‹ Souvenirs d'un vieux critiqueChapitre 21 sur 26 · LE DUC D'ENGHIEN · texte numérisé non relu

LE DUC D'ENGHIEN

Cette fin de siècle serait trop horrible, si ses misères et ses hontes ne nous rendaient un droit que nous eussent peut-être dérobé ses prospérités : le droit de remettre en lumière, de réhabiliter, de glorifier des figures qui nous sont chères et que rejetaient dans Tombre les éblouissements du succès.

On dit quelquefois, à propos de tel ou tel vaincu de Thistoire, que le malheur le rend sacré. C'est faire trop d'honneur à la nature humaine, moins chevaleresque qu'on ne paraît le croire. C'est, au contraire, une de ses infirmités, qu'elle se lasse à la longue du spectacle dé l'infortune, que l'adversité finit par l'importuner ou l'impatienter comme une maladresse, et que nous accusons volontiers les victimes de la fatalité d'être complices de leurs échecs.

Il y a trente ans, pendant les belles années du

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