XLII
Lui et Eux.
Lui, c'est M. Benjamain Raspail, — Eux, ce sont les francs-maçons.
Avec une égale ténacité, les « fils de la Veuve » cl celui de François- Vincent s'attachent à mes pas.
N'espérant plus leur échapper, j'oserai leur faire face. Commençons par lui; nous finirons par eux.
M. Benjamin Raspail est ce que nous appelons « un vieux lutteur de la démocratie ». Les vieux lutteurs — surtout quand ils ont trouvé celle qualité dans Théritage paternel — ont le sentiment du respect qu'on leur doit.
Vous vous rappelez ce sénateur romain, assis sur son siège curule, qui assomma avec son bâton un Gaulois indiscret.
Comme le Gaulois, j'ai manqué de respect, et, comme lui je suis assommé.
Je livre au lecteur l'instrument contondant avec lequel se venge M. Raspail :
Rétablissons les faits, m'écrit le vieux lutteur de la démocratie, en les prenant à la page 404 des procès-verbaux du conseil général de la Seine, séance du 25 novembre 1879 :
« Au moment, dit M. Benjamin Raspail, où l'on espérait, sinon une amnistie plénière, au moins une large amnistie partielle, on s'était préoccupé de ce qui pourrait se passer, lorsque les victimes des dernières discordes civiles reviendraient dans leurs communes.
« M. Benjamin Raspail avait pensé qu'à Genlilly, par
emple, il pourrait se produire de violents ressenti-
3nts, quand un enfant, qui est devenu un homme,
trouverait en face du brigadier des gardiens de la
ix qui a fait fusiller son père. Il avait signalé à
le préfet de police un brigadier du nom de Lang,
i fit fusiller par son faux t^oignage un homme
nt toute la vie était une vie d'honneur, et qui avait
ntribué à jeter à bas TEmpire par l'opposition
cessante qu'il lui avait faite. Cet agent avait, assisté
Vagent Forcade, fait envoyer plusieurs habitants
Gentilly à Nouméa, Il est vrai qu'on a chassé ce
yrcade, mais on Va replacé au commissariat d^Ivry,
ou il a été ensuite renvoyé pour vol, lors des quêtes
mr les inondations dlvry^ et enfin il s'est faitjus-
:c lui-même : il s'est pendu,,. »
Mais, je m'aperçois que je perds mon temps, car
•us n*êtes pas plus capable d'insérer celte lettre que
première.
Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération
stinguée.
Benj. Raspail,
Député de la Seine.
Non, vieux lutteur, vous n'avez pas perdu
»tre temps. Votre lettre est insérée.
Mais j'ai Thonneur de vous répéter qu'après
►tre mémorable discours, le même Forcade,
le vous aviez pendu, est venu me voir dans
on cabinet, revêtu de son uniforme et plein de
inté.
Il s'exprimait en "termes que je ne répéterai pas par respect pour les luttes pacifiques où vous vous êtes illustré. Il parlait de calomnie et voulait vous conduire devant les juges. Je réussis à le calmer, et je me félicite d'avoir pu vous éviter la visite de l'huissier.
Mon jugement.
J'avais relevé ici même les vices de forme qui frappaient de nullité la première citation à comparaître lancée contre moi par la R.*. Logefe Parfait Silence.
La Régulière Loge a recommencé sa procédure, et j'ai reçu la « planche » suivante ;