LÉGATION
DES ÉTATS-UNIS Paris, le 15 arril 1881.
Monsieur le préfet,
Au moment où je me dispose à rentrer aux États- Unis, la ville de Cincinnati sollicite mon intervention pour obtenir de votre administration des renseignements authentiques et sûrs touchant l'organisation et le fonctionnement de la police de Paris.
Je vous serais très reconnaissant, monsieur le préfet, si vous pouviez me mettre en mesure de répondre convenablement à cette requête.
Cincinnati est aujourd'hui uneville de250,000âmes ; c'est ma demeure et il me serait particulièrement agréable de contribuer à Tamélioration de la police de cette grande cité, en lui fournissant les moyens de prendre modèle sur celle de Paris, qui fait l'admiration de tous les étrangers honnêtes et paisibles.
Dans Tespoir que vous accueillerez favorablement cette demande, je vous remercie d'avance et vous
Il 14.
prie d'agréer rassorance de mes sentiments de haute considération.
L'envoyé extraordinaire et ministre piémpotentitàre des États-Unis,
Signé : Edward-F. Notes.
J'hésîte à me prévaloir de Testiine de la Russie, quand j'invoque les attestations de l'étranger en faveur de nos institutions de police. Je prévois en effet les objections tirées du régime autocratique sous l'empire duquel vivent les sujets dn czar.
Mais personne, parmi les libéraux français, ne saurait récuser le témoignage du ministre des Etats-Unis, quand il affirme que « la police de Paris fait l'admiration de tous les étrangers honnêtes et paisibles ».
Je ne suis pas le dernier à reconnsdtre la nécessité de réformes destinées à mettre la police parisienne en meilleure harmonie avec les institutions démocratiques qui régissent aujourd'hui ce pays; mais il m*est précieux de constater que, telle qu'elle fut sous mon administration, et malgré les imperfections d'une législation à refaire, la préfecture de police mérita et recueillit l'approbation de tous ceux qui en étudiaient le fonctionnement avec impartialité et
sans se préoccuper de nos discordes inténeures et de nos rivalités municipales.
Lo prisonnier de Galino.
On se rappelle l'amusante nfiûveté prêtée par je ne sais qui à un Calino quelconque :
— Mon capitaine, j'ai fait un prisonnier.
— Eh bien, amène-le.
— Oui, mon capitaine; mais... c'est qu'il ne veut pas me lâcher.
Pour l'amusement de mes lecteurs, j'ai fait jouer au journal Paris ce rôle de vaudeville.
J'avais dit son fait à la feuille opportuniste, à propos d'un numéro à sensation qui, peu après la chute du cabinet Ferry, avait obtenu sur les boulevards un succès de Petite Bourse, fort différent d'un succès d'estime.
Le lendemain, le confrère crut avoir fait un prisonnier en ma personne, et il annonça bruyamment qu'il allait me traîner devant les tribunaux.
Je pris la liberté de rire de Calino. Le confrère
aa sorvExiRs
Ciii»:- hksàsta. d«<clm que j'avais tort de ne point Tirraa2>f SI Vaillance an sérieiix. Il avait, disait- T:, àt^Tii>$^ im mains du président de la Chambre van- àtmM3kàe en autorisation de poursuites <viiii:i* M, Anârieux. député du Rhône.
En o^ t«iiip$. M. Henri Brisson était l'intègre 3^po5àtiw de la sonnette présidentielle. D a, deroiis K>r^ transmis à M. Floquet l'auguste symSi^îe de la présidence. Et ni M. Brisson ni SI- Ri^qnet n'ont fait connaître à la Chambre la reqnètt^ da Paris.
J ai fini par m'impaUenter; j'ai abusé, j'en conviens, de ma situation de prisonnier, j'ai i>efusé de lâcher mon vainqueur, et mes lecteurs se rappellent peut-être que j ai poussé la violence jusqu'à l'appeler o chex^alier Kadoche ».
Le confrère Calino comprit qu'il avait affaire à un de ces prisonniers entêtés qui, au jeu de l'obstination, rendraient des points au plus illustre des députés des Vosges, et il s est exécuté, en attendant qu'il puisse m'exécuter moi-même.
Voilà pourquoi, aujourd'hui mardi, au début de la séance, M. le président Floquet annoncera qu'il a reçu une demande en autorisation de poursuites contre « un député » et renverra cette demande à l'examen des bureaux.
J'aurais pu bénéficier de la tradition qui ue