PROMENADE DANS ROME
Tièdes soleils, langueurs des printemps d'Italie ! C'est vers vos souvenirs que le cœur se replie, Doux mois qui remplissiez notre jeune chemin Des parfums d'oranger flottant dans l'air romain....
En ces jours clairs, le pied alerte et l'esprit libre. En face du ghetto nous traversions le Tibre ; Sur la route une église antique au nom latin Arrêtait notre marche au pied du Palatin ; Entre le vieux forum et les jardins Farnèse Le pavé des consuls nous conduisait à l'aise Au Cirque tapissé de mousses et de fleurs; Nous lisions sur les arcs l'orgueil des Empereurs ; Puis, prenant le sentier qui suit ses tortes lignes A travers les débris, les villas et les vignes. Nous allions nous asseoir aux marches du Latran.
Nulle part l'horizon de Rome n'est plus grand ;
Nul obstacle n'arrête et nul bruit n'accompagne
Le vent de solitude épars sur la Campagne ;
La plaine triomphale aux vallons ondulés
Sème d'illustres noms les sites désolés,
Et dans les champs sans fin, que des tombeaux dominent,
Les arches d'aqueducs vers les monts s'acheminent.
Mes fils, mes jeunes fils, quand vous viendrez ici, Demeurez-y longtemps et méditez aussi ; En cet auguste lieu qu'un tel passé décore, Les murs d'Aurélien seront debout encore Et, pour le cœur ému qui l'interrogera. Comme elle nous parlait Rome encor parlera