‹ Souvenirs d'un président d'AssisesChapitre 13 sur 28 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De l'homme vu à la Cour d'assises, il n'y a rien à espérer : le mot de Michelet « que le mâle est féroce » sera éternellement vrai dans toutes les histoires de crimes judiciaires où les mœurs sont engagées.

Jeune, l'accusé est emporté; vieux, il est Tuséet pervers; jeune ou vieux, il est pardessus tout égoïste, sacrifiant sans pitié à la satisfaction passagère de ses convoitises la liberté et le bonheur d' autrui.

Le docteur Tardieu écrivait en 1862, lorsqu'il publia la quatrième édition de son ouvrage (i) intitulé : Étude médico-légale

(i) Bailliëre et fils, éditeurs, rue Hautefeuille, n' 19.

sur les attentats aux mœurs, les lignes suivantes ;

< Des faits d'un ordre tout nouveau, puisés dans des expertises récentes et sans précédents, m'ont apporté une fois de plus la preuve qu'en matière d'attentats aux mœurs, la limite du possible peut sans cesse être reculée, et que l'imagination la plus fertile ne saurait atteindre à la réalité lorsqu'il s'agit de ces dépravations morales, de ces monstruosités physiques qui forment le sujet de cette étude. »

Le mal n'a pas diminué depuis le docteur Tardieu. Ni le rang, ni l'âge, ni la fortune, ni les hautes fonctions, ni les habitudes de religion et de travail, ni le charme d'un intérieur sans nuage où la grâce réside avec la femme et l'espérance avec les enfants, rien n'élèvera une fin de non-recevoîr insurmontable contre certaines accusations : entassez les présomptions, accumu-

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