LES
pérance.
Regarder les nuages, le feu, les arbres; écouter le vent, le tonnerre, lamer. Assimiler saîis effort.
Sentir Dieu dans son œuvre.
L'exagération. Abominable mélange de fièvre et d'abattement.
Lhabitude, le pardon.
Etre aimé. Une bo?ine conscience et un bon estomac.
Votre idée du malheur?
Votre couleur et votre fleur favorites ?
Si vous n'étie^ pas vous, que voudrie^-vous être?
Oîi préféreriezvous vivre ?
Vos auteurs favoris en prose ?
Vos poètes favoris ?
Le changement. Lar aucune. Etre seul avec le souvenir d^une mauvaise action.
Le jasmin^ lemagnolia, la tubéreuse, dont le parfum me trouble, et dont la couleur me calme.
Un galet au bord de la mer, un brin d'herbe sur un rocher... que sais- je ?Lebœ ufAp is .
Loin des autres, avec des gens qui m'aimeraient.
Ceux qui sont poètes :
Gautier, Banville, Daudet, M""' de Blocqueville.
Ceîix qui ne sont distraits de leur pensée ou de leur émotion ni par la langue, ni par le rythme, ni par la rime.
Vos peintres
et i'os compost'
teiirs favoris?
Vos héros
favoris
dans la vie réelle?
Vos héroïnes
favorites
dans la vie réelle?
Peintres : le pri^itenips et Vautomne. Compositeurs : le vent, le tonnerre, la mer, les sept péchés capitaux, les trois vertus théologales.
Les martyrs inconscients : le chien d' Alcibiade, par exemple!
Les Renommées qui nont fait de mal à personne. Je cherche un exemple!
Celles qui filent de la laine : Pénélope, Lucrèce, Cornélie, la reine Berthe..., etc.
Ceux et celles que f ai" nierais rencontrer dans la vie réelle.
Vos héros favoris dans les romans ou la fable?
Vos héroïnes favorites dans les romans ou la fable?
Votre nourriture / N'importe quoi, pouret votre boisson ] vu que je puisse eau-* favorites? \ ser avec ma voisine.
Vos noms favoris?
V objet de votre
plus grande
aversion?
Quels caractères détestez-vous le plus dans l'histoire?
Quelle est votre situation d'esprit actuelle?
Pour quelles fautes ave^-vous le plus d'indulgence?
Ceux qui vont par couples : Roméo-Juliette ; Faust- Marguerite ; Didier - Marion ; Abélard - Héloïse ; Lucio-Eltha ; Jean- Georgette !
Les gens qui affirment n'avoir jamais changé d opinion : ce sont des imbéciles ou des m.enteurs !
L'histoire? Le doit et avoir des eiitraînenicnts et des nécessités ? Je ne la sais pas^ et ne veux pas V ap^ prendre !
Je cherche une excuse et ne ni en trouve pas de suffisante.
.ourlasinariU, Pour l'enthousiasme !
Sœpi stylinn vertas !
Pro consciencia ! —
^ „ , ^ i Disceoue tu fais, fais
Quelle est votre } , , ■ -r^ ■
, . ^ -^ -, ' ce que tu dis. — Faire
devise favorite f 1 . , „,
■' I mieux! — Re qui
Dion !. . . et bien d'autres !
MOUNET-SULLY
a8 décembre 1877.
Si ce questionnaire m'était posé aujourd'hui, j'y répondrais de même.
Quant au second papier, daté de 1869, et remis au petit acteur inconnu que j'étais, en voici la fidèle transcription :
Caractère essentiellement paresseux, rêveur., contemplatif. Très amoureux de la forme. Tendances artistiques très prononcées. Défiance invincible de soi dans la conception. Grande audace dans V exécution. Sentiment de la justice au point qu'une injustice vous révolte, vous exaspère., et, dans cette voie, vous pouve^ aller iusqu'à la colère frénétique, jurieuse. Du ingénient. Vous procède^ plutôt par intuition que par réflexion. Mais analyste après
coup. Du cœur. Plus de cœur que de tête. Susceptibilité. Imagination très puissante. Disposition au merveilleux^ tendances au mysticisme. Très artiste. En musique, aimant la mélodie. Amour du bien-être.
Indépendance complète., absolue. Goût des voyages. Minutieux. Ligne de chance, peu accusée jusqu'à vingt-cinq ans. A ce moment., changement de situation. Phisieurs bonheurs inespérés. Très bonne ligne jusqu'à quarante-cinq ou cinquante ans...
Ensuite, position bonne.
Je demandai au chiromancien :
— Rien de brillant?
Il me répondit :
— Une bonne carrière artistique.
J'insistai :
— Rien d'éclatant?
— Si, si, bonne, bonne, vous dis-je. Le mont du Soleil est développé.
Vous « parviendrez »...
Mon Dieu, à ce « vous parviendrez » je vois le lecteur sourire et penser que je suis parvenu...
Le devin avait peut-être raison, cependant,
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Reproduction d'un Autographe de Mounet-Sully.
puisqu'en vérité «parvenu »... où je suis!... au lecteur qui, souriant, serait tenté de prononcer à mon égard des mots trop flatteurs, je pourrais répéter cette phrase, écrite au début de ce chapitre :
— Je n'ai rien fait auprès de ce que je rêvais de faire !...
Mais qui Ta jamais pu ?