‹ Souvenirs d'un vieux libraireChapitre 28 sur 39 · DÉDIÉS AUX MORTELS · texte numérisé non relu

DÉDIÉS AUX MORTELS

MONOS : A BORD DU KANTOCHh J03

Ainsi, Messieurs, Monos n'était pas l'œuvre d'une hallucination, ni le produit de l'imagination ! Mon rêve — comprenne qui voudra — n'en était pas un, et à moins de supposer qu'un homme à bord ait pu dans Tespace d'une seule nuit, après avoir surpris mon rêve, écrire ces pages assez nombreuses, le manuscrit mystérieux provenait bien de mon non moins mystérieux ami Monos.

Vu l'importance de cette découverte, j'eus soin d'en faire dresser un procèsverbal qui fut signé par tous les témoins et consigné sur le registre du bord. Ce document, malheureusement, fut perdu lors d'une tempête pendant laquelle le Fantoche sombra, engloutissant avec lui hommes et choses, excepté moi pourtant et mon précieux manuscrit qui ne me quitta jamais, ayant eu le soin de

le faire coudre dans mes vêtements ! Je ne l'en ai retiré qu'après avoir renoncé à la marine et à ses gloires, mais je le porte constamment sur moi. C'est à cette sage précaution que je dois de vous offrir une véritable primeur, si toutefois vous n'êtes pas suffoqués, ou ennuyés, de ce long mais véridique préambule.

Certain d'avance d'avoir excité notre curiosité, notre ami Sylvain Rosé n'attendit même pas nos signes de dénégation, et tirant de sa poche le précieux parchemin, il le déroula et se mit en devoir de nous faire la lecture suivante.

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