MONOS : A RORD DU FANTOCHE 2()I
Joignant l'acte aux paroles, je le soulevai et j'allais le lancer par dessus bord, lorsque — ô surprise! — je constatais, Messieurs, c'était à ne pas y croire, un sillon noir se détachant parfaitement sur la couleur grisâtre du bloc.
— Ohé ! Latulipe, ohé ! vous autres, voilà du merveilleux, m'écriai-je ! je ne sais si j'ai la berlue, mais voyez donc là, bel et bien, la tache signalée par mon ami extra- supra- terrestre, le citoyen Monos!
Latulipe et le reste de l'équipage, à mon exclamation, s'étaient approchés de moi.
— Ma foi, leur dis-je, rêve ou réalité, il faut que j'en aie le cœur net; vite, que l'on me passe un marteau.
Un immense éclat de rire d'incrédulité, auquel pourtant se mêlait la curiosité, fut la réponse à ma demande. Piqué au vif, je m'obstinais d'autant plus.
— Rira bien qui rira le dernier, m ecriai-je; et, empoignant rapidement un marteau, je me mis h. frapper un coup formidable sur le bloc, en ayant soin de toucher le sillon noir. Le premier et le second coup n'eurent d'autre résultat que d'augmenter l'hilarité des assistants auxquels le capitaine venait de se joindre. Mais l'hilarité fit subitement place à la plus intense stupéfaction lorsque, au troisième coup appliqué avec une sorte de frénésie, cet objet se divisant en deux, les spectateurs en virent sortir un paquet soigneusement ficelé. C'était un manuscrit écrit sur parchemin et portant comme suscription :