‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 13 sur 89 · L'ÉGLISE DE LA NATIVITÉ · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE DE LA NATIVITÉ

Une demi-heure, à peine, nous sépare maintenant de la crèche du Sauveur: l'obscurité devient plus grande, et nous sommes témoins de l’illumination des principaux édifices de la ville et de l’hospice autrichien, situé tout auprès, Nous pressons nos montures, trop lentes à notre avis, et bientôt, nous sommes à Bethléem, les hôtes des bons Pères Franciscains, dans leur couvent de la Nativité,

Le père supérieur nous accueille avec la plus franche bienveillance, nous présente au révé. rendissime patriarche et nous conduit au réfe:toire, où sont déjà réunis bon nombre de

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Dieu, s'approl'eau, montant e se désaltérer,

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nombre de

pêlerins, accourus de diver.es parties de la Palestine, de l'Europe, et même de l'Amérique,

Il y à aussi le comte de Caboga, consul autrichien, et M. Patrimonio, consul de F ince, tous deux en grand costume,

Après le repas, nous prenons quelques instants de repos, säns sommeil, comme bien on pense, ct dix heures nous trouvent à l'église, pour le commencement de la cérémonie.

Au-dessus de l’étable de Bethléem, est une vaste église, à cinq nefs, et dont la première construction remonte à sainte Hélène.

Un oratoire, élevé en ce même endroit par les premiers chrétiens, avait été renversé par Adrien, qui, dans sa rage de profanation, fit entourer ce lieu auguste d’un bois consacré à Adonis, et placer une statue de Vénus audessus de la crèche même.

La pieuse mère de Constantin vint purifier ces lieux sacrés, et une superbe basilique effaça bientôt le souvenirs de ces horreurs. :

Ce temple, dévasté par les Pélagiens, fut res-

tauré par Justinien, et pris de nouveau par Omar,

Vers 1020, Hakem envoie de démolir ; une lumière éclatante dain et les renverse,

S païens pour le les éblouit sou- Ils se relèvent et veulent

continuer leur œuvre ; ils tombent morts sur place,

En 1099, à l'appel des Bethléemites, Gode froy envoie d'Emmaiis Tancrède, de la ville et basilique,

qui s'empare arbore le drapeau croisé sur Ja

C'est dans ce temple que Beaudoin Ier fut sacré et couronné roi de Jé

rusalem, le 25 décembre 1101.

Un tremblement de terre en 1549, ayant renversé une partie des murs de l'église et du couvent, ies Latins obtinrent la permission de faire les réparations convenables, et ils en furent reconnus les maîtres par plusieurs firmans.

Mais, bien que les catholiques soient les seuls propriétaires légitimes de ce monument, ils en sont aujourd’hui presque complètement exclus, n'y ayant qu'un droit de Passage pour se rendre à la crypte: les schismatiques se servent du chœur pour leurs offices, et les nefs :

Sont converties en un marché public ; aussi, est-

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soient les 1onument, plètement sage pour tiques se t les nefs :

iussi, est-

ce avec une profonde douleur que l’on visite cette basilique, alors que les prêtres grecs ou arméniens psalmodient leurs hymnes dans les

stalles du chœur, et que, autour ‘des p'uers, #t ‘

sous les voûtes si belles et si vénér: bles, les marchands de la ville causent commerce con:

cluent des marchés, et échangent des denrées.

Ce n'est donc pas dans l’église de la Nativité, que nous avons assisté aux offices de la nuit de Noël, mais bien, dans une grande chapelle attenante, dédiée à sainte Catherine, et qui sert aux catholiques d'église paroissiale.

Mgr Braco, patriarche,’ officia au trône, entouré et assisté de prêtres de sa maison, des Pères Franciscains, de plusieurs prêtres pèlerins, des élèves du séminaire patriarcal, et d’un joli groupe d'enfants de chœur arabes.

Dans la nef, le peuple offre un singulier aspect : du côté de l'évangile sont les hommes, vêtus de leurs amples manteaux et la tête couverte de la calotte rouge; du reste, plusieurs ont oublié de mettre des souliers, et sont pieds nus sur les froides dalles. Les femmes, du côté de l'épître, disparaissant à peu près complète-

ment sous un linceul b'anc qui les enveloppe, et

leurs fils, n'ayant pour le marbre du pavé,

Come leurs époux et sièges et Prie-Dieu, que L'église, richement or

fusion, présente un cou Mants,

née, ct illuminée à pro- P d'œil des plus charet toutes ces lumières si ressortir encore davantage les Costumes éclatants du peuple,

Tout lé monde est dan profond recueillement ; l'âme, réchauffe la piété, r

Pendant la messe, un c

S l'attitude du plus tout d'ailleurs élève end heureux.

hœur de chant très

gicux, dirigé Par un des

pères, exécute de Ja Srande musique, te

lle qu’on en €ntend à Rome aux plus belles fêtes.

ITT

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