, et une

ini

atteinte aux attributions du conseil; quel' tration de M. Andrieux ne saurait présenter garanties suffisantes à la sécurilé de Paris, pasel ^^ Tordre du jour. » | se

Considérant qu'aux termes de rarticle 2 deTi des consuls du 42 messidor an VIII, qui délerminelf ^^^ fondions du préfet de police, ce magistrat exerce fonctions, soit de police générale, soit de po municipale, sous Tautorité immédiate des ministren ^^

Qu'en conséquence, le préfet de police pouvait «1 ^^ pas répondre; considérant, en outre, qu'en qualifiai ïer lattilude, en blâmant les actes d'un fonctionnaire ([4 du n'cHt pas responnable devant lui, le conseil munici de Paris a excédé ses pouvoirs et que sa délibérativ tombe sous le coup de Tarticle 14 de la loi <1> 44 avril 1871, décrète:

Kst déclarée nulle la délibération susvisée, prise k 22 mars 1881, par le conseil municipal de Paris.

Signé: Jules Grévy.

le

Une vive émotion suivit la lecture de ce décret. La séance fut suspendue.

On remarijuera que le décret annulait la déli béralion du 22 mars, mais qu'il laissait subsister ciîllc du 19, par laquelle le conseil avait aflirmi non droit d'adresser au préfet des interpellalions suivies d'ordres du jour de blâme.

Lo décret avait él6 préparé au ministère de I p rinléricur par les soins de M. Camescasse, directeur (Ip 1 admiuisiration départementale et coiB'

tardai sai 4è m a

do

biunalOy que les adversaires du préfet do police ,llésigQaicnt déjà comme devant être son succèsicur.

.** Lo ministre de l'intérieur et M. Camescasse Avaient cru nécessaire de donner tort au conseil municipal; mais, d'autre part, il avaient pensé qu'il convenait de ne pas donner trop complète- Dient raison au préfet de police. On avait fait iremarqucr h ce fonctionnaire que Tordre du jour du 19 mars, quels qu'en fussent les a considésraats », se bornant, en son dispositif, k fixer la itdato d'une interpellation, n'avait pas une suffi- 'Bante importance pour être annulé; de là ce décret, ni chien ni loup, qui devait donner une "^moitié de satisfaction au préfet et l'autre moitié .aux municipaux.

Les habiles du conseil eurent bien vite saisi le - côté faible du décret, et ils ne manquèrent pas de le mettre en relief dans Tordre du jour suivant, dont le farouche citoyen Jules Roche donna lecture à la reprise de la séance :

« Le Conseil,

» Considérant que le conseil municipal de Paris vote le budget de la préfecture de police, 4ont 1^3 dépenses s'élèvent à 22 millions do franc»;

» Considérant que c'est un principe supà de droit public que les assemblées qui voten dépenses ont le devoir et le droit d'en conli remploi et que ce contrôle ne peut être ei par le conseil municipal sans la faculté à'aàn au préfet de police toutes questions et interp tiens relatives au service essentiellement m cipal de la sécurité générale de Paris •

» Constate que Tordre du jour vot 19 mars 1881, par lequel le conseil muni" a déclaré maintenir son droit d'interpellal suivi d'ordre du jour motivé, n'a pas été !'< d'un décret d'annulation et subsiste tout en

» Exprime le plus vif regret que les relal du conseil avec le préfet de police s( devenues difficiles au point de nuire à lalx administration des affaires municipales, e gnale au gouvernement Timpossibilité de ser durer plus longtemps cette situation cheuse. »

Soixante-cinq votants adoptèrent cet ordri jour.

Dès le lendemain, tandis que toute la pr radicale mettait le gouvernement en demeur choisir entre ma révocation et la dissolution conseil, la presse opportuniste m'engageait, â

les précautions oratoires les plus délicates, à s donner ma démission.

3 « M. Andrieux, disait le Voltaire^ comprendra ^* lui-même qu'il y va de sa dignité de ne pas ri attendre qu'on lui demande sa démission,, .

. » Dans le cas qui a amené le dernier conflit, : - M. Andrieux avait strictement et légalement raii son ; mais l'usage lui donnait tort, et il a surtout péché par la forme. Il s'est ainsi placé dans cette situation de forcer même ceux qui lui étaient • favorables à lui devenir hostiles, et actuellement i le conflit existe, non pas entre le préfet de police i et une fraction du conseil municipal, mais entre i le préfet et toute la majorité républicaine du i conseil. »

:i Si les organes officieux de M. Gambetta m'en- H gageaient à me démettre de mes fonctions, je ir dois dire qu'aucun des ministres ne m'adressa j la même invitation.

s Dans les conseils du gouvernement, on n'estimait pas que le préfet se fût placé dans l'alternative de « se soumettre ou de se démettre », et l'on examinait si la véritable solution du conflit ne pouvait pas être dans une législation nouvelle, ayant pour but de soustraire à Texamen du conseil municipal le budget de la préfecture de police pour le rattacher au budget général de l'État.

Mais, tandis que les ministres délibéraient, laf conseillers municipaux appelaient à leur aidelei auditeurs des réunions publiques.

L'élu du quartier do Bercy, le citoyen Jule» Roche, faisait à rÉlysée-Monlmartro une conférence sur (c le Conflit de la préfecture do police. Entrée : 50 centimes. »

Après un long discours sur le budget delà préfecture et sur la loi du 12 messidor an VIII, Tora teurse livra à une charge, digne de Reischshoffen, contre les électeurs do TArbresle, des paysani indignes do comprendre la grandeur du conseil élu par cette ville do Paris sans laquelle la République n'existerait pas.

Il déclarait, aux applaudissements do Tassistance, que ses plus chers désirs seraient réalisés quand la police serait entre les mains d'un maire élu et que les gardiens de la paix ne seraient plus armés :

« En ciïet, citoyens, disait-il, c'est par la force morale qu'il faut faire la police. Avec une population aussi honnête et aussi républicaine que la vôtre, la charger de maintenir Tordre, c'est pouvoir en répondre. »

La séance fut levée aux cris répétés de : « Vive la Commune ! A bas Andrieux ! »

Encouragés par ces manifestations, les con-

seillers municipaux se constituèrent en comité , secret et décidèrent qu'ils rompraient désormais toutes relations avec le préfet de police, résolus à n'examiner aucun des dossiers qui pourraient leur être envoyés par ce fonctionnaire.

Cette résolution virile ne suffit point à M"* Louise Michel, et dans la Révolution sociale^ sans égard pour ma qualité de bailleur de fonds, elle écrivit :

« La basse canaillerie du sbire Andrieux ne doit pas lui faire oublier que Ryssalvoff peut avoir des élèves.

« Disons-le franchement : le préfet de police ne mérite pas d autre sort. »

L'interpellation des députés de Paris.

Les députés de la Seine ne pouvaient s'abstenir de porter devant le Parlement la question de la préfecture de police.

Une demande d'interpellation fut déposée en leur nom sur le bureau de la Chambre. Toutefois, deux députés de la banlieue, MM. Camille

Si*<> ftt Bamberger, refasèrent de sV joimfc»

L'interpellation fut développée par IL fssa Ihiprat..

Oratenr éléfçant, semant son fscoor» fép- ^rammefi pin» spirituelle» qu^aeérées, M. Pfe»!ai fhiprat employa les ressonrces de son beat lanfçaf^e à restreindre le débat à ime qw!^ii rie personne.

Il s'apitoya snr les responsabilités immérii^ An ministre de rintériear^qni devait se demao^ sfinvent s'il n'était pas « le snbordoimé^ pins qn^ le chef de son tr^s bant et très poissant subordonné, w

Il énaméra les qualités nécessaires à on bcm préfet de police : la clairvoyance , la résolntîoD. la souplesse,

l-.'orateur voulut bien m'accorder la résolution. f!stimant même que je Tavais avec excès; mais il me contesta la clairvoyance, et ajouta que. rpiant à la souplesse, je protesterais si Ton m'accusait d'en avoir.

Je n'avais, suivant M. Pascal Duprat, compris de la préfecture de police que le côté militant, l'exagérant même par mon humeur belliqueuse. La révocation du préfet de police était nécessaire |)Our mettre fin au conflit.

M. (jonslans, ministre de l'intérieur, couvrit

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Ron préfet, sans réticences ni réserves. On fut surpris de la netteté de son langage ; le déplaisir que lui avait parfois causé le caractère mal assoupli de son subordonné n'avait en rien altéré sa ferme revendication des droits qui appartiennent à rÉtat.

Reprenant l'historique des délibérations agressives du conseil municipal, il montra que chacune d'elles était un empiétement sur le domaine du pouvoir central, et que la tendance manifeste de la municipalité parisienne était d'imposer sa volonté au gouvernement de la France.

La majorité couvrit ce langage de ses applaudissements. Il n'est pas vrai, quoi qu'on en ait dit, que les députés aient un sentiment d'hostilité contre Paris; mais ils ont la jalousie, la crainte, disons même la haine de cette assemblée municipale qui s'élève à côté de la représentation nationale et prétend se régir par ses propres lois. Ce n'est jamais en vain qu'on fait appel à ce sentiment de la Chambre.

M. Benjamin Raspail intercala ensuite, sans qu'on ait jamais su pourquoi, une harangue diffuse sur les dépotoirs et les usines insalubres.

M. Floquet revint à la question et éleva le débat à la hauteur de son talent, un peu déclamatoire, mais toujours intéressant. Pratiquant

Il 13.

Toubli dos aménités désobligeantes, c'est le seul souvenir que j'aie gardé de cet éloquent discours.

Je répondis h M. Fioquet.

Pour ne pas m'cxposcr à faire de mes paroles une analyse suspecte de partialité, je prends dans le journal la Convention les appréciations de M. Sigismond Lacroix, alors président du conseil municipal :

La haine de Paris, c'est surtout M. Andrîeux qui y a fait appel avec le plus grand cynisme, et il faut le dire, avec le plus grand succès. Il venait de rappeler le projet d'organisation municipale, qu'il désigne ainsi : « Une espèce de constitution tendant à Taulonomie communale, » et ayant ainsi agité devant la Chambre le spectre rouge, il continua en ces termes:

« Fonctionnaire de TEtat, je devais défendre les droits de TÉtat. C'est la volonté nationale que je défendais dans la mesure des attributions qui me sont confiées, et que j'exerce sous le contrôle et les ordres d'un ministère appuyé sur vos suffrages ; c'est la volonté nationale que je défendais quand je demandais le respect de la loi, qui est la seule expression régulière de la volonté nationale, laquelle doit prévaloir contre la volonté particulière d'un conseil municipal, si considérable et si respectable qu'il puisse être. »

Et comme la Chambre ne paraissait pas très bien comprendre comment c'était la volonté nationale qui, wms être consultée, avait défendu à M. Andrieux de

répondre à une interpellation de M. Dépasse sur les altaques diurnes et nocturnes à Parisi M. Andricux insista :

« Messieurs, là est la véritable position de la question ; ne cherchez pas dans le débat autre chose que ce qui y est : il faut savoir si le pas est à TËtat ou s'il est au conseil municipal. [Très bien! Très bienl — Applaudissements au centre et sur divers bancs à droite et à gauche,)

» Serviteur dévoué depuis de longues années de la démocratie, j'estime que je suis dans le vrai principe démocratique lorsque je défends le gouvernement du pays par le pays contre ceux qui veulent le gouvernement du pays par les élus des quartiers de Paris. {Très bienl très bien! — Protestations.) »

Cette fois, on avait compris. La province, soulevée contre Paris par la perfide parole de M. Andrieux, se répandit en tels cris de colère que M. Casse lui-même laissa échapper ces mots :

« Vous faites une mauvaise action en disant cela : vous excitez à la haine... »

J'ignore pourquoi M. Andrieux a corrigé son discours à YOfficiet, mais je suis parfaitement sûr d'avoir entendu à ce moment prononcer le nom de : Commune de Paris, au lieu de « Conseil municipal », comme le porte ïOfficieL M. Andrieux a certainement dit :

« 11 faut savoir si le pas est à TÉtat ou s'il est à la commune de Paris. »

Le speclrc avait fait son effet. M. Andrieux avait cause gagnée. Paris était condamné.

Car il ne faut s'y tromper. Si la Chambre a accordé

23t SOUVENIRS

d M. Andrieux un rote de confiance, ce n*esi pas par sympathie poor lui ni par admiration pour sa conduite. La majorité aime peu M. Andrieux. Oui, mak M. Andrieux est un ennemi de Paris, il estrennemide la population de Paris, ennemi de son conseil moni' cipal, Tennemi de sa dépu talion : donc, M. Andrieux |i doit être maintenu. Il se pose en homme capable de mater Paris. Vive donc Andrieux, par haine et par peur de Paris. 1 1

L'honorable M. Sigismond Lacroix me prêtait, pour la ville de Paris, des sentiments qoi n'ont jamais été les miens, comme aussi il abusait de la fiction légale lorsqu'il affectait de confondre Paris avec sa représentation municipale.

Dans la lutte que j'ai eu le regret de soutenir contre certains Ardéchois ou Strasbourgeois du conseil, M. Sigismond Lacroix sait bien que j'ai rencontré des sympathies ailleurs qu'à Carpentras.

Le président du conseil municipal avait raison de dire que j'avais « corrigé mon discours à VOfficieL »

En effet, M. Gambetta, après la séance, me fit prier de changer cette phrase : « Il faut savoir si le pas est à TEtat ou s'il est à la Commune de Paris. » C'est k sa demande que j'en ai modifié les derniers termes. M. Gambetta ne voulait

^:S qu'à rapproche des élections on réveillât le

avenir de la Commune.

-^ Après une réplique de M. Brisson, qu'il faut ""morablement mentionner, M. SpuUer proposa sila Chambre un ordre du jour ainsi conçu :

« La Chambre, . » Convaincue de l'urgente nécessité d'apporter ans l'organisation de la préfecture de police des §formes depuis longtemps reconnues indispen- Sibles, mais désireuse avant tout de faire cessr le conflit survenu entre le conseil municipal l le préfet de police actuel,

» Invite le gouvernement à prendre les meures nécessaires et passe à Tordre du jour. »

Cette motion, qui, sous une forme parlemenûre, invitait le gouvernement à me révoquer, it repoussée par 3S4 voix sur 419 votants.

Ce qui est piquant à constater, c'est que, tandis ne M. Gambetta, dans toute cette affaire, ne essait de me prodiguer ses encouragements et es témoignages d'approbation, ses amis et ses ournaux se prononçaient hautement contre noi.

Comme Janus, l'opportunisme a deux visagewS.

La réunion de l'Arbresla.

Stimulés par l'exemple des députés et couscillers municipaux, mes électeurs, à tour, voulurent m'intcrroger. Je me rend leur invitation, et le dimanche 24 avril j*arr à TArbroslo.

La journée pluvieuse n'avait pas emi quinze ou dix-huit cents politiciens de se n dans la bâtisse municipale encore inachevée

M. Fouilloux, maire de Saint-Cyr, prési du comité central de la circonscription, me d la parole, et je commençai en ces termes, m'en rapporte au compte rendu du Courri Lyon :

. Mes chers concitoyens,

Depuis que vous m'avez fait Thonneur, en 18 me confier le mandat de vous représenter Chambre des dépul'^s, je me suis fait un dev venir le plus souvent possible me mettre en ra et en communion d'idées avec vous.

Aujourd'hui, je viens vous trouver avec le

l'être interrogé et de rdpondre à toutes vos questions, e ne vous apporte pas un discours préparé; je ne uis pas de ceux qui s'imaginent avoir rendu des :omplcs à leurs électeurs par cela seul qu'ils leur ont oarlé. Je veux répondre à toutes vos questions, sans circonscrire le débat. Comme préfet de police, tenant 3aa fonction non de vos suffrages, mais du gouverzaement, j'aurais certainement le droit strict de me soustraire aux interrogations relatives à l'exercice de ^tte fonction; mais il ne me convient pas de vous apposer de telles exceptions, je désire que tous mes Lactés politiques vous soient connus; je suis ici pour ne prêter à vos investigations les plus complètes; je i-ouverai votre curiosité légitime, même si elle s'étend L ma vie privée; je ne me retrancherai pas derrière e fameux mur que l'honorable M. Guilloutet avait slevé sous l'empire. Au reste, il est singulièrement ibréché, le mur de ma vie privée. La presse l'a troué le ses boulets, et à travers les larges ouvertures |u'ils y ont laissées, le passant peut sans peine regarder les choses les plus intimes de mon existence. Je ne parle pas d'ailleurs des attaques de la presse pour m'en plaindre; il m'est aujourd'hui plus facile que jamais d'être partisan de la liberté de la presse, car je n'ai plus rien à perdre à ses discussions. On a dit contre moi tout ce que pouvait inventer l'imagi- /nation la plus féconde et je crois avoir épuisé jusqu'à ,1a lie la coupe de calomnie ; je m'en trouve bien et je m'en sens fortifié.

Je ne vais pas reproduire ici toutes les questions qui me furent posées et toutes les réponses

que j'y crus devoir faire. Je me borne à qui, se rattachant à l'exercice de ma fonctii me donnèrent Toccasion d'expliquer les mo de quelques actes importants de mon admi tration : V^d

QUESTION DE M. AîSîDRB '^^^

ÉLECTEUR A CHASSELAT

M. André interroge M. Andrieux sur le conflit (Wtoi s'est élevé entre lui et le conseil municipal de Pan4u

M. Founxoux fait observer qu'il s'agit des actes ài fonctionnaire et que le collège électoral n'a point i s'en occuper. 1^

lia

M. Andrieux. — Messieurs, l'exception soi^r' levée par notre honorable président est sans doulî légitime dans la rigueur du droit, mais je tiensij'^ ne pas m'en prévaloir ; je veux répondre à toutes*^ vos questions et ne faire aucune réserve dans cette réunion où tous les électeurs, amis ou adversaires ont pu trouver un libre accès. (Très bien ! très bien !)

Le conseil municipal de Paris est une grande et respectable assemblée dont je ne veux parler qu'avec toute la considération que je lui dois et que je professe bien sincèrement pour elle. Aucune parole ne sortira volontairement de ma

uche qui puisse ajouter à Tacuité d'un dissen- 3.ent sans doute fort regrettable. Mais je ne mquerai pas aux égards que je dois aux ambres du conseil en rappelant que la majorité intre eux s'est prononcée, sur le rapport de . Sigismond Lacroix, président actuel, pour uitonomie de Paris, c'est-à-dire pour l'émanjation de cette ville vis-à-vis de l'Etat. L'honoihle rapporteur allait jusqu'à demander que la ^mmune de Paris fût chargée de voter l'assiette, L quotité et le mode de perception de ses impôts.

L'autonomie de la ville de Paris devrait avoir lut d'abord pour conséquence la main mise sur i préfecture de police transformée au gré du )nseil municipal.

Messieurs, la ville de Paris, avec ses deux illions d'habitants, n'est point une commune )nime une autre. Si vous ajoutez qu'elle est la ipitale de la France, le siège des pouvoirs iiblics et des représentants des puissances étranbres, vous comprendrez que Paris est mieux u'une ville municipale, que c'est une ville natioale, cessant de s'appartenir elle-même pour ppartenir au pays tout entier.

Aussi la nation n'épargne-t-elle aucun sacrice pour placer sa capitale à la hauteur qui lui ppartient dans la considération du monde entier.

23t SOUVENIRS I

Quelles sommes énormes les contribuables fraol ^ çais n'ont-ils point consacrées à rédificalion M ^ palais et des théâtres de Paris, à la richesse M ^ ses musées, aux encouragements qui j sont doBi ^ nés aux représentants les plus distingués m arts, des sciences et dos lettres I La ville quipo4 sèdo tous ces avantages doit bien, en retour, binl ^ quelques sacrifices au repos et à la sécurité daU^ nation. 1^

C'est dans cette pensée que le législateur a plMil ^ la police de Paris dans la main d'un fonClioiT naire nommé par TÉtat et responsable seulement devant les ministres. Songez que la préfecton de police, avec ses 6.000 gardiens de la paix, i^ nombreux inspecteurs, agents et employés, aui* quels il faut ajouter le régiment des sapeurspompiers et la légion de la garde républicaine représente près de il. 000 hommes.

La préfecture de police, c'est l'institution qui assure dans Paris la sécurité des personnes el des propriétés, mais c'est elle aussi qui surveilk los menées des partis et qui intervient au besoin pour réprimer les tentatives des factieux. En un

mot, la préfecture de police, c'est la force dans Paris. On Ta dit avec raison, celui qui tient Paris tient la France. Faudra-t-il donc que le conseil municipal de cette vUle veille seul et librement

^ la sécurité des institutions et des pouvoirs

' ublics? Quel sera le repos de vos esprits quand

DUS sentirez vos représentants à la merci du

on ou du mauvais vouloir des élus dos quartiers

.e Paris?

Je ne pouvais, messieurs, me prêter à de lareils desseins : j'ai refusé d'accepter pour mon fcdministration un contrôle qui prétendait ne pas '.e borner à vérifier Femploi des deniers^ mais |ui voulait s'immiscer dans la direction même lu .personnel; j'ai refusé d'accepter pour moiaême le rôle d'agent municipal; j'ai décliné Dute responsabilité devant le conseil, invoquant B0 textes les plus clairs et les plus précis de la ég'lslation spéciale. En conséquence, prêt à Lonner au conseil tous les éclaircissements qu'il mouvait désirer sur les questions municipales, 'aï refusé de répondre à des interpellations, uivics d'ordres du jour, destinées à déplacer 'ordre légal des responsabilités et à donner aux ionseillers de Paris une autorité qui n'appartient ju'aux ministres de la République française. ^Applaudissements.)

En agissant ainsi, en défendant les droits de l'État, ce sont vos droits que j'ai voulu maintenir, 'car le temps n'est plus où un monarque pouvait dire : « L'Etat c'est moi; » aujourd'hui, mes

chers concitoyens, TÉtat c'est vous. (ApplaDi||j^ n sements prolongés.) I^^l

Vous savez qu'à la suite de ces faits uneinlfll^j pellation fut portée devant la Chambre pIyq^, MM. Pascal Duprat et Floquet, au nom I^Iji^aj majorité des députés de la Seine; vous savez w^^. rhonorable ministre de rintérîeur, me cou™ g de sa haute responsabilité, a déclaré que j'étil^^ resté dans mon droit et que le conseil mumci|ljj^ avait excédé le sien. |,,„,

I oUL

A mon tour, je suis monté à la tribune, j'âJl j^ à mes collègues ce que je vous disais tout rheure à vous-mêmes, j'ai fait appel àleurssdl ^ timents démocratiques, je leur aï demandé f voulaient le gouvernement du pays par le pajSi ou le gouvernement du pays par la commune Jt Paris. (Applaudissements.) Aussi lorsqu un ordr» du jour fut déposé pour inviter le gouvememert à se séparer du préfet de police, la Chambre, qui n*est point encore disposée à abdiquer le* droits qu'elle tient de vos suffrages, — s'est-elle prononcée contre cet ordre du jour par une imposante majorité de 354 voix contre 63. (Applaudissements.)

Et maintenant, le conflit va-t-il se perpétuer! J'ose espérer qu'il n'en sera pas ainsi. Couvert une première fois par le décret du président Je

^ République, une seconde fois par le vote de la

:aambre, je compte sur la sagesse et la patrio-

^me de la majorité du conseil municipal, qui ne

udra pas continuer contre la Chambre elle-

.«ême une lutte dans laquelle ma personnalité

effacée.

' En attendant le vote de la loi actuellement iimise aux Chambres, ne voulant pas préjuger décision du pouvoir législatif, je déposerai ni* le bureau du conseil municipal mon projet budget pour Texercice de 1882; je lui proposerai des demandes de crédits plus urgentes ur l'exercice courant, crédits qui intéressent sécurité même de Paris, et je croirais manquer "^ ^u respect que je dois au conseil municipal si ^'admettais un instant qu'il puisse consentir, ^^(après le jugement de la Chambre, à assumer les ponsabilités qui résulteraient d'un refus. (Applaudissements . )

QUESTION DE M. ARLIN

MAIRE d'ÉCULLY

M. Arlin demande si M. Andrieux à rinlention de conserver ses fonctions de préfet de police ; il explique que les affirmations des journaux ont pu faire naître quelque inquiétude à cet égard, surtout depuis que ces attaque? s"^ «ont produites dans deux articles de

la /Î.Twi.'r'jwe française. Ci dir.î la clrconjeriplion, ei a'jVd:::L.t poiat elé inspirés

SI. AjfSBiErx. — Jo re:

b:oaveL'.jale sollicituilo; proccdentes réponses qu( voti'.cir quitter la prôfec croira;* ir.>i:^ne de la coni m'a {«:mj;i::iôe si, au le *an# i-n tenir nul compte.

lie combat où elle sembl resler. Je serais fort in mt^nie si. après avoir sout respoiisabiii:ê devant le Piris. je me retirais pai d'avoir la Cviiliauce do ce >\va. messieurs, appti C.h.iii;b'.v. je resterai à la j'a:U':iil:\ii sans ja-^taiice, qui pouiTi se p'.\>Jtiire. Je iioslii-'s de.-ov.x i.-,ui oiTensi Jaiil q-.i':'. a.Uvssi-ra au s:o quo'le mise en demeure di'!;i.i:clie de celle naUnc analyse, qu'uue sommatie en i'appuyant sur la mu}

D'UN PRÉFET DE POLICE t4S

al eontre la majorité de la Chambre des dépu^ -.-/(Rires approbatifs.) .zilais, me dit-on, pourrez-vous résister aux

aiques de la presse? A celles mêmes do la gjub ligue française qu'inspire Téminent prési- C3t de la Chambre?

Alessieurs, je ne suis point allé demander à onorable M. Gambetta quels étaient ses des- L us à mon égard ; j'aurais paru croire à un gour XTiemenl occulte ; j'ai lieu cependant de penser Le les articles de la République n'ont point été spires par lui. Je tiens pour certaia qu'on a eu irt de lui imputer, vis-à-vis du préfet de police, }% intentions contre lesquelles protestent à la

>is sa haute intelligence et ses qualités d'homme

État (Applaudissements.) "* Je sais apprécier les sentiments de bienveilmce qu'a toujours paru me témoigner l'honoable M. Gambetta; j'en connais tout le prix; laîs si cette bienveillance venait à me faire éfaut, je ne la croirais pas indispensable pour emplir les fonctions que le gouvernement m*a lit l'honneur de me confier. (Applaudissclents.)

L'article de la République française était le ôvcloppement de cette idée qu' « on ne peut ouverner contre Paris *) ou nxéme « sans Paris » ,

«t l'ouleur, coufundaui ci[uil, coBcluait au dép de iJolic«. La doctrine ()u<i Kolide ; dans les qi cord avec la oalioa, oi {KjitMibl« du {^uuveruei CMUimu dans le cas qu la France »oal eu di l'aria, cfs»l une étrangt la voloiilé d'uufi comm le<i autrcH. HeHsieurs; '< On ne guuverae pas jiluiiilÎHiteinciitB.}

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