AU TOMBEAU DE SHELLEY
Sous l'antique forêt dont se pressent les pins L'air de Toscane joue avec les vents marins.
C'est là que tu vins, ô poète,
Le soir où, las de ta journée.
Pour la dernière fois tu désiras la mer.
La bonne Méditerranée
Entr'ouvrit sa vague secrète Et roula ton beau corps dans un linceul amer.
Et maintenant, au ciel de Rome où tu demeures,
L'être qui ne meurt pas ne veut pas que tu meures. Tu renais en de frais jardins Où le pin fait le bruit des flots ;
La nature te mêle à ses métamorphoses ; L'automne nous rend tes sanglots Et le printemps tes cris divins...
Ton sang, ô Cœur des cœurs I a coloré ces roses.