‹ Souvenirs d'un préfet de police (volume 3)Chapitre 2 sur 24 · Epilogue de Taifaii Un divorce · texte numérisé non relu

Epilogue de Taifaii Un divorce

Le garçon de café P laquelle Tavait condan tionnel, et déjà il n'était de la rue Duphot, lorsc devant les tribunaux be souvenir.

M"** Haritoff plaidait < de Bruxelles, sur un inc levé à roccasion de sa d

M"^^ Haritoff voulait pièces de nature à justifi

Le mari, M. Eugène ] Tout-Paris, s'opposait à avocat, M* Lejeune, s ej

^me Haritoff se trouvait rant du mois de décembre parti pour Paris, avait laisi cile conjugal.

Il y avait là un coffret fe étaient enfermes des docui

dîifertaixfi» : des- papiers d'aiSûros et. des Lettxes cTone aatui% trtss cuntiiientieÀle. ui coifiret & été âractoré, A kâ puHie& ^u'Ii coutenait se- txoaveut aujoard'hai aux mains <ie V* Harituif!, cgoi prétouL s'en senrir cuntxe imus^ dn fj cloutant deux lettre ^pge Jf. Marito/f jurait dcritBi à une femme 'pù exwrcermty. ék-omy à, PtariSy la pnjfession de proxénète.

^ftiiami* reôise de dir^ comniâxit Les lettres se trouvent tai 5a posBesâim. 5qiis disons t|aelles CMit été detuamiÉes» qaoa ne Ie> poisiede pas d'une façon liante^ et naos demandons cpi elles nous âOBsot restitaée&

Quant ;uuL antres leitresy éeritss par M, Ba-

nto/f à une femme Lemy. de Paris^ an a paru explii£uer leur pu&sessian 'in insinuant (pi ^f lies auraient pu faire partie des piècm saisies càes catte fèmmiÊr rue ûuphaty, îars à^une perquisition Judiciaire qui g fut pratiquée. On n\m. jostiiie pas non plus la poissession licite. %us demandons (^ail 50tt int^rifit à Bl^ Haritotf de les produire dans le procès.

M"" JansQo^ avocat dâ M^ Haritnff, r^omiit :

M. Haritolf laL^sait traîner des procès-vai>aiix de saiâe^ des reçus de 400.000 francs^ qu& luire n voyaienl des gens à qui il s'était adressé pour emprunter de rar;^SLt^ des lettres dans lesquelles U salHeitait un peu d^'irgent de la femme Ler*Tij...

On liit que ces papiers étaient eufennés dans une cassette que nous avons û-acturêe en décembre I88ÛL Or. parmi ces papiers, il y a un eommanilement d'huiatrier qui ii\i été :^^^uiiié qu^eu janviiir L)kiâ«

D'UN PRÉFI

Quant à la corresponde elle est peut-être scandai confidentiel. M. Haritoff li ter de l'argent destiné à jeune fille, M"» X..., acti avec laquelle il allait, qi mettre un adultère à Nice

Nous n*avons pas à vot ces lettres. Nous les avons

Nous avons pour;

lombe, qui dit qu'en matii peut se servir contre Tau dentiel, quand il y a intéi ne peut être produit, on tence, même par témoins.

Eh bien! faites citer Leroy ; je ne suppose paj secret professionnel. {Hilo vous, sont confidentiels; i tout est confidentiel, clanc admis à prouver l'adultèr»

sant des lettres soit de l'ar femme doit avoir les mêm

La cour décida que M de se servir, à Tappui d( qui étaient en sa posj celles écrites à la femm production de ces pièc< divorce fut prononcé.

Comment M"' Hariloffavail-elle en sa possession les lettres adressées à la proxénète? Ces pièces avaient-elles été comprises dans la saisie faite par M. ***? Qu'y avait-il de vrai dans les insinuations des parties?

Je repousse énergiquement la pensée que l'honorable juge d'instruction se soit dessaisi volontairement d'une pièce qui ne lui appartenait pas, pour en faire profiter Tune des parties engagées dans une instance en divorce.

Le souvenir que j'ai gardé, c'est que, peu de temps après la saisie, alors que l'affaire dite de la rue Duphot n'avait pas encore été réglée par le renvoi du nommé Petit en police correctionnelle, là femme Leroy s'adressa à la fois au procureur général et au préfet de police pour obtenir la restitution de deux lettres et d'un reçu, saisis par M. *** et qui lui avaient été, disaitelle, plusieurs fois réclamés par l'homme d'affaires de M. Haritoff.

Que s'était- il donc passé? Toutes les suppositions sont possibles, excepté celle qui incriminerait la conscience du magistrat.

Mais ayant, comme on se le rappelle, emporté pêle-mêle, sans inventaire et sans procès-verbal, lous les papiers de la rue Duphot, l'honorable M. *** se trouva fort empêché pour expliquer

la disparition de ces ] par la leçon des faits tissements, que la pr puleùse observation sont pas des qualités clairvoyance chez les truction.

De tous ces faits i législateur^ qu elques réforme du Gode d'in des questions à Pordi

Des efforts ont été ranties nouvelles à la

plus louables souven inspirés que pour h législatives auxquelh

Par la suppressioi d'instruction crimine l'arbitraire des préfe préfet de police.

Mais on n'a rien f( des citoyens contre 1 des juges d'instructio

Que sont les juge

tous nos petits tribun

n'en est-il pas parmi (

modestes et le caractj

Je suis le premier à rendre justice à quelquesuns de ces magistrats, parmi lesquels j'ai trouvé moi-même, je ne puis loublier, de précieux auxiliaires.

Mais les attributions de tous sont les mêmes et eUes sont, pour quelques-uns, conmie un instrument dangereux entre des mains imprudentes ou inhabiles.

A peine le chef du parquet a-t-il signé un réquisitoire, que Faction du juge d'instruction est en mouvement : elle ne connaît plus ni entraves ni limites ; les mandats de perquisition, les mandats de comparution, les mandats de dépôt, les mandats d'amener, les mandats d'arrêt, sont les instruments légaux mis à la disposition du juge ; la police et la force publique obéissent à ses injonctions.

Cet homme, qui se faisait, il y a trois ou quatre ans peut-être, refuser à ses examens de droit a maintenant toutes les licences; il est notre m£dtre à tous, et, chaque matin, quand nous nous réveillons dans notre chambre à coucher nous devons rendre grâce au juge d'instruction : il dépendait de lui de nous faire passer la nuit dans une cellule ; il ne l'a pas j^roulu. Que son saint nom soit béni I

Les explications de M. Ane

 propos des fonds secret nement d'idées un peu cherc parler de M. André de Ti Souvenirs.

L'ancien préfet de TAve m'adresse aujourd'hui une 1 n'est que juste de donner à place qu'à l'attaque :

« Paris,

» Monsieur le député

« Les imputations dont l'écho ne sont pas nouvelles, produites pour la premier novembre 1882, je m'en sui pas eu de peine à me justifie hiérarchiques, qui m'ont d lem* confiance et m'ont honc gnages d'estime jusqu'au jo

sidéralions purement politiques, ils ont cra devoir me sacrifier.

» Après les dénonciations de M. Démangeât, qui m'avait succédé dansrAvejrron, je fus appelé à fournir à M. Fallières, ministre de l'intérieur, les explications les plus complètes. Une enqnèie fut faite par les soins de M. Le Guay, directeur des affaires départementales.

» De retour à mon poste, j'y fus à diverses reprises l'objet des témoignages de la satisfaction de mes chefs, et le successeur de M. Fallières, M. Waldeck-Rousseau, m'en donna une preuve éclatante en m'élevant à la 1'" classe de mon grade, à la date du 8 décembre 1883. La présence de M. Le Guay auprès de M. le ministre de l'intérieur ne permet pas de douter qu'à celte date M. Waldeck-Rousseau connaissait les accusations dont j'avais été l'objet.

» Dans cette première partie de mon administration en Corse et jusqu'à la date à laquelle se place votre interpellation sur les affaires de ce département, j'avais strictement obéi aux instructions de M. le ministre de l'intérieur en ce qui concernait mes relations avec les diverses fractions du parti républicain.

» Après les retentissants débats de l'interpellation, j'eus l'honneur d'être reçu par M. le pré-

sident du conseil. M. Jules Ferry me parla en termes 1res vifs de certaines personnalités corses et des incessantes difficultés qu'elles suscitaient au gouvernement. Je crus dès lors répondre aux intentions de M. le président du conseil, en même temps qu'aux intérêts de la République, en me montrant conciliant et désireux d'amener im rapprochement entre les diverses fractions du parti républicain.

» Cette nouvelle attitude, qui, pour être conforme aux vues élevées de M. le président du conseil, n'était pas de même appréciée au ministère de l'intérieur, ne tarda pas à appeler sur moi la défaveur de mes chefs. Je pus lire dès le mois d'août dans les journaux que ma mise en disponibilité était décidée. J'interrogeai à cet égard M. le directeur de l'administration départementale, et le témoignage de ce haut fonctionnaire m'est trop précieux pour que je ne m'en empare pas aujourd'hui. M. Le Guay m'écrivait, en effet, à la date du 3 septembre 1884 :

Mon cher préfet,

. . . Il n'a jamais été question de votre mise en disponibilité.

Le ministre, ayant son départ pour Nantes, m'avait

simplement manifesté l'intention de vous rappeler sur le continent, dans un autre poste aumoins équivalent.

Croyez, mon cher préfet, à mes meilleurs sentiments.

GiL. Le Guat.

» Quel ne fut pas mon étonnement lorsque, à la date du 5 octobre, j'appris que j'étais révoqué. Je me rendis immédiatement au ministère de rintérieur. Personne ne me parla des accusations de M. Démangeât. Personne ne songea à expliquer, par de tels motifs, la révocation dont j'étais Tobjet, et les indications qui me furent données, pour justifier cette mesure, étaient d'ordre purement politique ; elles se référaient notanoment à mes relations avec certains républicains estimés de leur parti, mais vus avec défaveur par des personnalités influentes. Toutefois, mes protestations eurent pour conséquence de faire remplacer, à la date du 18 octobre, le décret de révocation par un décret de mise en disponibilité.

» Lorsque plus tard, monsieur le député, vous avez cru devoir interroger M. le ministre de l'intérieur, je puis affirmer qu'à ce moment mon dossier était complètement connu de M. Waldeck-Rousseau. Mes relations avec M. le directeur des affaires départementales continuaient à être des

f ; plus amicales, comme = m'adressa la veille mêr

Mon cher André,

Il faut que je vous pari de la Paix jusqu'à la clôt

» La familiarité de ce rendez-vous, indiquent termes j'étais resté av qui, mieux que persoi puisqu'il avait lui-mêm

» Vous savez le reste, comprendrez, après cet sois refusé à m'adresse de mes chefs, frappé ] me présenter devant situation de défaveur qi J'ai considéré que les t< mes chefs suffisaient, c de me couvrir, chacun c< obéi h des préoccupatio et au souci des intérêts engager le retour de Iribuiie.

» Veuillez agréer, monsieur le député, ïassvrance de ma haute considération.

» André de Trémontels. »

Après avoir entendules explications de M. André de Trémontels, le lecteur appréciera dans quelle mesure il se sent satisfait et convaincu

Quant à moi, je n*ai pas le courage de piétiner sur ce malheureux fonctionnaire abandonné des dieux et de M. Waldeck-Rousscau.

Je reconnais même qu'il est dans la tradition et dans la correction hiérarchiques, quand il invoque l'approbation de ses chefs et déclare qu'elle lui suffit. Il ne tient pas un autre langage que rhonorable M. ***, juge d'instructior, qui lui aussi disait, à cette même place : « Je n'eus aucune peine à justifier auprès de mes chefs hiérarchiques les mesures que j'avais ordonnées. »

Où l'ancien préfet se montre inférieur comme dialecticien au juge d'instruction, c'est lorsqu'il néglige d ajouter : « Il me serait également facile, avec les documents du dossier, d'éclairer Fopiaion sur les faits que vous m'imputez. Mais je ne pourrais me défendre qu'en trahissant, par une coupable violation du secret professionnel le devoir du magistrat. Je ne le ferai sous aucun pré texte. »

A vrai dire, j'aime mieux la netteté avec laquelle M. André de Trémontels affirme que M. Waldeck-Rousseau connaissait complètement sou dossier quand fut signé le décret quiFélevait à la première classe de son grade. Il vient ainsi joindre son démenti à celui opposé par M. Démangeât aux allégations ministérielles, et il y a de sa part quelque crânerie à accuser son ancien chef d'avoir mis sur Téchine de la vérité un déguisement carnavalesque.

La lettre de M. André de Trémontels contient d'ailleurs d'utiles renseignements dont il importe de déduire les conséquences.

Si la Chambre n'était tout entière absorbée par la préoccupation de savoir à quel scrutin seront accommodés les députés aux prochaines élections, c'est à la tribune du Palais-Bourbon qu'il eût fallu porter les questions que soulève la lettre de M. André de Trémontels. C'est là qu'il eût fallu placer M. Waldeck-Rousseau entre ses propres affirmations et celles de son subordonné.

Mais les députés ne me pardonneraient pas de les arracher momentanément au soin de leur avenir législatif, pour les ramener à Texamen des responsabilités ministérielles.

Je me borne donc à présenter de simples obscîrvations du haut de ma petite tribune person-

iielle. Là, du moiiia, je ne suis exposé ui aux interruption» ni aux rappels à l'ordre.

11 me parait établi que l'honorable ministre de rinlérieur traite avec quelque indifférence les questions relatives à la probité de ses fonction- : naires. Un de ses préfets est accusé de concussion : le ministre n'hésite pas à lui prodiguer les ùnioignages de sa confiance. j

Mais si ce même préfet cesse de ..ervir lesranrunt's, les convoitises, les intérêts électoraux ou autres dont le ministre a le dépôt sacré • s'il savise de prendre au sérieux les appels pressants de la presse officieuse à l'union des républicains, rinfortuné fonctionnaire ne tarde pas à porter la peine de sa naïveté.

Les explications de M. André de Trémonteh laissent peut-être beaucoup à désirer au point de vue de sa défense personnelle, mais elles éclairent d'une édifiante lumière le caractère des ministres de notre République parlementaire.

N'ayant d'autre objectif que de conserver la confiance de leur majorité, considérant que toute la politique consiste à la maintenir groupée autour du cabinet et à la faire revivre dwia une prochaine assemblée par la réélection de ses membres, tous les instruments comme tous

D'UN PRÉFl (

moyens leur Bout bo] ^ amis des succbs électoi Mais sitôt qu'apparat ^ naçaut d'une interpell

compromis sont jetés à

de notre pai^lementaris

binet.

Ii5

Le suicide di

Tandis que Thonon l'instruction dont il a ( tragique du général Ne profondément Topinion puis quelque temps paj chercher l'explication .

parisiens dans les cause mœurs et à la nature.

Le lundi 21 février, c s'arrêtait à la porte do I donnance du général. 1 M. Duvivier et lui disai dait en bas.

. M. Duvivier trouva k

on compagnie de deux messieurs : « Veuillez prévenir la duchesse, dit le général d'un ton fébrile, que je ne rentrerai pas ce soir, ni peut-être demain. Je suis retenu à Versailles par mon service. »

Le landau s'éloigna rapidement, et M. Duvivîer remonta chez lui, très frappé de Tair préoccupé et agité du duc d'Elchingen, et des allures suspectes de ses trois compagnons.

Le duc ne reparut pas.

Il fut activement recherché par la police, mais sans résultat.

Des lettres anonymes furent envoyées à la famille ; des mesures furent prises pour siu'prendre Fauteur de ces lettres au rendez-vous qu'il avait donné place du Château-d'Eau. Mais personne ne se présenta, à l'heure indiquée, pour recevoir la réponse que ces lettres exigeaient.

Les conjectures de la préfecture de police n'avaient pas fait fausse route, et, dès que la première lettre anonyme me fut connue, j'exprimai à la famille du duc d'Elchingen une opinion que les faits ne tardèrent pas à justifier.

Le 23 février seulement, M. Duvivier se décida à faire connaître que le général avait loué une cave dans une maison située à Bagneux, et qu'il avait coutume de s'y exercer au tir du pistolet.

A ce moment, je ne doutais plus que le général ne se fût suicidé, et, pour accomplir sa funeste résolution, il devait avoir choisi le lieu retiré où étaient ses pistolets.

M. Duvivier se rendit à Bagneux, accompagné de M. Macé.

Bs durent passer devant la statue élevée au maréchal Ney, prince de la Moskowa, près de l'Observatoire, à la place même où il fut fusillé le 7 décembre 1813.

Arrivés à Bagneux, le chef de la sûreté et Tofficier d'ordonnance descendirent à la cave en s'éclairant d'une bougie. La porte était fermée intérieurement; le doute n'était plus possible; le duc d'Elchingen était là.

La porte fut enfoncée; le courant d'air qui s'établit aussitôt éteignit la bougie au moment même où M. Duvivier, qui faisait un pas en avant dans l'obscurité se heurta au corps ensanglanté de son général.

Cette circonstance que la porte de la cave se trouvait fermée avec la clef restée dans la serrure à l'intérieur ne permettait pas de douter que le duc ne se fût suicidé.

Mais quelle était la cause de cette résolution extrême que rien ne faisait prévoir?

Le duc d'Elchingen, il est vrai, avait laissé

82 S(»UVENIHS

pcrcrr (l«»piii8 peu de temps quelque tristesse. H avait été appelé à déposer récemment dans une aiïairo correctionnelle. Un mot d'esprit malheureux lui avait valu les railleries de la presse; il on avait été affecté. D autre part, il avait été (juestion d'un duel avec un journaliste; on a dit que le général avait, pour s'y prépeu^er, discrètemont loué la cave de Bagneux, dont les orifices étaient soigneusement bouchés, de manière à étouffer le bruit ; de longs fils à plomb tombaient verticalement de la voûte et permettaient de s'exercer k trouver la ligne en levant le bras au commandement.

Mais les railleries de la presse et l'éventualité d un duel ne sont heureusement pas une cause de suicide.

Aussi les journaux se livrèrent-ils aux conjectures les plus fantaisistes; ils allèrent jusqu'à rapprocher de l'affaire de la rue Duphot ce dramatique événement, sans autre motif que la coïncidence des dates.

Pour couper court à ces regrettables suppositions, il eût peut-être fallu livrer à l'opinion publique les faits tels qu'ils s'étaient passés. La mémoire du duc d'Elchingen n'avait rien à y perdre, et la police y eût gagné d'être délime des sommations d'une presse indiscrète qui

prétendait que dans une démocratie les autorités n'ont pas le droit de rien cacher à la curiosité du public.

Mais la famille, qui est le meilleur juge de ce qui touche à la considération des siens, crut devoir se renfermer dans utie extrême réserve. Il ne m'appartenait pas dès lors d'en sortir moimême; aujourd'hui encore, je dois me borner à dire que tous les détails de ce drame m'ont été connus, qu'aucune affaire de mœurrt n'y a été mêlée, et que, malgré de trompeuses apparences qui ont pu égarer l'opinion, les faits n'ont été, à aucun moment et à aucun point de vue, de nature à exiger l'intervention de la justice.

Le 23 février, au soir, lorsque M. Duviviel* et M. Macé vinrent me faire connaître le résultat de leurs recherches à Bagneux, je parlais pour le ministère de la guerre, où il y avait réception. Je fis part au ministre de ce que je venais d'apprendre. La nouvelle s'en répandit bien vite dans les salons, et fut douloureusement accueillie dans ce milieu militaire, où le général Ney ne comptait que des amis.

U SOUVENIRS

L'enquête sur les actes du général de Cissey.

La baronne de Kaulla.

Un autre officier supérieur était depuis quelque lemps en butte aux plus violentes attaques de la presse radicale.

Ancien ministre de la guerre, le général de Cissey, malgré Féclat de ses services, s'entendait accuser d'avoir dilapidé les derniers de TÉlat et d'avoir livré à l'ennemi les secrets de la défense nationale.

Concussion et trahison, tels étaient les deux chefs de Tinvraisemblable accusation que le patriotisme inquiet d'un député de l'extrême gauche consentit à porter devant la Chambre.

Une enquête fut ordonnée par la Chambre et de nombreux témoins furent entendus.

L'accusation reposait principalement sur les relations du général de Cissey avec la baronne de Kaulla, qu'on supposait être une espionne de l'Allemagne .

Depuis la guerre de 1870, on a beaucoup abusé de l'accusation d'espionnage, et d'autres

femmes en ont été Tobjet qu'une situation à la fois plus indépendante et plus régulière semblait devoir protéger.

La baronne de Kaulla, qui avait épousé le colonel Yung, vivait séparée de son mari, dans un élégant petit hôtel de lavenue dléna, où elle s'entourait d'un luxe que l'amitié du général pouvait suffire à expliquer.

La commission d'enquête fit appeler comme témoins trois préfets ou anciens préfets de police, pour avoir sur la baronne l'opinion de la préfecture, et surtout pour savoir s'il était vrai, comme on Tavait affirmé, que des perquisitions eussent été faites à son hôtel à l'effet d'y chercher la preuve de sa culpabilité.

M. Léon Renault, toujours correct, parut d'abord vouloir se retrancher derrière le secret professionnel. Cependant il nia avoir jamais dit que M"* de Kaulla était « dangereuse pour le pays ». Interrogé sur les perquisitions qu'on disait avoir été faites, sans qu'on en eût précisé la date : « Je déclare, répondit-il, que je n'ai jamais fait opérer de perquisitions chez M"** de Kaulla, et que jamais la pensée n'en est même venue à la préfecture de police, à l'époque où j'étais en fonction. »

M. Voisin nia de son côté avoir jamais ordonné H 5.

pareille visite domiciliaire et il ajouta :« Après avoir fait des recherches, je n'ai acquis en aucune façon la preuve que M"* de Kaulla fût un agent ; (h» Tétranger. Il me paraît que c'est une femme rlierchant à avoir un salon, à réunir autour d'elle des notabilités parisiennes. Je le répète, je n'ai rien découvert qui permît de dire que M"* Je Kaulla fut un agent de l'étranger. »

Appelé h déposer à mon tour, j'avais fait faire les plus minutieuses recherches, et je dus affirmer qu'il nVxistait, ni sur les registres de la préfecture ni sur les répertoires des commissaires de police, aucune trace de perquisition opérée chez la baronne de Kaulla; que, d'autre part, je 11 avais aucune raison d'ajouter foi à la rumeur qui Taccusait d'être au service de rAUemagne.

Un incident fut soulevé par plusieurs membres de la commission, à Toccasion de mon témoignage. Ces honorables membres demandaient que les dossiers de police concernant le général de Cissey et M""*" de Kaulla fussent remis à la commission.

J'expliquai à mes collègues ce que j'ai dit à mes lecteurs dans l'un des premiers chapitres de mes Souvenirs : que les dossiers de police n'étaient pas faits pour les profanes, ceux-ci fussent-ils représentants du peuple; qu'ils contenaient non

moins d'articulations inexactes ou douteuses que d'affirmations conformes à la vérité ; qu'ils pouvaient être utiles pour aider l'administration dans ses recherches, mais non pour éclairer la conscience des juges.

La commission voulut bien ne pas insister. Un débat sur l'enquête s'ouvrit devant la Chambre, et ne laissa rien subsister des diffamations qui ont attristé les dernières années du général deCissey.

Le laboratoire muniolped. — Les chiens

à la fourrière.

Les journaux nous apprennent que les marchands de vin de Paris se sont réunis vendredi dernier, au nombre de trois ou quatre mille, au Cirque d'hiver, sous la présidence de M. Tony Révillon.

C'est même ce fâcheux meeting qui m'a privé du plaisir de me rencontrer ce jour-là avec l'honorable député de Belleville, invité, ainsi que moi, dans une maison amie, mais empêché de boire les vins de notre amphitryron par l'obligation supérieure de manifester en faveur du inouillaje.

Ah! c'est que les marchands de vin ne sontpas une quantité électorale nég^Mgreable. Non seulement ils sont nombreux, maïs encore ils sontintluenls.

Gambetta le savait bien, et, durant celli^ année 1881 consacrée par lui à la préparation des élections, après avoir réuni les voyageurs . tle commerce pour leur confier le soin d'évan- i géliser les départements, il vint, lui aussi, présider rassemblée des marchands de vin, leur promettant la liberté du mouillage, à défaut de la séparation de TÉglise et de FÉtat.

La liberté du mouillage, c'est cette liberté-là qui n'est pas une guitare I

Habile à trouver ces mots heureux qui résument une thèse et l'imposent aux esprits simples, M. Gambella avait imaginé, à l'usage des marchands de vin, la distinction entre la falsification et la « dénaturation ».

Il n'y a falsification, suivant réminent homme d'État, que si le marchand introduit dans le via des substances chimiques colorantes dont l'effel peut être nuisible à la santé.

Quant au mouillage, qui consiste simplement on une addition d'eau, M. Gambetta n'y voyait qu'un acte de « dénaturation » absolument licite et moral.

Mettre de Teau dans faire un mélange que Vi encourager. Mais le me consiste à mettre de Tea à tromper le public sur ' dise vendue.

N acceptant pas le dû je crus devoir donner nouvelles garanties, noi fraudes des débitants de celles de tous les marchi

L'Angleterre, TAllema occupées longtemps avi relatives à Fhygiène pub Je me fis adresser des i sures employées à Tétr fut faite sous ma direct M. Cambon et de M.

stallcr, à peu de frais, ( préfecture de police, le <•

En lui donnant cett moins pour but d'affirmé mettre sur le nouvel éta paratonnerre, en intéresî h sa prospérité Tamourjelui donnais.

J'estime que le laboi

ulilosnorvices à la sanlé publique. Maislesrévélalions ch» l'analyse chimique ont soulevé plus de colores contre le préfet qu elles ne lui ont valu de sympatliios.

Je nroccupaî» en même temps de répondre à un vuîu émis ]>ar le conseil municipal, en faisant construire des voitures pour le transport des per- Honnes alteinlosde maladies épîdémiques.

L'étofl'e des voitures ordinaires garde facilemeDl le ^^erme de la maladie et le transmet ensA aux voyageurs qui suooëdent au malade. C'est là une des causes par lesquelles les épidémies se lépandent.

Pour y obvier, les villes de Londres et de Hruxelles employaient depuis longtemps des véhicules spéciaux, faciles à laver et à désinfecter. Jc^reus qu'à suivre les exemples que je rencontrais chez nos voisins.

Une autre innovation à signaler fut la réforme du procédé barbare employé à la fourrière pour la destruction des chiens.

Parmi les êtres nuisibles dont la société est forcé de requérir le trépas, dans un intérêt de sécurité publique, il n'en est pas de plus dignes de compassion que les chiens errants. Sauf de rares exceptions, ce sont les parias de Tespèce canine : laids, étiques, boueux, personne ne

songe à les recueillir. Sans maître, sans abri, ils vont, sous la bise et la pluie, cherchant de carrefour en carrefour quelque informe détritus pour soutenir leur vie austère, jusqu'à ce que ladministration les tire de leur détresse on les plongeant dans Tinfini.

Est-ce leur faute, à ces déclassés, si la nature leur refusa les avantages de la forme ou si la destinée négligea de les pourvoir d'un gtto légal et d'un protecteur responsable ?

Telles sont les réflexions que je retrouve, non signées, dans un journal aujourd'hui disparu, ot je me les approprie; car elles traduisent, sans exagération, le sentimentalisme qui m'amena k remplacer la pendaison des chiens par l'anesthésie.

Livrée à son cours naturel, l'agonie des chiens pendus se fût prolongée quelquefois au delà de trente minutes, tant la cohésion de leurs vertèbres supérieures est rebelle à la rupture ; c'est pourquoi les bourreaux de ces malheureuses victimes des règlements municipaux s'efforçaient, par de vigoureux coups de marteau appliquas sur le crâne, d'y déterminer au plus vite une congestion.

Ce fut M. le docteur Poggiale, membre du conseil d'hygiène, qui proposa un procédé non-

veau pour remplacer cette méthode répugnante de destruction.

Placés dans une caisse hermétiquement fermée, les chiens sont asphyxiés par le gaz d*éclairage arrivant au moyen d'un tuyau muni d'un robinet. Une lucarne vitrée, pratiquée dans la couverture de la caisse, permet de suivre les progrès de l'anesthésie. La sensibilité cérébrale s'évanouit avant la vie. Il se produit un rapide empoisonnement qui dure à peine quelques minutes et ne cause aucune souffrance.

Ce n'est pas seulement sur la foi des savants que nous pouvons affirmer la douceur de ce genre de trépas. Nous avons des témoignages.

Plusieurs ouvriers de la Compagnie du gaz ont subi un commencement d'asphyxie par cet agent délétère.

Us racontent qu'ils ont éprouvé une sensation semblable à celle que produisent les excès de boisson : une sorte d'ivresse hilare, mêlée d'hébétement et suivie d'une inertie radicale des fonctions cérébrales.

Un de ces ouvriers, me racontant l'accident auquel il avait heureusement échappé, me disait:

— Je me sentais comme si j'avais bu trop de vin de Champagne.

Une réflexion s'est naturellement présentée à

l'esprit de tous ceux qui c de ces destructions née ferait-on pas profiter les 1 lesquels Tadministration d'adoucir les derniers insi appartenant à la race cai remplacer la guillotine pa

Des fonds secrets, des & aux candidats officiels

Dans la discussion du bi lorsque je pris la parole mande de crédit relative i rhonneur de rappeler à 1 1883 allait être une ann primai la crainte que le ci au lieu d être employé su devînt un instrument pe officielle.

Mon manque de confia râbles collègues, qui pui de leur propre vertu un 1 en faveur de l'intégrité d

Je sais combien les illusions généreuses contribuent au bonheur de la vie, etj 'hésite à effeuiller celles qui font cortège au cabinet de l'honorable M. Jules Ferry.

Je voudrais surtout ne pas immoler aux nécessités de ma démonstration une sympathique victime.

Cependant les allégations vagues ne sauraient suffire ; il faut apporter des faits à l'appui des affirmations; l'approche des luttes électorales, le devoir patriotique de ne rien épargner pour écarter du nouveau Parlement les complices d'une politique néfaste, m'obligent à me départir des hésitations qui m'ont arrêté jusqu'ici dans Taccomplissement d'un sacrifice nécessaire.

Ces hésitations, elles seront excusées par les plus sévères censeurs, lorsqu'ils sauront que, pour faire ma preuve, je suis obligé de mettre en cause un homme dont le caractère et le talent font autant d'honneur au Parlement qu'à l'Université.

D'ailleurs, je suis heureux de penser que mes révélations, sans atteindre sa sympathique personnalité, iront droit au but que je vise et frapperont dans la cible de la candidature officielle et des fonds secrets.

Je demande pardon au lecteur qui s'impatiente de toutes ces précautions et j'arrive à mon fait.

C'était à la veille de M. Gambetta, qui n*a pas reux dans ses choix, avai éminent professeur pour vaitpasde secrets, et il étant son candidat prefér de Rodez.

Xe préfet de TAveyro même du président de la tions nécessaires au suce M. André de Trémontels, ministrait alors ce pittor à la hauteur de la tâche c et la Pucelle d'Orléans pi un ami sûr et fidèle.

On a peut-être deviné ( était rhonorable M. José fort remarquable étude si projet patriotique de frHe

M. Joseph Fabre reçu par les mains du préfet d nécessaire pour payer h c'est-à-dire un peu plus (

Je ne saurais dire com obligé de prononcer ici le collègue, mais il sera h que ma polémique contre

perdrait une grande partie de son efficacité si elle était purement doctrinale et impersonnelle.

Je m'empresse, d'ailleurs, d'ajouter que Thonorable M. Joseph Fabre n'est pas le seul membre de la majorité qui ait été indemnisé de ses dépenses sur les fonds affectés à la police secrète, et ce n*est point à ces honorables collègues que j'entends faire remonter la responsabilité du rôle passif qui leur a été imposé par des désignations supérieures. C'est aux gouvernements, c'est aux institutions que je m'en prends» C'est aux électeurs que je fais appel, en m'efîorçant d'ouvrir les yeux aux braves gens qui s'imaginent vi>Te sous un régime de probité et qui croient qu'on disserte sur l'histoire des Mérovingiens quand on leur parle de la candidature officielle.

Je m'adresse à ces actionnaires de la politique qu'on nomme des contribuables, et au moment où les directeurs de la Société anonyme proposent de nouveaux appels de fonds, je demande auxdits actionnaires de ne pas envoyer siéger au conseil d'administration des hommes que les plus élémentaires obligations de la gratitude rendront incapables de tout contrôle.

Le scrutin du 9 janvier et le nouveau conseil municipal;

Le 9 janvier 1881 avaient lieu les élections municipales. Les électeurs parisiens avaient à choisir quatre-vingts conseillers parmi les deux cent dix candidats qui briguaient leurs suffrages.

Pour Facquit de ma conscience de préfet de police, j'avais suscité quelques candidatures excentriques, destinées à enlever quelques suffrages à mes adversaires du groupe autonomiste. Je savais que, à défaut d'autres résultats, ces procédés électoraux seraient goûtés dans les régions supérieures où s'inspiraient les ministres.

J'en fus pour mes frais d'affiches, de bulletins et de subventions à la presse.

Personnellement, je me considérais comme fort désintéressé dans le scrutin.

Les autonomistes étaient franchement contre moi; mais, pour y mettre d'autres formes, les opportunistes ne me témoignaient guère moins d'hostilité; d'ailleurs, leur souci de popularité ne

n SOUVENIRS

leur permettait pas une autre attitude. Il n y avait au conseil municipal qu^un groupe qui fut toojours avec le préfet de police dans toutes les questions où les intérêts de son administration ctaieut sérieusement engagés : c'était le petit ji^roupe des conservateurs, royalistes ou impérialistes.

Ce n'était donc pas d'un changement dans li composition du conseil que je pouvais attendre Taplanissement des difficultés contre lesquelles je luttais depuis deux ans.

J'attendis avec quelque indifférence, dansmoB cabinet, les résultats du scrutin que le télégraphe m'apportait des divers quartiers de Paris, puis je me rendis à la place Beauvau pour en conférer avec le ministre de l'intérieur.

Quand j'arrivai, M. Gambetta, largement assis et fumant son cigare dans le salon du ministre, se félicitait avec M. Constans des résultats de U journée, tandis que M. Adrien Hébrard égayait la conversation par ses saillies, et dépensait en prodigue l'esprit qu'on ne lui connaît pas, parce qu'il le cache aux yeux du public sous les lourdes draperies du Temps .

On était tout à la joie. La protestation conse^ vatrice n'avait gagné que trois sièges, ce qui portait à sept le nombre de ses représentants.

Sur quatre-vingts cousoill un résultat insignifiant.

Le collectivisme révo^ écrasé partout où il avail scrutin. Pas un candidat o un nombre respectable de anciens membres de la G lu'ésentés, aucun n'avait é

Le plus modéré d'entre restait en ballottage, ainsi même, à qui sa précédente triomphal de Nouméa s( succès.

La majorité de Tanciei quelques nullités, rentrait Tadj onction de plusieurs c; dent de la Chambre paraisj

— Allons, disait M. Gan envie de refaire la Gommu peut dormir tranquille.

— Vous êtes silencieux Vous n'avez pas l'air conte

Je fis timidement obsen municipaux qui avaient vc mie communale avaient pi qu'ils se trouvaient renfoi veaux adhérents, et que

lOt SOUVENIRS

tunistes, dans la plupart des quartien, afaieit accepté des programmes et pris des engagement! qui ne pouvaient me faire prévoir des jours heoreux ni des rapports faciles.

M. Gambetta répondit qu^il ne fallait pas juger les élus sur les engagements élecloraoî:

que si quelques-uns des membres de rancienne majorité semblaient avoir accentué leurs programmes, d'autre part plusieurs autonomistes avaient fait des réserves sur des points importants, et que le résultat général des élections n'était pas de nature à les encourager à suivR jusqu'au bout la fraction la plus pure de leur groupe.

— Quelle attitude avez-vous à prendre? medil le président de la Chambre. Quelle ligne de conduite allez-vous adopter pour résister aux attaques du groupe que dirige M. Sigîsmond Lacroix ? Votre tâche sera facile ; vous n'aurez qu'à vous appuyer sur le groupe opposé.

M. Gambetta se trompait. Un'y avait pas dans le nouveau conseil une majorité disposée à soutenir un préfet de police ayant le sentiment de ses devoirs envers l'Etat et de son indépendance envers la Commune.

On en put juger bientôt lorsqu'il s'agit d« nommer le président du conseil municipal. G

D'UN PaÉF£l

t fut H. Sigismond Lacro

jr autonomiste, qui fut élu.

Les conflits ne tarde

caractère d'acuité dont,

: peut se faii*e une juste ic

L'affaire

Dans les premiers joi de M"** Eyben appela de Ja police des mœurs et s plus graves difficultés.

Donnons d'abord la p< Voici la lettre qu'elle malin :

Au rédacteur du ^ Monsieur le rédactei

Permettez-moi de venir i tout ce qui s'est passé lors traire dont j'ai été la victir

Depuis cinq mois mes de cours rue de Valois, et ce

Loyales explications entre M. Joseph Fabre et l'auteur des « Souvenirs » ^

Je reçois de M. Joseph Fabre, député de Rodez, la lettre suivante :

Paris, le mercredi 25 map» 1885.

Monsieur le directeur,

Étant mis en cause ce matin dans votre journal, je vous prie de vouloir bien insérer ces deux mots :

J*ai été trois fois mêlé aux luttes électorales sans jamais avoir eu à me reprocher la moindre abdication <le mon indépendance — d'ailleurs assez justifiée par mes votes.

Dans une de ces luttes, en 1881, j'ai accepté un concours, où les fonds secrets n'étaient pour rien qui m'avait été personnellement offert par M. Gambetta. alors président de la Chambre, et qui, au surplu?, était plus modeste que ne l'indique M. Andrieux.

Veuillez agréer, monsieur le directeur, l'expression de ma considération la plus distinguée.

Joseph Fabre.

1. La nécessité de répondre au ôffAi de Aodez m'obligea ajourner la suite du chapitre cons?<ré à raffaire Evben

J'ai dit déjà que je u bligeante pour mon hor ron. Je le tiens pour n'admets pas que sa pa h doute un instant quanc °" un certain concours d'à tîon en 1881 il n*a cru a :f nelle de M. Gambetta.

je pense que cette pour dégager la personi Mais, à côté de Thon nais rintégrité et Tindé dont il ne saurait être :

a mal connus; il y a dont il a été la première produite malgré lui et bien plus qu'à son profil sur lequel il importe qu où les plus graves inlé de nouveau engagés di Les faits, les voici :

Lorsque M. Joseph arrondissement au déh raie, M. André de Tré 1ère de Tintérieur une deux billets de mille i M. Joseph Fabre.

Plus tard, M. André de Trémontels reçut sur sa demande, toujours du ministère de Imtérienr, une seconde lettre chargée, contenant de doim à quinze cents francs, pour faire face à des frais (rélection[qui n'avaient pas été soldés.

(lue partie do cette somme fut employée i ])ayer des livres qui avaient été distribués parle préfet aux enfants des écoles, dans la circonscription de M. Joseph Fabre, à l'approche de la période électorale.

Ce qui restait fut envoyé par lettre chargée à M. Joseph Fabre après son retour à Paris.

Je m'explique ainsi comment mon honorable collî'gue peut contester que la somme parlai roçuo se soit élevée à plus de trois mille francs. Je reconnais qu'il y a lieu de déduire le coût dei livres distribués, dans l'intérêt de l'élection, aui élèves des écoles.

L'honorable M. Joseph Fabre croit avoir reçu un don personnel de M. Gambetta. Sa conviction résulte de cette circonstance que c'est le président de la Chambre qui lui a offert son aide, et que c'est au président de la Chambre qu'il a adressé ses remerciements.

Ce dont M. Joseph Fabre ne s'est pas rendu compte, c'est qu'au mois d*octobre 1881 M. Gambetta s'identifiait avec l'Etat et que les ministres

n^étaîent plus que le Bourbon.

Dans cette discussio et l'autre une égale boj (licteur ne contestera fois, du préfet de VA\ employée à payer un d'élection.

Quant au préfet lui-i venus d'une source dil dique, c'est son devoir son intérêt. Mais il se sera pour confirmer i gnage\

Je ne parle pas de pas la naïveté de croi public à l'emploi de se

Le lecteur se dema qu'un don personnel d'aller directement du

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