LA JOURNÉE DE L'ACADÉMIE
28 Mai 1909.
Drumont n'est pas élu, M. Lenôtre non plas, M. Boutronx non plus : c'est M. Marcel Prévost qui l'est. Le roman élégant et grivois l'emporte sur l'histoire et sur la philosophie. L'Académie est coutumière de ces caprices : il faut, à l'occasion, savoir les lui passer.
Ce qui est plus imprévu, dans son vote d'hier, c'est le peu d'opportunité qu'on serait tenté d'y apercevoir.
L'Académie avait presque toujours montré ce qu'on pourrait appeler le tact des circonstances. Lorsqu'elle ne se déterminait pas par la supériorité intrinsèque des mérites qui briguaient l'honneur de son choix, elle, se déterminait du moins par des coïncidences de faits et de personnes, qui lui permettaient d'imprimer à ses suffrages la signification et la portée d'un magistère des esprits.
Eien, d'ailleurs, ne paraissait plus légitime, encore que cela fût parfois désagréable à certains pouvoirs, que la direction donnée de haut, par une telle compagnie, à l'intelligence et à la culture fran-
L'Académie, au surplus, semblait s'attacher à ne demeurer étrangère à aucun des nobles mouvements de ce pays, de quelque natui'e que les événements vinssent les lui présenter. Elle savait choisir, au moment voulu, l'homme académisable qui les personnifiait le mieux. H lui est souvent arrivé d'élire, en dehors des belles -lettres et dans le champ si vaste des autres activités humaines, des hommes qui pouvaient à juste titre se sentir effrayés par la traditionnelle tâche de composer un discours de récipiendaire.
Le nombre d'hommes politiques que compte aujourd'hui cette classe de l'Institut, qui n'est pas celle des sciences politiques, est là pour témoigner qu'elle sait aussi, à ses heures, faire de la politique, qu'elle en fait très volontiers et ne s'interdit nullement d'exprimer avec opportunité le sentiment qui l'anime.
C'est ainsi que l'Académie française a contresigné l'alliance franco-russe en nommant M. Hanotaux ; qu'elle a rendu hommage à certains beaux débats parlementaires en nommant M. Eibot. N'a-t-elle pas sanctionné les plus beaux accents de la protestation catholique en nommant M. de Mun, après avoir nommé M. Etienne Lamy ? iSTe s'est-elle même pas ouvertement associée, en nommant M. Deschanel, à un genre politique quelque peu inédit, qu'on pouvait appeler la politique des espérances ?
De tels précédents, que j'abrège, car on sait qu'il y en a beaucoup d'autres, ne nous autorisaient-ils pas à penser que Drumont, en dehors de tous les
mérites reconnus et incontestés, qui ouvrent aux écrivains les portes de l'Académie, était aussi et plus que tout autre l'homme de ce moment ?
L'Académie, que nous appelons française avec une si juste fierté, est-eUe donc insensible à tout ce qui s'est découvert à la charge des Juifs depuis vingt ans et plus? 'Ne sait -elle rien de ce qui se passe encore maintenant, de ce qui se dit, de tout ce qui nous est révélé chaque jour d'incroyables ignominies, ayant invariablement pour auteurs des Juifs, et toujours des Juifs ?
N'avait-elle pas, en élisant Drumont, une manière éloquente et simple de faire savoir à la France qu'elle ressentait, pour sa part, l'outrage fait à ce pays, à mesure qu'on découvre à ses yeux ébahis de quelle ingratitude est payée son hospitalité, et par quelle série déconcertante de turpitudes et de trahisons la communauté juive a répondu à ses lois émancipatrices et à ses procédés fraternels ?
A l'heure où toute la vieille moralité française chancelle, ébranlée dans ses fondements par cette poussée sismique des scandales juifs que chaque matin nous apporte, nous sommes tenté de regretter que l'Académie française n'ait pas estimé à propos de faire ce qu'elle avait si justement fait dans tant d'autres circonstances, c'est-à-dire d'honorer de son libre suffrage celui qui avait prévu tous ces maux et qui, en les prévoyant, avec une lucidité d'historien, dans la langue la plus claire qu'on puisse lire, avait donné à la France la possibilité de se les épargner.
Ou peut, je crois, exprimer ce regi'et sans rien
perdi'e de son équanimité. Et ce n'est pas, que je sache, diminuer les mérites personnels de M. Marcel Prévost, de penser qu'il n'était pas précisément l'homme de ce jour de honte et de colère, qui semblait plutôt réservé par le sentiment public au couronnement de la France Juive qu'au couronnement des Demi-Vierges.
Il faut en conclure que la puissance du Juif est encore bien plus extraordinaire qu'on ne le suppose, puisqu'elle semble avoir fait reculer les x>lus fières traditions de l'Académie, au point d'interrompre les précédents si caractéristiques que je me plaisais à rappeler.
Sans doute, on nous dira que Drumont, s'il est à la fois un grand écrivain et un grand journaliste, est encore trop militant et trop sur la brèche, pour que l'Institut n'ait pas éprouvé quelque scrupule de s'engager à sa suite et de faire sur son nom une véritable manifestation d'antisémitisme.
On peut déjà répondre à cela que M. Maurice Donnay avait à son actif un certain Retour de Jérusalem, qui a chaudement contribué à la diffusion de l'antisémitisme, et dans un public nouveau, celui qui ne lit pas les livres et qui va de préférence au théâtre.
M. Maurice Bonnay n'était donc, du moins en cette matière, qu'un disciple de beaucoup de talent da maître que nous aimons. Les Juifs ont, d'ailleurs, donné à fond pour empêcher l'élection de M. Donnay. Us sont allés dans l'invective et la perfidie jusqu'à lui imputer d'être lui-même d'origine juive et de renier son berceau. L'Académie a passé outre
et elle a bien fait. Elle n'en a eu qu'un bel esprit de plus, comme elle aurait eu un grand esprit de plus, si elle avait élu Edouard Drnmont.
Il faut donc renoncer à l'objection et se rabattre, non sans quelque mélancolie, sur l'antre explication, qui ne laisse pas de nous grandement affliger, à savoir que l'Académie est peu à peu, elle aussi, gagnée par l'esprit juif.
On se tromperait de croire que cet esprit spécial réside seulement dans le négoce. H réside aussi et surtout dans cette lente et subtile corruption qui attaque la mentalité d'un pays, en flattant de préférence ses vices et ses instincts les plus licencieux. La déprav^ation, propagée par les tableaux de luxure, qui font désormais la fortune d'innombrables publications, est une œuvre essentiellement juive. « L'école charnelle », pour employer un mot de Bucbanam, est une école où les Juifs sont passés maîtres. La plupart des romans, depuis un quart de siècle, sont composés avec une préméditation perverse, pour donner à ceux qui les lisent des sensations aussi approchées que possible du vécu et du ressenti. L'art descriptif est poussé dans ce genre jusqu'à suppléer aux réalités. Si ce geme très demandé a trouvé beaucoup d'imitateurs, on ne saurait contester qu'il a été en grande partie lancé et développé par les Juifs. « Pendant qu'ils liront cela, semblaient -ils dire de nous, ils ne s'occuperont pas de ce que nous faisons par ailleurs. »
Les écrivains les plus responsables de cette dépravation ne sont pas ceux qui ont jeté sur le marché de grossières pornographies, mais ceux qui les ont
rendues plus élégantes et plus présentables, en y consacrant un véritable talent ; ceux qui ont fait des Fragonards de cabinets particuliers, au lieu de pocher à la diable des images d'Epinal.
M. Marcel Prévost n'est -il pas un peu de ceux-là, et l'Académie qui vient de le consacrer sien, au rebut d'un philosophe de la valeur de M. Boutroux, au rebut d'un narrateiu' incomparable comme M. Lenôtre, au rebut enfin, d'un sociologue, d'un historien et d'un penseur comme Drumont, ne se sent-elle pas un peu confuse d'avoir conféré son illustre patronage à un auteur dont la création principale et le chef-d'œuvre le plus connu furent une trouvaille assez lascive d'un ragoût plus que pervers %
Dans notre enfance, quand on avait parlé à demimot de Paul de Kock, on avait dit l'extrême limite de notre licence. La vérité est que ce brave Paul de Kock, à qui M. Chaumié, l'ancien garde des sceaux, ressemble comme un frère, avec ses joyeuses laitières qui se roulaient sur l'herbe en montrant leiu^s jarretières, et ses étudiants en goguette amoureuse, pourrait passer, par comparaison, pour un moraliste gaulois de l'esprit le plus sain et le moins corrupteur.
Chez celui-là, l'esprit juif n'avait point- encore pénétré. Il n'avait point ce « faisandé )) que les auteurs juifs, aussi bien les écrivains que les musiciens, ont mis à la mode.
M. Marcel Prévost fut, à l'Ecole Polytechnique, le camarade d'Armand Sylvestre. Tous deux quittèrent, dès leur sortie de l'Ecole, les carrières scientifiques pour la littérature. Mais Armand Sylvestre,
dans son genre, s'y montra, si je puis dire, un Paul de Koek supérieur ; tandis que M. Prévost se laissait contaminer par le virus juif, qui l'a conduit tout droit au Dreyfusisme — car l'Académie vient aussi de consacrer entre temps cette lamentable erreur des « intellectuels », sur laquelle tombe chaque jour la lumière plus intense et plus crue des révélations qui se succèdent.
Drumont peut, certes, se consoler d'un échec qui n'atteint ni lui, ni son œuvre, quand les événements, qui se pressent et se multiplient pour lui donner raison, lui apportent une part d'immortalité moins conventionnelle que celle dont l'Académie est la dispensatrice.