‹ Souvenirs d'un vieux RomainChapitre 12 sur 16 · LE LAC DE NÉMI · texte numérisé non relu

LE LAC DE NÉMI

• SPECVLVM DIANAÊ •

Par les monts pleins d'histoire où gisent les débris D'Albe, agreste berceau des fondateurs de ville, Nous allions tout le jour en récitant Virgile Et nos pas s'égaraient dans les genêts fleuris.

Sur la terre des dieux cherchant la trace humaine^ Au désert de la plaine, au silence des bois Nous aimions rappeler, dans l'écho d'autrefois. Les premiers rois courbés sous la force romaine.

Nous eûmes pour abri ta colline, ô Némi ! Quand le soir descendit sur la route indécise, Et tu berças encor nos songes; nulle brise Ne ridait à nos pieds ton beau lac endormi.

Le jour mourait, les voix se taisaient une à une ; L'ombre restait légère au flanc des monts latins ; Un mystère naissait sous les taillis lointains ; Le flot semblait attendre et désirer la lune.

Soudain, elle apparut au front du ciel changeant, Dans le feuillage obscur dressa de blancs portiques, Et nous vîmes Diane, ainsi qu'aux nuits antiques, Le visage penché sur son miroir d'argent.

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