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CHAPITRE IL

Bruxelles en 1885-1890.

Revues et revuistes de l’époque Malpertuis et TAlcazar.

(Juaiul un vieux Bruxellois, en cri an Je (li'SKi'àre 1!)26, ])i'oinène stvs souvenirs parmi les années 1885-IHS)(). il ronslaü* (;uc le Bruxelles d'alors vivail d’une foui, aulro vie (pie le Bruxelles d’aujourd’hui. Tout ce qui conditionne l’exislenee quolidienne a changé ; l’atmosphère mentale, les l'iréoccupations courantes, le confort, les gofits, l’esqvrit traditionnel et jusqu’à la (pialité de la cui.sine et du rire. Bruxelhis avait encore des coins qui rappelaient le v!(mx Malines et le vieux Louvain; Brmxelles rendait un son qu’il ne rend i)lus, avait, une coidcur qui s’est perdue, une savu'ur locale qu’il ne retrouvera jamais.

Nos jeunes gens d’aujourd’hui iie.uvent difficilement s’imaginer ce dis[)arate et l’on s’étonne de ce qu’il se soit établi, avec celte vigueur, en un temps si court. 1885- 18!)(), ce sont les dernières années de la cité provinciale, cordiale, à la gaîté hruyante et un peu lourde, frondeuse et particulariste. Les théâtres s’éclairent au gaz. Pas de téléphone. Pas de cinéma. Pas de taxi. L’antique vélocipède s’est métamorphosé par l’intervention de la chaîne à multiplication et toutes les revues de l’éjtoque ont pour commère la Bicyclette; on roule sur des «pleins» et le cyclisme. I-'intiqué surtout par les très jeunes gens, est devenu la terreur du promeneur — -comme aujourd’hui rautomobile ; les journaux grincheux affirment que les cyclistes, pour être plus certains de surprendre l’ennemi, entourent les roues de leurs machines d’une bande épaisse de caoutchouc qui amortit le bruit qu’ils pourraient faire en ap|)rochant du piéton, ce qui leur permet de réduire celui-ci en une pâte sanguinolente avant qu’il ait même le temps de crier...

De rares tramways à chevaux — ils passent toutes les vingt minutes — relient les faubourgs à la Bourse; d'autres font le tenir des boulevards, traversent la ville (!(' la gare du Nord à la gare du Midi et poussent jusqu’au bois. On trouve encore, rue Neuve, des boutiques où do grêles heUrkes tintent sur une grille en bois pour

annoncer l’indréi', du climd. Des campagnards ('ndimancln'S viennent, du fond des Llandi’cs ou du r.\rd(mn(', céh'brei', dans l'oideur d('s scholh>s et jiar des beuveries do fai'o, les glorieuses journées de sepiembre et. les iioésios nachonalcs do Jef Casteleyn — le barde d’Eecloo — font, à l’estaminet, la joie du badaud.

.'\u ministère libéral, renversé en 1884, a succédé un gouvernementi calholi(|ue:

Woeste et Jacobs, ministres d’un jour, ont été éloignés do la rue do la Loi par un monarque impitoyablement ennemi des s(‘ctaires et Bruxelles a connu le 7 sefitembro : quelques milliers de manifestants, conduits par leurs curés et reiirésentant leur villa-a-a-a-ge, ont voulu défiler dans les rues de Bruxelles pour narguer le libé- 'ralisme éclopé; les bourgi'ois uni crevé les grosses caisses et ’^s gardes civiques ont laissé tomber, par mégard(% les crosses do leurs fusils sur les orteils des bons ruraux fuyant dans un vent de panique.

Ce sont les vêpres siciliennes à la bruxelloise, les vêpres à la zwanze..

Le flamingantisme, incarné par un poèteivrogne, n'est encore qu’une farce.

Toute la politique tourne autour de la question clérico-libérale. C’est l’époque do l’arrogance sacerdotale, du doigt do Dieu, du trou des chiens, de la paille humide de ’Siatican, des acta porcorum et de la pierre vermoulue. Tandis que la presse libérale mange du curé et que le.s journaux catholiques ameutent leurs lecteurs contre l’école sans Dieu, le groupe progressiste, conduit par Janson, Feron et Robert, éveille les consciences à de plus nobles préoccupations politiques et sociales et Voîders, tribun vigoureux, organise, dans les vieux quartiers [lopulaires, h's milices ouvrières. Il y a trois journaux satiriques : le Tirail- Irur, la Patrouille et la Boaihe; le premier clérical, le deuxième libéral et le troisième révolutionnaire. On est frajipé, à en feuilleter aujourd’hui la collection, de leur égale platitude, de leur lourde médiocrité.

Bruxelles est [)arvenu enfin à construire

SOUVENIRS D’UN REVUISTE

s('s boulevards du (lentro; nu a bouché les vides si long-temps bi'ants dos avenues brè(‘be-dents: 'ro.mvro audaci('uso, poursuivie par Anspacb avec iant de sagacité ('t (l’éïK'rgie, commence à rendre : la ville Irouve des locataires, voire des acheteurs à terme, jiour les immeubles qu’elle a bâtis; elle les vend pour la moitié dos prix aux quels ils se louent aujourd’hui. La Bourse

— le Point Central, comme on disait alors

— est devenue, avec les Galeines St-Hubert, l’endroit où l’on tâte le iiouls à la ville : le liimancbe, à midi, les cafés foisonnent de soldats citoyens : les gardes-civiques arboreid le trois-françois à plumes de coq; artilleurs et cbasteleers, sanglés, impeccables et « blinquanls », font le salut militaire à leurs offici('rs, martiaux comme des maréchaux d’Empire; pensez à la joie iidérieure d’un homme uni promène, le dimanche, un fusil, alors que toute la stmiaine, il n’a poiir arme qu’un ])arapluie... l..es cavaliers de l'escadron Marie-Henriett(' ont des moustaches dont les i)ointes se jterdenl dans les poils de leur ourson et, quand le major jiasse sur son cheval de louage, il est beau comme le prince Murat ('t [dus redoutable que lui ; Tjéo{)old Courouhle a spirituellement et scrupuleusement saisi tout, ce Bruxelles-là dans son histoire naturelle (les Kaekehroeck et des Platbrood...

l'iio moitié do Itruxelh's ignorait l'aidre moitié (il en est (mcore ainsi d’ailleurs) : la rue Haute et le Ilemport-des-Moines ne jiartageaient ni les plaisirs, ni les habitrnh's, ni les goûts de ta rue de- Namur et, du Ouartier Léopold. On ne fusionnait guère qu'à l’occasion des fêtes et cérémonies piddiques et, journellement, dans les tiiéàtres. On se retrouvait,, avec un plaisir l»articulier, aux revues de fin d’année. On n’(m jouaii qu’une ou deux 'par an et le |(ublic guettait l’apparition de l’affiche où h's semis noms, tronqués, des draniah\s prrsoiiæ alléchaient les curiosités. C’est qu ('n efh't le revuiste, pour peii qu’il fût avis('. faisait rire le haut de la ville en exphutant le langage du bas et, mettait en joie les sieectateurs du bas en blaguant h's ridicules du haut — le tout sans mécbanceté, à la bonne mode provinciale fin Bruxelles d’alors. Et puis, le haut et le bas, également frondeurs, n’aimaient rien tant que do voir traîner sur les tréteaux ministres, barbons, robins, faiseurs, gredins et cuistres.

Non. en vérité, rien n’annise .\(is cieiirs scvriO de cliiirité Oomnio ce théâlre effronté Dont la -Raillerie est la muse...

Ja> revue d’alors, c’était la chronicjue du joui" mis(' en couplel, la chronique du (piai'fier, la chronifiue de la rue, voire celle do la maison. Cela donnait beau jeu au revuiste, (jiii se trouvait en famille — et il

faut accorder, à cause de cela, des circonstances atténuantes, aux revuistes d’aujourd’hui que l’on accuse d’être impersoiimds, noyés qu’ils sont, par la vague égalitaire du cosmopolitisme envahissant.

Après la brillante époque de Charles Elor-o’-Squar et de Marc-le-Prévost, après les revues politiques de Cavalier, qui se placent aux environs de 1875, le genre était lomhé. vers 1885, dans le plus saumâtre des marasmes. A part l’Alhamhra. où les frères Oppenheim montaient l’opérette avec un faste que, seul, Volferra nous a fait retrouver par la suite {\a. Faiivctfe du Temple, AJi-Jhdia. Geneviève de Brabant, etc.), tout le théâlre de genre battait, du reste de l’aile : les Galeries, ayant use jusqu’à la trame les df'cors du Taur du Monde et de Michel Strogoff, ne trouvaient plus de (iirecteur digne de ce nom; le Parc vivait des souvenirs de sa vogue révolue; h; théâtre des Nouveautés, rue de Brabant, s’efforçait do tenir l’ojiérette, avec Lagairie et Alice Caillot . — et les ouvreuses jouaifmt, tous les soirs, au bouchon dans les couhnrs de l’Alcazar. Au Molière, Munié faisait dos prodiges |>our intéresser le jnihlic au théâtre lilire et mettait Antoiiu' à l’afficlie. Le Vaudeville, seul, fournissait le rendement régulier d’une forme bien (conduite ; Boyer ar|»ent,ait les Galeries St- Hubert, à midi et à 6 heures, « mot nf' (iikke buik (ui ne witte gilet »; Mengal profilait, sur- le noir du vestibule du théâlre, sa haute et fière silhouette d’officier df' cavalerie en retraite et le i)uhli(‘, hfmdait chaque soir la iietite salle pour applaudir Vilano, un Corse à la lijipe pendante et au regai'd torvi', rageur, crispé, nnSchant comme un âne rouge et <jui jouait le réiiertoiri' de Labiche avec une maestria inégalée.

La revue de fin d’année s’était réfugiée au Hiéâtre du Bain Royal, dont le bassin se transformait, l’hiver, en salle de théâtre. Ch.ai'les Fier o’Squarr, vieillissant, venait 'de se faire « égayer » avec une pdèce d'actualité qui s’ai>|)eiait, si nos souvenirs sont bons : Bruxelles et ses environs, et nolr(‘ hou ami Pels venait de mordre la poussière — il ne m’en voudra pas de lui rappeler cet incident qui demeure l’un dos souvenirs les plus joyeux do sa jeunesse — avec Mie Calocn, où le public n’avait pas retrouvé la verve que dépensait, dans la Casserole, le père de Bazoef et de Verginie.

Jtouland donnait au Bain Boyal, au Casino de la Bourse et à la Seal a, alors café-concert « à consommations », de.s revues à la diable, faites avec de gros doigts ('I. dont la vervf' un peu cynique ne requérait qu’un public de second choix.

Il y avait bien eu, aux Galeries, une revue à gros succès ; Bruxelles Altraclions, où l’on voyait Thonisson-le-Pleurard, minislrf', de l’Agriculture (d df's Beaux- Arts, chargé d’appliquer la « loi de malheur » en persécutant l’enseignement libre.

SOUVENIRS D’UN REVUISTE

faire une entrée sensationnelle sur l’air du réritatif de Marguerite :

Je voudrais l)ion savoir ce que l'ail ce jeune

[liomnie.

S'il est iiislituleur et comment d se nomme;

mais ce n’élaii qu’une revue d’importation, une revue parisienne de Monréal, Blondeau et Grisier, amenée des A^ariétés et où Théo Hannon avait accroché quelques scènes locales. BmxrUes-Al tractions rendit à la revue un peu de la faveur du public; il y avait des décors luxueux, des costumes agréables et une interprétation remarquable: mais ce n’était point epcore la satire bien bruxelloise d’anlan, colle dont s’élaient réclamés BnixcJles-sans-dessusilessous, BraxcUcs-Toqué, Tout ça c’est des carabistouiUcs! Ouic! ouieü ouieü!

Les Dentelles de Bruxelles, etc. La revue bruxelloise n’était plus qu’une cuisine de gargotte, un pot-au-feu indigeste, un miroton de concierge chantonnant, sur le feu doux de vieux airs, déjà rehâchés par plusieurs générations au temps de Désaugiers.

Enfin. Mal... pertuis vint et, le premier ( Il Belgique...

— Quoi, le jiremier en Belgique? Est-ce Malpertuis qui a inventé le couplet de revue?

— Non, mais il l’a rénové; il eut cotte idée, simide, mais féconde, d’appliquer des v('rs ou plus simplement des bouts riiués sur les airs à la mode et notamment sur les airs du répertoire de Paulus, alors en |)leine vogue — tandis que Flor-o’Squarr, thds, Boutand et les autres, continuaient à coller les leurs sur des ponts-neufs surannés, sur les timbres mille fois employés d’ « Un page aimait la jeune Adèle », de r U Apothicaire » ou du u rapide au de tiisèle». 11 rajeunit ainsi non seulement h' vclement- musical du couplet, mais il en modifia le rythme et l’ossature.

Ajoutez que les couplets de Malpertuis avaient parfois une forme littéraire qui (donnail agréablement les gens qui savaient l’orlhographe et faisait à l’auleiir une llatleuse répiilalion auprès des autres. Il posséda loul de suiie la manière d’épointer une (diaiison e| ce je ne sais quoi que l’on appelle le tour de main, aussi nécessaire au cuisinier pour trousser un poulet qu’au revuisle pour trousser un couplet.

Mal])('rtuis avail alors 20 ans, des redingote.s grises, longues et vastes comme des jupes, des chapeaux haut-de-forme dont les bords plats reposaient sur les coussinets de ses cheveux bouclés et foisonnants. Il était l’une des quatre belles barbes blondes de la jeunesse bruxelloise d’alors; les trois autres belles barbes blondes appartenant (quand je vous disais que Bruxelles était, alors un grand village.-.) à Marchant, de la Bé forme, Maurice Glibert et Armand Feron. Dans ce qualuor de jeunes dieux barbus, Malpertuis était le poète et le chansonnier. Il se caractérisait encore par une grande polite.sse et une timidité

extrême : il possédait celte qualité bien française qu’on apiielle la discrétion; il rougissait comme une jeune fille dès qu’on le complimentait et Gustave Frederix l’appelait, pour ce, Mademoiselle Malpertuis, ce qui le mettait dans des colères de jeune coq.

Il était étudiant en philosophie; mais il fréquentait avec plus de plaisir le Conservatoire que l’Université; on le rencontrait sans peine dans la classe de déclamation du vieux Monrose et de A'ermandel et assez difficilement aux cours de MM. A^olgraff, Pergameni et Aianderkindere. Il se trouvait d’ailleurs, au Conservatoire, en fort bonne comiiagnie, notamment d’Emile Royer, feu •loseph Delancker, PTançois Empain, Max Hallel, P^'erdinand Raquez, dont la voix de baryton Martin était, fort ap[)j'écié, dans les grands salons bruxellois et aussi de .Mme George Rodenbach et Mme Fierens, laquelle s’illustra à la Monnaie et à l’Opéra.

Il advint que, cet hiver-là, un journal ayant publié une série d’articles sur les lliéâlres de marionnettes des quartiers du bas de la ville, le Tout -Bruxelles se toqua du « poechenelspel » et qu’il devint à la mode de passer une soirée dans la cave où se logeail le théâtre Toone, rue du Miroir. La jeunesse dorée s'y rendait en habit et les personnes du beau sexe se décolletaient sans crainte de l’humidité des sous-sols.

IjC cadre de scène était grillagé pour protéger les artistes des trognons cle choux de la clientèle ordinaire. Au début, le public <( chic » se mêlait à elle; mais, quand ces messieurs eurent vu leurs plastrons étoilés de caroGes mâchées et que ces dames eurent été parfumées par des produits divers qui étaient fout au plus de la pomme cnite, la belle société fut d’accord pour louer la salle entière les soirs où elle honorerait la représentation de sa présence.

A quoi tiennent les destinées des empires et les vocations des revuistes? Les unes à la forme du nez de Cléopâtre; les autres à un habit noir introduit dans la cave de Toone. Car, enfin, si le snobisme bruxellois ne s’élait. pas avisé de fréquenter chez Toone, ce n’est, pas pour le public de ketjcs et de crotjes de cette institution marollienne que Malpertuis aurait imaginé d’écrire une pièce d’actualité, une parodie qui s’appellait la Petite Walkyrie! Ce qui doit arriver arrive à l’heure dite; les petits pois viennent au printemps et nul n’échappe à son deslin ; le soir de la première de la Petite Walkyrie, chez Toone, la destinée de Malpertuis fut fixée!...

Les représentations exclusivement, mondaines de la Petite Walkyrie se poursuivirent pendant un mois. Il y eut telles soirées de grand gala, où les ficelles des lirinoipaux personnages furent tenues par des interprètes de marque qui, tout en faisant manœuvrer les marionnettes, leur prêtaient leur voix. Parmi les artistes qui se firent ainsi remarquer, il convient de citer, pour la postérité : Fernand Raquez,

SOUVENIRS D’UN REVUISTE

■Max llallcl, François Hi'ouci, A(lol|tli(‘ ('ifosi'in, Fliarlos Craninckx.

l'n soii', un spccl alo'ur oui lioiisiaslo adjura Mal péri ni s (!(> transi )(rso.r sa piàro an (•afé-('on(‘(>rf. Matportuis en rossnnlit comnio un ('hloiiisspnK'iit — d’aulaiit plus qu'il n’avail Jamais vu do caré-concerl.

î-1 y en avait un, ee|)endant, à Itruxellos, tenu par Dieudonné, qui s’appelait l’Aicazar et qui était sis rue d’Arenberg. Pour le mnmeid, bî malade était au plus bas; il était tombé aux mains basardeuses de Dieudonné, un !)ai‘fail gentleman (jui devait cà Dieu et au Diable, t)attait son épousf', roulait ses fouinusseurs, se saoulait comme un porte-faix et avait celle particularité de faire l’idiot (juand la conversation prenait un tour qui lui déplaisait; il vous l'f'gardait alors avec des y('.ux glauiiues, (‘normes, ronds et fixes et faisait bon! i)ou! bon! en se grattant la tète, comme si le Firéaleur l’avait suintement ravalé au rang d’un chimpanzé pouilleux et cacochyme,

Il était, on le conçoit, assez difficile d’avoir une conversation suivie avec un interlocuteur de cette espèce...

Un «imitateur» qui avait alors un nom au Uafé-concert : Dclpierre. était heureusement le régisseur de Dieudonné. Il se prit d’aftection pour la Petite Walkyrie transposée et. y joua le rôle principal : s’étant fait la tète de Joseph Dupont, il montait à rorebestre, dirigeait les musiciens et interpellait indifféremment les artistes et le public.

La Petite Walkyrie fut montée dans des décors tout neufs, peints par Duyek et Orespin, et des costumes éblouissants, dessinés par les mêmes, le tout d’une valeur réelle de 250 francs. La clientèle mondaine de 1’oone amena du monde à l’Alcazar — ('.t voilà ,lc jeune dramaturge de la rue du Miroir sacré auteur par la presse bruxelloise, sympathique et amusée!

Di(‘udonné, enclianté, n’bésita pas à commander à Malpertuis sa revue d’hiver.

Mais, lavant, ses vrais débvds de revuisie devant le grand [)ublio, Malpertuis sacrifia encore une fois au tliéàtre universitaire. Gela se passa dans la salle de la Croix-dc- Fer, un estaminet de la rue des Bouchers,

dont, la «salle de httes » (Mail grande r()nim(‘ ipiatre mouchoirs de poclu' et (iu’érlairai(‘ni trois quinquets fumeux. Il s’agissait encore d’uni' jiai'odie : La Petite Lakmé et. le Drame de la Gare du Nord, « opéra excessi- ■ veulent 'conutjue ». En ces temps-là,, comme nous venons de le dire, rUniversit(‘ ('iitretenait des relations suivies avi'c le Gonservatoire. .Plusieurs chanteurs émérites promirent d’emblée leur concours et s’empresscrent de ne pas le donner. II nous souvient (lu’IIerman Weber, présentement conseiller à la Goiir •d’A|)pel, remidissail b' rôle de Lakmé. Il y avait, un peu de tout dans la pièce en question: di's airs de Delilies et de M. Nazy, des ministres, des Iiersonnages de «Lakmé», le marche-pied d’un wagon de P'’ classe de la malle des Indes, des appariteurs, un droguiste wagnérien, un éiléjibant, bi'aucoup de chameaux. G’était parfaitement incom])réhensil)le, mais ceia fit plaisir tout de même.

A l’Alcazar, Maliierluis fit donc, en riiiver de 1887, sa première revue : Bruxelles à l’env. Get acte joyeux était rondement mené par Grozaz qui disait bien le couf<lel,. mais dont la trivialité originelle était redoutable et exigeait une surveillance de toii=^ les instants.

En 1888, nouvelle revue, en deux actes, cette fois : les Parades de l’année, où Delpierre, déjà nommé, faisait une étourdissante imitation do Sarali Bernard t et où débuta un trio do jeunes femmes qui devaient faire quelque chemin plus lard au théâtre : Micheline, Tusini et Larive.

La fuite du général Boulanger à Bruxelles donna prétexte à une revue de printemps : Les rev’nants de la R’vue; elle amena dans la salle quelques manifestations politiques.

Bruxelles-Cliché inaugura la saison I 889-1890.

G’ost au cours des représentations de cotte revue que nous commençâmes, Maliiertuis et moi, notre collaboration.

Mais il n’est guère possible de parler de la revue à cette époque sans parler du «théâtre universitaire», car c’est simultanément dans les théâtres bruxellois et à rUniversité que la revue se réveilla.

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