‹ Souvenirs d'un vieux libraireChapitre 16 sur 39 · LE BILLET DE MILLE DE FLAMMINET ET C · texte numérisé non relu

LE BILLET DE MILLE DE FLAMMINET ET C

attendant, Flamminct dut s'attabler et continuer, pour son compte, une partie de dominos commencée par le cafetier.

Celui-ci trouva son client du marché, un chapelier, en train de donner un coup de fer au chapeau d'un poète qui en profita pour lui lire ses vers. Le chapeher dut les entendre par déférence pour cet enfant des Muses (vieux style), et le cafetier par nécessité.

Finalement, entre deux sonnets, exhibant le billet de mille, il put exposer le but de sa visite. Le chapelier n'avait pas la monnaie, mais bon enfant, serviable et très heureux de cette diversion, il prit le billet, laissant le cafetier aux prises avec le poète qui reprit la lecture de ses oeuvres.

Le chapelier prit son vol vers l'étal de la marchande de marée la plus accorte du marché Saint-Germain, une brave femme avec laquelle, jusqu'alors au moins, il était en fort bons termes, ayant l'intention, ultérieurement réalisée, d'en épouser la fille.

La malechance voulut que la mère Lacroix, tel était son nom, venait d'expédier au domicile conjugal son mari et son magot.

— c( Mais, disait-elle, qu'à cela ne tienne, voisin, confiez-moi votre chiffon, je vais vous trouver ça. Rentrez à votre boutique, dans cinq minutes je serai chez vous. Le chapelier, lui, préféra attendre sur place et se mit en devoir de prêter aide et assistance à la belle

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