‹ Souvenirs d'un vieillardChapitre 14 sur 30 · LES CLASSIQUES · texte numérisé non relu

LES CLASSIQUES

La nécessité de fournir à Henri les livres que réclament ses études, m^a fait fouiller un coin de ma bibliothèque depuis longtemps rois en oubli. J'y ai retrouvé tous mes vieux auteurs ; je me suis mis à. feuilleter debout et à bâr tons rompus. D'abord je passais dix pages, puis deux, puis le revers seulement, puis rien, et la lecture se prolongeant, il fallut m*asseoir.

Les heures ont succédé aux heures, la nuit est venue; j'ai allumé ma lampe et j'ai prolongé la veille.

Le lendemain, j'étais levé plus tôt que de coutume pour recommencer; enfin une grande résolution a été prise : je me suis décidé à relire toute cette vieille littérature'négligée pendant cinquante ans au profit d'arides recherches. Yottit mon esprit remis en nourrice chez les Grecs et les Romains.

Naguère, quand j'étais tenté par un livre d'art ou de fantaisie, si j'y demeurais pris, c'était comme Renaud dans le palais d'Ârmide : j'avais honte de ma faiblesse, je m*en cachais ; chaque coup qui sonnait à ma pendule me semblait un appel et un reproche. Aujourd'hui tout est changé : je ne suis plus prisonnier dans le cercle des heures; le monde de l'intelligence m'ouvre ses mille allées oti je puis errer à loisir. Revoyons donc ces régions fleuries pas & pas, sans nous presser; le temps et l'espaco sont à moi.

Je ne connais plus mes auteurs grecs et latkis, môme ceux dont je puis réciter encore de longs passages; je les avais retenus, je ne les avai&.point compris.

El le moyen qu1l en soit autrement dans cette étude sans amour des livres antiques, quand Tesprlt inattenlif de l'écolier s'arrôle à la surface, interroge avec le lexique, écoute avec la grammaire-) Tandis que ses yeux suivent la lettre moulée, que sa mémoire retient le mot, que sa main écrit l'explication, lui-môme est absent : il s'égare là-bas, sur la route poudreuse où galope le cavalier; làhaut dans ces nuées qui prennent la forme de ses rêves ; ici près, dans la cour ombreuse où chante la servante : aussi ne lui demandez pas de pénétrer le sens des pensées qu'il traduit ; c'est un somnambule qui n'a point conscience de sa propre action.

Lorsque j'étais au collège, un 'de mes camarades de classe, charmant rêveur qui serait peut-être devenu un grand poëtesi la nécessité n'en eût fait un mauvais homme de loi, traduisait près de moi la fable de Y Homme et la fourmi. Il en était au passage où l'auteur latin raconte la chute de l'insecte dans une petite fontaine, decidii in foniiculam. L'écolier feuilletait nonchalamment le dictionnaire, tandis que son esprit se promenait ailleurs ; il trouva enfin le mot :

FoNTicuLA, diminutif...

Il n'en lit pas davantage : le dictionnaire est refermé ; il prend sa plume en bâillant et écrit, sans hésitation, que la fourmi tomba dans un diminutif. —Le soir, à la lecture de la copie, vous devinez les éclats de rire ; le sobri* quet de Fohticula fut donné au traducteur d'un commun accord, et lui est resté sans qu'il ait su le glorifier, comme Tullius celui de Cicéron *.

Mais de tous ceux qui le raillaient alors, lequel eût pu se dire innocent de quelque sottise semblable? N'avions-

^ Nom qui siguiflait pois chichi.

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nous pas tous traversé celte merveilleuse féerie de l'art grec et latin avec Tindifférence distraite de Fenfaut qui, porté au milieu des merveilles alpestres, ne s'occupe que d'une fleur ou ne voit qu'un papillon? Triste destinée des chefs-d'œuvre antiques prédite par Horace, lorsque, parlant à ses vers, il leur dit : « Dès que les mains du vulgaire auront souillé vos marges, vous irez dans quelqu^^ quartier perdu moisir aux mains d'un magister qui bredouille la syntaxe aux marmots. »

Mais les marmots ne sont point seuls à méconnaître les pages immortelles. Plus tard, combien de leurs beautés nous échappent encore. Chaque âge lit avec ses préoccupations exclusives. Ce que nous cherchons dans un livre, c'est bien moins Fauteur que nous-mêmes.

« Écris-moi chaque jour le vers qui te frappe dans ton poète favori, disait un sage, et je te ferai l'histoire de ton âme. »

Mais avec Texpérience le choix s'étend, plus de points arrêtent nos yeux; le soleil de la vie semble grandir lentement et éclairer d'année en année, dans les œuvres sublimes, quelque coin jusqu'alors obscur pour nous. V'oilà pourquoi le vieillard qui ne s'est pas muré dans la Jombe en voit plus nettement l'ensemble, en distingue mieux les détails. Ayant tout vu, tout senti, il n'est étran* ger à aucune perspective ; il résume en lui toutes ces émotions par le souvenir. Chaque âge n'écoutait qu'une mU du grand clavier, lui les a toutes successivement enten^ dues.

Je l'éprouve vivement, pour ma part, en reprenant pos session des vieux auteurs. Enfant, je n'y voyais, commt Chrysale dans son grand Plutarque à meure des rabats, que des ustensiles intellectuels où l'on avait mis le Dictionnaire de Boudot et le Despautëre ; j'y cherchais la

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formation des temps avec les règles du que retrmché! Aujourd'hui je ne songe qu'à ce qu'ils disent; je suis leur pensée, j'étudie leur accent :^ce ne sont plus pour mo? des répétiteurs de grammaire ; c'est un sénat où les plus grands poètes, les plus éloquents orateurs, les plus graves historiens, les plus profonds philosophes, prennent tour à tour la parole et m'enchantent.

Voici les Grecs d'abord. Quelle élégance dans leur force! que de clarté dans leur fantaisie, de précision dans leur ingéniosité 1 Chez eux, l'art littéraire ressemble à l'architecture, à la statuaire, dont les fins contours se dessinaient nettement sur le ciel limpide; tout est taillé en marbre, et le jour brille au fond !

Les Latins sont déjà moins spontanés ; leur atmosphère plus trouble laisse entrevoir la forme un peu confusément : l'œuvre d'art n'est plus Fenfant qui vient au monde d'un seul jet et revêtu de ses grâces divines ; c'est un labeur souvent repris et pour lequel on s'efforce. Mais quel charme encore 1 quel flot abondant et toujours renouvelé! La phrase grecque chantait, la période latine parle ; làbas c'était la jeunesse de l'intelfigence avec son lyrisme, ses expansions, sa gaieté folle; ici c'est la virilité avec sa poésie modérée, l'éloquence des affaires et le sourire prudent. «

Mais ce qui me frappe des deux côtés, c'est ce culte de la parole et ce goût du bien dire. Qui donnait donc à ces nations le loisir de sculpter et de polir le langage? CKi était la classe illettrée chez ce peuple dont les marchandes d'herbes reconnaissaient Théophrastè pour un étranger, parée qu'il parlait trop purement? Derrière les applaudisseurs de Sophocle ou les auditeurs de Cicéron, qui donc labourait, taillait la pierre, forgeait le ferî — Deinandez à Spartaéus.

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Le banhomme Bouyier est venu me parler poifr son neveu déshérité par madame Lourière, malgré mes efforts. Le jeune homme a perdu Tespoir de faire agréer maintenant sa recherche par la famille de celle qu'il aime; s*il veut Tobtenir un jour, il faut qu'il songe à s'avancer. La persistance à végéter, du prix de quelques leçons, dans la petite ville qu'il haUte, ne le conduirait à rien; il s'est décidé à ne pas attendre plus longtemps la fortune qui ' ne peut venir, et à aller à sa rencontre.

Il a fallu, pour cela, une longue délibération avec luimême. Là-bas, notait près de la jeune fille qu'il a choisie; à défaut d'espoir de l'obtenir, il avait la joie de la voir et de lui parler; mais il a compris que, s'il s'endormmt dsns cette douce habitude, il sacrifierait la réalité du bonheur à son ombre : aussi, en apprenant que monsieur le comte de Rovëre cherchait un précepteur pour sen petilr-âls, s'est-il décidé h s'offrir ; mais il fallait un présentateur, un répondant près du comte, et le vieux Bouvier a pensé à moi.

Je ne connais monr^^urdeRovère que très-légèrement; mais mon titra d'amâen professeur et mon âge me donnent certains droits ; je pui$i sans outrecuidance, supposer que ma reoommandaiion^sera de quelque poids. Je me décide donc à voir le comte.

Il habite, au centre de la ville, on vieil hôtel bâti dans le fond d'une cour. C'est une de ces architectures sans caractère, qui paiaissent vieilles plutôt qu'antiques* ^^^^andes fenêtres défendues au rez-de-chaussée par i& grilles, aux étages supérieurs par des volets ; larges portes gtir-^ nies de gros bouloj^« d^ fer. cour pavée de petits grès

pointus, perron de granit; nul ornement, aucune verdure; tout est rigide et froid, tout vous ennuie d'avance.

Je frappe à la porte d'entrée ( car on en est toujours î\n heurtoir chez le comte) ; un vieux domestique vient itf ouvrir-, il est maigre, coiiïé à Foiseau royal, et porte une livrée de coupe ancienne.

Je demande monsieur de Rovëre en me nommant ; le domestique s'incline, ouvre une porte et m'annonce.

J'entre dans un immense salon à panneaux tendus de damas rouge et encadrés de boiseries grisâtres, formant une guirlande de fleurs, de lyres et de lacs d'amour maigrement sculptés ; rentre-deux des panneaux est occupé par des miroirs d'attache étroits et élevés ; des bergères et des fauteuils à pieds grêles composent l'ameublement ; le plafond est orné de trois petits lustres avec pendeloques de cristal.

A mon nom, monsieur le comte s'est levé et est venu h ma rencontre. C'est un vieux gentilhomme qui a conservé les vestes à longues poches sous Fhabit à la française, et la culotte en Casimir bouclée sur le bas de soie. Il a le grand air des gens accoutumés au commandement, et l'extrême politesse qui arrête la familiarité.

Après m'être laissé conduire par lui à un fauteuil, je m'aperçois (Juela table de jeu est dressée, et que plusieurs habitués de monsieur de Rovère font une partie de tarot.

Il y a d'abord la vieille chanoinesse allemande, dont la vie entière gravite entre un jeu de cartes et son petit chien Zéphyr; puis le chevalier, autour d'une pièce de vers imprimée jadis dans le Mercure, et qui, ayant pris la peine d'avoir de l'esprit une fois dans sa vie, a pensé qu'il pou- 'vait se reposer jusqu'à sa mort. Plus loin sont les deux cousins du comte, dont l'histoire est achevée quand on a dit qu'Us faisaient partie de l'émigration ; la veuve du

président, qui naguère était bègue seulement, mais que voilà sourde ; enfin le docteur, espèce de spectre qu*oa serait en deuil de tous les malades qu'il a soignés.

Je m'excuse de déranger cette noble compagnie, et* prenant le comte à part, je lui expose brièvement l'objet de ma visite.

Son petit-fils réclame, en effet, un précepteur, et ce que je lui dis de mon protégé parait lui convenir; mais il m*avoue, avec une aristocratique négligence, qu*il est peu versé dans ces questions, et qu*il s*en remet à Tapprédation de monsieur Tabbé de Riol. Je me lève en répondant que je verrai Tabbé ; mais monsieur de Rovère me dit qu'il va venir; il m'engage à l'attendre. L'espoir de terminer sur-le-champ me tente, et j'accepte, à condition que le comte reprendra les cartes.

Afin de lui laisser toute liberté, je demande la permission de me chauffer; je m'approche de la cheminée qui flambe à l'autre bout du salon, et je me mets à feuilleter une brochure pendant que le jeu recommence.

L'histoire fait généralement remonter l'invention des cartes h Charles VI, dont on essaya de distraire ainsi la démence : je comprends cette origine. La vue d'images grossièrement poloriées, leurs évolutions inattendues, leurs simulacres de bataille, semblent particulièrement propres à occuper un fou ou des enfants. Je m'explique encore qu'on* en ait fait le prétexte d'une réunion régulière, la trêve du travail ; mais comment certaines gens ont-ils pu s'y complaire et s'y oublier comme le fumeur d'opium dans son ivresse somnolente?

Monsieur le comte et ses partners en étaient là : les cartes reprises, tous semblèrent oublier le monde réel pour vivre seulement des péripéties et des aventures que le jeu leur créait. Engagés dans ce puéril roman, ils ne

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voyaient plus rien en dehors. Non que ce fût la passion du joueur qui court après une pioie toujours fuyante : on eût dit plutôt la m^nie d'esprits paresseux échappant systématiquementà la fatigue de penser. Dans celte compagnie d*honimes et de femmes qu'avait dû cultiver le loisir et qui avaient reçu les enseignements d'une longue existenoe, pas un mot n*était proBoncé en dehors des annonces du jeu. A voir tous ces visage» sérieux autour ie celte table parsemée de petits cartons- ; à entendre ces voix monotones laissant tomber, de loin eu loin, un moi Etrange qui n'éveillait dans res[Nrit aucune pensée, on eût dit quelque assemblée de nécromants sortis de la tombe pour reprendre leurs conjuralions. Salement, la terreur manquait; ces morts ensiuyaiieQt au lie» d'effrayer.

Eux-mêmes semUaient s'engourdir de plus- en^phts^ Leurs yeiK étaient fixes, leurs trotts immobites, les voix confuses, les niouijiementS'leûts et automatiques. Évidea»mcnt toutes ces âmes dormaient.

Soit contagioflif.soitdnfluenee^dela idialewr, je sentis à moDitûnr une eapèee de torpesT couler daas mes veines ; mes paupières commençaient à s'aUowdir,^qQ»nd>la porte s'ouvrit doueesoent^ Le domestique jpaciit>portant an plar teau chargé de verres d'eau sucrée.

Lui aussi paraissait soumisà Tactîoadtgéaérate; il sV vanfa.d'on pas de spectre, ôtlotour delà table en (pressentant, sileociettsemeot lôplaleansaiis qu'aucune «lain setettdit,.pttis reprit mécnsiqueaiaatMn ckemin vers la porteu An momentoA il paasaitdewaBt.moi, je fifriifi effort pour secouer ce magnétisme de remiuî» et, l'aruttant, je pris univwne surde {)latefta..

Cet actei inattendu d'existence sembla réveiller le valet f antôttOw il recula saisi, Je verre m'échappa, «t^ an bruits toi^.les joueurs s^retoumàrait. aveo uBe*exobuuatîO]i;

f arais rompu renchantement du château dé la Bette au bois dormant !

Jene savaistrop comment m*excuser, lorsque l'arrivée de Tabbé de Riol vint me tirer d'embarras. Le comte me présenta en faisant connattre le motif de ma visite, et je . conduisis Tabbé dans Fembrasure d'une des croisées pour lui tout expliquer.

11 m'écouta sans autre réponse qu*un hum! sourd dont il accompagnait toutes mes paroles. L'abbé était un habitué du logis dont le sommeil l'avait gagné. Il donnait seulement, par respect humain, à son engourdissement un air de méditation. Prenant son silence pour de l'hësitation, je revins dix fois surmes éloges du jeune homme, sur sa capacité, sur ses bons sentiments; enfin, à bout de patience, je demandai un peu brusquement à l'abbé s'il pensait qu'on dût agréer sas services. Il fit un soubresaut, et parut sortir de sa sieste intellectuelle.

€ Mais... je n'y vois pas... d'inconvénient, dit-il en levant sur moi un œil vague. Vous savez sans doute qu'il 8*agit départir avec le jeune vicomte pour ritalie. »

Je l'ignorais ; mais je répondis que ce ne serait pas vraisemblablement un obstacle pour mon protégé.

€ Alors, qu'il vienne me voir, reprit l'abbé ; monsieur le comte voudrait presser le départ de son petit-fils. »

Je me hasardai à demander si c'était une raison de santé qui l'oblig^it à cet exil.

« Sa santé ne peut qu'y gagner, répliqua monsieur de Riol ; mais la véritable raison du départ, c'est que le jeune vicomte a le sang trop vif; il court, il parle haut, ii chante...

— Et cela gène monsieur de Rovère, ajoutai-je,; fort bien, je comprends. »

En effet, j'avais compris. Comment supporter au milieu

in SOUVENIRS D*l}N VIEILLARD.

de ces ombres Tactivité joyeuse d*un enfant? Ses éclats de rire troublaient leur somnolence sans rêve. — Hors d'ici ceux qui vivent 1 laissez les morts jouer tranquillement au tarot sur leur linceul I

f Je me suis hâté de prendre congé et de sortir : cette atmosphère sépulcrale me pesait; j'avais besoin de re« trouver au dehors la pensée, le bruit et le mouvement.

n est donc vrai que la vieillesse se plaît quelquefois k hâter elle-même la marche du temps ; qu'elle se retire de la vie avant d'être dans la tombe ; qu'elle refuse d'imiter Catbn, qui voulaitconserver jusqu'au dernier jour sa part d'activité, ne s'éteindre qu'à force de brûler, et arrive! € parla satiété de la vie à la maturité pour la mort. »'

Dieu me garde de ce suicide! je veux jouir jusqu'au bout de ce que Dieu m'a donné ici-bas, être homme aussi longtemps qu'il n'aura point décidé que je sois autre chose.

L'existence bien remplie est la meilleure préparsftion à l'éternel repos. Le poëte Lucrèce l'a dit dans des vers admirables : « Si ton âme ingrate n'a pas laissé échapper les flots du bonheur comme un vase sans fond, convive rassasié, sors satisfait du festin de la vie. » Oui, satisfait^ car jouir des biens du monde n'est pas s'y borner ; moi aussi je regarde au delà, par-dessus les jours, et j'aspire aux horizons inconnus; mais, sûr d'arriver, pourquoi dédaignerais-je les beautés de la route et les douceurs du char qui me transporte? Mon attache à ce monde n'est point le mépris de l'autre ; je répète souvent les paroles que prête Cicéron à son héros dans le Dialogue sur la vieillesse : « Le jour de mon départ, il ne serait point facile de me retenir ici-^bas, et je ne voudrais pas être refondu comme Pélias, si quelque dieu croyait me faire largesse en me proposant de rebrousser chemin jusqu'à

Tenfance, et de vagir une seconde fois dans les langes» Je le refuserais sans hésitation, et je ne voudrais pas, quand la lice est parcourue, être rappelé de la borne au poiftt de départ.... Non que je prétende déprécier la vie, comme Font fait souvent certains philosophes ; je ne me repens pas d*avoir vécu, parce 4ue je crois avoir vécu do manière & ne pas être né en vain ; mais je sortirai de Fexistence comme d'une hôtellerie, et non comme d'une demeure. La nature a donné k l'homme le monde terrestre pour qu'il s'y arrête ; il ne le condamne pas à y rester. Oh 1 le beau jour que celui où je m'éloignerai de cette foule et de cette fange pour aller rejoindre l'assemblée céleste, le divin sénat des &mes I »

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