‹ Souvenirs d'un tragédienChapitre 12 sur 38 · JULES CLARETIE · texte numérisé non relu

JULES CLARETIE

Hamlet par le roi Orvandir, afin qu'elle le fasse parler et mesure sa folie...

Il reste dans VHamlet définitif, quelques traces de cette première version, mais on fait d'Ophélie, généralement une jeune fille pure, charmante... Au fond, c'est une petite pécore..,

Hamlet, c'est l'irrésolution. Le fameux monologue le montre à nu...

A ce moment, le piège dans lequel doit tomber le roi est dressé. La scène du meurtre va être évoquée. La pièce accusatrice va être représentée dans quelques instants. Hamlet est ressaisi par l'indécision. Ah ! son cri d'immense lassitude :

« Être ou ne pas être?... Agir ou ne pas agir?... Intervenir dans le destin?... Intervenir dans ma propre vie, ou le laisser aller selon sa fatalité?... Qu'est le plus admirable? Décider, ou se soumettre au sort?...

« Mourir... Dormir... Et puis, ne plus souffrir...

« Mais la mort?... Que sait-on? Comme on est lacne, lorsq'.i'on examine ce problème !... »

Mais Ophélie entre, il s'arrête de penser. Il va à elle, les mains ouvertes. Il s'aperçoit alors qu'on le guette...

Pauvre être d'amour, encerclé, garrotté par toutes les vilenies, les cruautés, et les noirceurs humaines...

Hamlet est l'irrésolution. Et le symbole de la pièce est la lutte de l'irrésolution avec la volonté qui marche...

Pendant qu'Hamlet hésite, Fortinbras s'avance et envahit le royaume.

Voilà ce que je vis dans Hamlet, le soir où je lus l'œuvre comme avec des yeux neufs.

Plus tard, en 1899, j'eus la joie de voyager au pays d'HamHt, et de[me recueillir auprès de son tombeau. Peut-être les lecteurs seront-ils intéressés par le récit suivant, qu'écrivit alors le journaliste danois qui m'avait servi de gracieux cicérone en cette promenade qui était un pèlerinage.

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